Négo: l’enjeu de la composition de la classe

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Sylvain Dancause

2023-04-03T19:30:00Z

En 2014, Philippe Couillard disait que «le grand projet du Québec, c’est bien plus que des routes et du béton... Le grand projet du Québec, c’est l’éducation». 

En décembre de la même année, je prenais connaissance des propositions patronales en vue du renouvellement de l’entente. Pour la première fois de ma carrière, un sentiment de colère me poussait à écrire une lettre d’opinion.  

En 2018, ce fut au tour de François Legault de nous promettre que l’éducation allait être sa grande priorité. En 2019, plein d’espoir, je lisais les «nouvelles» propositions patronales. J’assistais à un mauvais remake du jour de la marmotte.  

Notre contrat de travail a pris fin vendredi dernier. 

Il faut s’attendre à quoi?

La composition de la classe

Si la dernière négociation a permis des améliorations quant au salaire des enseignants en début de carrière et au dernier échelon salarial, celle-ci devra se concentrer sur les nombreux facteurs liés aux conditions de travail qui permettent de retenir et d’attirer des enseignants qualifiés. 

Parmi ceux-ci, la composition des groupes dits réguliers arrive au sommet de la liste des priorités.

Comme le mentionne la FAE, «les enseignants le répètent depuis de nombreuses années: le principal enjeu qui mine le réseau des écoles publiques est la composition de la classe.»

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Comment offrir un environnement propice à l’enseignement et à l’apprentissage dans ces groupes?

Tentative 1

À son arrivée, Jean-François Roberge nous a offert sa solution: «Ce que je souhaite faire pour ramener plus d’équité dans le réseau: déployer un programme de parascolaire gratuit dans toutes nos écoles publiques secondaires.» 

À l’époque, monsieur Roberge estimait qu’il était possible de ramener des élèves «moyens, forts et très forts dans nos classes ordinaires» en offrant cinq heures d’activités parascolaires gratuites par semaine dans toutes les écoles secondaires publiques. 

Je vous entends rire.

Tentative 2 

Aujourd’hui, Bernard Drainville nous propose plutôt d’offrir davantage de projets particuliers aux élèves «qui sont dans rien» au public. 

Un autre mirage.

Plusieurs écoles offrent déjà des projets particuliers non contingentés et à coûts nuls à leurs élèves. 

Vous irez enseigner dans ces classes, juste pour le plaisir. Les difficultés d’apprentissage, les troubles du comportement, la faible motivation et l’échec y sont toujours surreprésentés.

Tentative 3 

Depuis des années, le patronat tente de nous faire croire que nous manquons de souplesse, de disponibilité et d’efficacité. 

Qu’en nous optimisant, il sera possible de pallier les difficultés infernales vécues dans les groupes réguliers. Que «l’effet enseignant» constitue la solution divine dans le but de vaincre le monstre sacré du système à trois vitesses. 

Il semble bien que nous ayons atteint une certaine limite quant à l’impact de cet effet.

Il faut s’attendre à quoi alors?

À rien.

Pour les mêmes raisons intemporelles.

Il nous faut un projet qui ne soit ni politique, ni patronal, ni syndical... seulement plein de gros bon sens. Ce que personne ne semble capable de faire dans ces trois milieux, intérêts obligent. 

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