Monic Néron face à la détresse en santé mentale: des proches aidants brisent le silence

Marie-Ève Leclerc

2026-01-29T11:00:00Z

Monic Néron et Paul Arcand s’attaquent à un enjeu crucial de société, la santé mentale, en allant à la rencontre de proches aidants qui soutiennent et accompagnent au quotidien des personnes aux prises avec un trouble de santé mentale. Monic Néron y raconte la genèse du projet Je suis là: les proches aidants en santé mentale et partage ce qu’elle retient des rencontres marquantes qu’elle a faites.

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Ce n’est pas la première fois que Monic Néron se penche sur des sujets de société complexes et porteurs de réflexion, comme Le dernier soir ou La parfaite victime, entre autres. Cette fois, elle va à la rencontre des proches aidants en santé mentale afin de lever le voile sur une réalité souvent invisible, mais qu’ils vivent au quotidien. «Dans ce contexte, voir ces personnes accepter de se montrer publiquement — souvent en famille — pour le bien commun et l’intérêt public, j’ai trouvé ça extraordinaire. Ce que je retiens surtout sur le plan humain, c’est le courage de ces familles. Je salue également les hôpitaux et les institutions qui nous ont ouvert leurs portes avec transparence, en disant: “Venez voir comment ça fonctionne et peut-être découvrir où se trouvent les failles.” Tout le monde semblait s’entendre sur le fait qu’il faut améliorer les choses. Je sors des tournages ébranlée, mais confiante qu’on peut faire mieux et que nous avons le devoir de le faire», souligne d’emblée Monic Néron lorsqu’elle évoque ce projet dans lequel elle a investi beaucoup de temps.

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Un tournage imprévisible

Les tournages de la série documentaire Je suis là: les proches aidants en santé mentale ont connu plusieurs chamboulements d’horaire, en raison de la nature même du sujet abordé. «Il y avait beaucoup d’essais et d’erreurs. Il y a eu des journées de tournage où on ne récupérait pas grand-chose. On a vraiment fait un travail de terrain classique en documentaire», précise l’animatrice, soulignant la liberté accordée par la production à ce niveau. «C’est intéressant parce qu’en télévision, il est de moins en moins possible de se dire: ça se peut qu’on mette aux poubelles une, deux, voire quatre journées de tournage. On a pris ce risque comme production afin de faire le meilleur travail possible. Ça a été précieux de pouvoir travailler ainsi pour obtenir le meilleur contenu.»

Avec Paul Arcand, ils se sont partagé les histoires à suivre en fonction de leurs disponibilités. «Une fois que nous avions rencontré les familles, chacun en assurait le suivi. Le partage des tournages s’est fait assez naturellement, et nous tournions en parallèle. On n’a pas tourné ensemble du tout! Paul avait fait les démarches auprès de la police. De mon côté, ce qui m’intéressait, c’était d’aller à la cour municipale, puisque j’ai couvert la justice pendant des années — mais pas sous cet angle-là. C’est là que j’ai réalisé que la cour municipale de Montréal avait des airs d’aile psychiatrique. Je suis ressortie de là en me disant: “Mais qu’est-ce que ces gens font là? Ce n’est pas là qu’ils devraient être, mais plutôt à l’hôpital.” J’ai trouvé ça troublant.»

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Des rencontres privilégiées

L’un des suivis effectués par Monic Néron dans le cadre du tournage est celui d’Alexia, une adolescente atteinte d’un trouble de la personnalité limite, qui a fait une tentative de suicide à l’âge de 14 ans. On y suit ses parents, Jean-Michel et Isabelle, qui vivent avec l’inquiétude concernant l’avenir de leur fille. Dans le premier épisode, on voit l’animatrice entrer dans la chambre d’Alexia, son lieu de réconfort. Un moment privilégié pour Monic durant ce tournage: «Je suis consciente qu’il n’est pas facile d'entrer dans la chambre d'une adolescente qui souffre d'un trouble de la personnalité limite, avec une caméra, dans un environnement aussi privé. Il n’y avait aucune garantie, mais elle a accepté. Elle est même allée dans le sujet de l’automutilation, de la détresse psychologique et de la médication. Je l’ai trouvée incroyablement courageuse. Si Alexia a dit oui, c’est parce que je pense qu’elle avait besoin que les gens comprennent ce qu'elle vivait de l'intérieur. Les enjeux de santé mentale sont souvent vécus seuls, en dedans de soi. Je trouvais important de lui donner cette parole.»

C’est ce qu’ont fait Paul Arcand et Monic Néron au fil des rencontres qu’ils ont menées, en misant d’abord sur le respect. «On a travaillé avec des humains qui, certains jours, allaient bien, et d’autres non. Tout est une question d’approche et de respect. Je pense qu’ils ont senti que notre démarche était sincère. On a appris à connaître ces familles-là. On est allés à plusieurs reprises dans leur intimité, leur quotidien, leur souffrance et leurs défis. Quand je revenais chez moi et que j'avais le temps de décanter, je me disais qu’on est utiles. Notre job, c’est d’avoir une tribune et de s’en servir à bon escient pour changer les choses.»

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Que changerait-elle après avoir tourné ce documentaire? «L’accès de première ligne, la communication avec les familles et les proches, c’est certain. Il faut aussi revoir la question de forcer ou non un traitement, car c’est délicat. Certaines personnes ne veulent pas être traitées, mais ne sont pas aptes à prendre cette décision pour elles-mêmes. Il faut respecter les droits des patients tout en protégeant la population, la famille et le patient. Il reste du chemin à faire. Déjà, inclure les familles dans le processus de traitement et de communication serait extraordinaire: elles se sentiraient beaucoup moins mises à l’écart.»

Bien que la série Je suis là: les proches aidants en santé mentale ne connaîtra pas de suite, les deux animateurs demeurent ouverts à l’idée de retravailler ensemble sur d’autres documentaires. «On ne retournera pas nécessairement dans cette thématique, mais Paul et moi avons beaucoup de plaisir à travailler ensemble. La boîte à idées est débordante et il y a de nombreux enjeux qui méritent qu’on s’y attarde», conclut Monic Néron.

Un temps des fêtes alité
En début d’année, Monic était heureuse d’avoir passé son temps des fêtes avec son fils Tom, aujourd’hui âgé de six ans et demi. «La magie de Noël était complètement au rendez-vous. J’ai travaillé super fort pour garder ces étoiles dans ses yeux, car je ne sais pas combien de temps ça va durer», raconte-t-elle. Un imprévu est toutefois venu assombrir le tableau: une pneumonie. «On me l’a diagnostiquée la veille de Noël. On se souhaite souvent la santé à travers notre chapeau, mais je me suis rendu compte que c’était essentiel. On avait des plans, un voyage qu’on a dû annuler, car je ne pouvais pas prendre l’avion. Ç’a donc été des fêtes en pyjama, à jouer à des jeux et regarder des séries. Habituellement, j’aime faire des activités hivernales et voir mes amis. Ç’a été difficile d’accepter de tout arrêter, mais on a très bien pris soin de moi à Québec.»

Heureuse en amour
Elle fait référence à son conjoint, le maire de Québec Bruno Marchand, avec qui elle a officialisé sa relation en août. «C’est un excellent garde-malade! Il fait de la très bonne soupe. (rires)» Le couple a aussi pu souffler après un automne marqué par la campagne électorale municipale. «Je voulais éviter tout conflit d’intérêts. C’est la raison pour laquelle on a officialisé notre relation cet été. Il était important, jusqu’à ce que le vote soit terminé, d’être prudents, pour qu’on ne puisse pas me reprocher d’avoir influencé quoi que ce soit. Maintenant, on continuera d’être discrets, mais avec moins de rigidité et sans faire semblant qu’on n’est pas ensemble. C’est vraiment un beau moment dans ma vie. Je suis très heureuse.

Un projet d’écriture
Parmi ses projets, il y a la radio avec Mimosa!, diffusée les samedis matin à ICI Première, qui connaît un vif succès. «Je me pince encore! Je n’aurais jamais pensé atteindre la deuxième place. Mon équipe est tellement fabuleuse et j’aime ce que l’émission devient, avec quelques ajustements cet hiver. J’ai rarement été autant sur mon X. De superbes invités s’en viennent.» Son émission Du front tout le tour de la tête reviendra à l’été, et elle poursuit sa collaboration à Dans les médias. Elle travaille aussi sur un livre pour enfants, un projet amorcé il y a environ un an et demi. «C’était sur ma bucket list. Les visites de mon fils chez ses grands-parents m’ont donné le flash. Je donnerai plus de détails éventuellement, mais je suis très emballée!»

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