Un choc politique sur le nickel à prévoir

Un bras de fer semble inévitable entre les politiciens

Photo d'archives, Didier Debusschère
Photo portrait de Taïeb Moalla

Taïeb Moalla

2022-02-14T23:36:12Z
2022-02-15T02:42:35Z

Alors que les deux parties campent sur leurs positions respectives, un premier conflit entre la nouvelle administration Marchand et le gouvernement Legault, au sujet du nickel, paraît désormais impossible à éviter.

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« Il est hors de question que dans un enjeu de qualité de l’air, on dise qu’on va analyser une source de contaminant — dans ce cas-ci le nickel — en soi et pour soi sans tenir compte de l’ensemble des éléments », a tonné le maire Marchand, lundi après-midi, en marge d’un point de presse. 

Quintupler le seuil

Le ministère de l’Environnement veut quintupler les seuils quotidiens de concentration permis de nickel dans l’air ambiant. Sur une période de 24 h, la limite passerait ainsi de 14 à 70 nanogrammes par mètre cube (ng/m3). Une limite annuelle de 20 ng/ m3 serait également instaurée.

La semaine dernière, le conseil municipal de Québec a adopté une résolution unanime dans laquelle il s’opposait à cette intention gouvernementale. 

La municipalité déposera un mémoire d’ici le 20 février, date de la fin des consultations publiques sur cet enjeu.  

Taper sur le clou

« Pour nous, notre position est nécessairement appuyée par l’ensemble des données. Il y a un enjeu de qualité de l’air », a ajouté le maire Marchand. 

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« Ce problème-là est important. Ce défi-là est important. On doit prendre les mesures rapidement. Notre demande au gouvernement ne change pas. Et on va continuer de taper sur ce même clou-là. Notre position et notre demande restent fermes. »

Plusieurs citoyens et regroupements de la basse-ville de Québec — particulièrement du secteur de Limoilou — se mobilisent contre le projet du gouvernement.

À la défense du règlement 

Mardi dernier, au lendemain du vote de la résolution unanime du conseil municipal de Québec, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, s’était de nouveau porté à la défense du futur règlement. 

« Les inquiétudes sont beaucoup plus au niveau de la qualité de l’air que de la norme nickel. La nouvelle norme, elle est proposée en vertu de règles scientifiques clairement établies », a plaidé le député de Deux-Montagnes.

Le ministre Charette a convenu « qu’il y a une volonté économique derrière tout ça », puisque le nickel est une composante clé pour la fabrication de batteries des voitures électriques.

Cela dit, le ministre a jugé important de rappeler que « jamais ça ne devait se faire et jamais ça ne se fera au détriment de la santé publique ».  

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