Nathalie Coupal revient sur la fin abrupte de la série Hôtel
Michèle Lemieux
Ce n’est pas sans soulagement que Nathalie Coupal a tourné la page sur la dernière année. Si 2023 a été remplie de défis tant dans sa carrière que dans sa vie privée, elle a aussi été riche en leçons de toutes sortes. L’actrice, qui fait son retour au petit écran dans Projet Innocence, revient sur les défis qui ont parsemé sa route des derniers mois.

Nathalie, vous êtes de la distribution de Projet Innocence. Quel est votre rôle au sein de cette nouvelle série?
C’est une série judiciaire fascinante! Ces temps-ci, je joue des rôles juridiques. Dans Les révoltés, je suis la mère de Sarah-Jeanne Labrosse et je joue une juge. Cette fois-ci, je suis Me Leboeuf, procureure de la Couronne. J’ai lu tous les textes et j’ai été soufflée par la palette explorée dans cette série. On explore une erreur judiciaire. Un homme est condamné pour meurtre. Le criminaliste, qui est joué par Guy Nadon, veut faire justice coûte que coûte. J’explore les facettes d’un personnage qui a une assurance très cérébrale, très cartésienne, ce que je n’ai pas souvent eu l’occasion de jouer jusqu’à maintenant.
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Avez-vous d’autres projets en parallèle?
Oui. L’automne dernier, j’ai tourné dans la version anglaise de Plan B. J’avais tourné dans la version française de la série et, lorsque le projet a été repris par la CBC, on m’a offert — tout comme ç’a été le cas de Vincent Leclerc — de reprendre mon rôle. Je n’avais pas souvent travaillé en anglais. J’étais contente qu’on m’offre de le faire. C’était formidable! Je connaissais l’histoire, le personnage, les situations et parfois même les lieux de tournage! Jouer dans une autre langue, c’est différent et très intéressant. Ça m’a donné envie de travailler en anglais. Pour le reste, je ne sais pas ce qui m’attend. J’ai eu une année difficile... En 2023, j’ai dû relever des défis, les uns après les autres.
À quoi faites-vous allusion?
J’ai terminé l’année 2022 avec le retrait de la série Hôtel. Du jour au lendemain, il a fallu dire au revoir à une belle gang. Heureusement, j’avais autre chose, mais je me suis rendu compte à quel point ce métier est précaire.

Lors de notre dernière rencontre, vous étiez heureuse d’être dans votre nouvelle vie. Vous aviez vendu votre maison de banlieue pour vous établir à la campagne...
Ma vie change beaucoup en ce moment. Plus que jamais, j’aime mon travail. Je suis extrêmement heureuse sur un plateau. Mais je ne veux plus faire n’importe quoi. Je dois être intéressée et passionnée par un projet pour l’accepter, car je trouve beaucoup de sens dans la vie que j’ai bâtie à la campagne. Il y a plus de place pour la création, le recueillement, la forêt, la vie physique, la réflexion, l’écriture.
Vivez-vous toujours seule à la campagne?
Mon chum a un appartement à Montréal, mais il est souvent avec moi. Nous ne vivons pas ensemble. Nous avons chacun notre espace. La chambre à soi, c’est un élément majeur. Je me suis fait un atelier dans le garage. J’ai installé une belle pièce de création qui devient parfois une chambre d’amis. Je peux y faire tout ce que j’ai envie de faire: écrire, peindre. J’ai commencé à faire de la céramique. Je veux que tout cela prenne plus de place dans ma vie. J’aimerais trouver un équilibre entre les deux mondes, car l’un nourrit l’autre, inévitablement. Le sentiment d’accomplissement que je ressens lorsque je travaille n’est pas le même que celui que j’éprouve quand je marche dans la forêt. C’est une connexion avec mon âme.
Vous vous êtes bien adaptée à cette nouvelle vie...
Oui, mais je crains les développements. Avec d’autres citoyens, je me bats bec et ongles pour faire valoir l’unicité et la richesse de la forêt et de la biodiversité. Faire des développements dans des lieux aussi magiques, c’est de la bêtise! Cette année, j’ai donc aussi dû me mobiliser pour cette cause. Or ma nature fait que je fuis les conflits. Ça ne veut pas dire que je n’ai pas la force de me défendre, mais je n’ai pas envie de ça dans la vie. L’année 2023 a commencé avec Hôtel qui ne revenait pas, puis la mobilisation contre un promoteur. Et il y a aussi eu beaucoup de difficultés dans ma famille avec mes parents âgés.

Vos parents ont-ils été malades?
Les deux ont dû quitter leur domicile. J’ai donc fait deux déménagements de parents. Mon père avait une femme extraordinaire. Elle a eu une maladie dégénérative qui l’a emportée en deux mois. Ç’a été une annus horribilis, soit une année pendant laquelle j’ai dû soutenir mes parents et mon enfant qui avaient besoin de moi. La bonne nouvelle, c’est que j’ai appris que l’intranquillité fait partie de la vie et que c’est nécessaire de l’accueillir. On ne peut pas être dans la pensée magique et se dire que tout est fabuleux, tout le temps. Les conflits existent, mais on peut apprendre à s’outiller pour y faire face. Les pertes font partie de la vie. Soutenir les êtres chers, c’est très nourrissant.
Diriez-vous que vous êtes devenue le parent de vos parents, en quelque sorte?
Oui. C’est très exigeant, mais c’est aussi très riche. S’occuper de nos parents, c’est aussi constater l’état de notre famille; un état qui peut parfois être surprenant. Dans ma famille, on s’est vraiment rejoints sur le plan affectif: il y a eu beaucoup d’aide et de soutien. On dit que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. Je n’ai pas envie d’être plus forte, mais de continuer à être heureuse et à profiter des bonnes choses de la vie. Le fait que ma vie amoureuse soit extraordinairement riche et belle m’a aidée. Alors, pour toutes ces raisons, ç’a été une année chargée.
Voyez Projet Innocence le mardi, à 20 h, sur Noovo.
Plan B sera diffusée en 2024 sur CBC.
On peut voir Les révoltés sur Club illico.
Nathalie fait de la direction en doublage. Elle prête sa voix à la mère de Caillou, entre autres.