Pandémie: niveaux de contamination «trop élevés» en Europe, toujours la flambée aux États-Unis

AFP
Paris | Nombre de pays européens signalaient, vendredi, des niveaux «trop élevés» de contaminations à la COVID-19 à l’approche de Noël, au moment où l’épidémie flambe plus que jamais aux États-Unis, sur fond d’annonces et de grandes manœuvres autour des très attendus vaccins.
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Le coronavirus a tué au moins 1 582 721 personnes dans le monde, pour près de 70 millions de contaminations confirmées, selon un bilan établi par l’AFP.
L’Europe est la zone ayant enregistré le plus de nouvelles contaminations cette semaine (+236 700 en moyenne par jour). La pandémie, qui reculait depuis mi-novembre, s’y est stabilisée à un niveau élevé.
En France (près de 57 000 morts), il existe un «risque élevé» d’une flambée «dans les prochaines semaines», a alerté l’organisme Santé publique France (SpF) vendredi, qui appelle à la «plus grande vigilance, notamment dans la perspective des fêtes de fin d’année».
Le gouvernement français avait annoncé, jeudi soir, un prudent déconfinement à partir du 15 décembre, tout en maintenant des restrictions: couvre-feu à partir de 20h tous les jours, y compris le 31 décembre (mais pas le 24), fermeture maintenue des cinémas, théâtres et musées au moins jusqu’au 7 janvier.
«Nous aurions été irresponsables à ouvrir et faire comme si tout se passait très bien», a justifié vendredi le président Emmanuel Macron.
«Noël est entre nos mains», a-t-il dit. «Évidemment, on doit se retrouver, mais moins que d’habitude pour Noël, moins nombreux».
Niveau «dangereux»
La pandémie se situe également à «un niveau trop élevé et dangereux» en Belgique voisine, partiellement confinée, a prévenu vendredi le virologue Steven Van Gucht, porte-parole des autorités sanitaires.
«Contrairement aux Pays-Bas ou à l’Allemagne, nous ne constatons heureusement pas encore de nouvelle hausse générale», mais les nouvelles contaminations ne diminuent quasiment plus depuis deux semaines et «la charge des hôpitaux est encore trop élevée», a-t-il souligné.
Quant à la Suisse, avec une croissance «exponentielle» de l’épidémie (+5000 cas par jour) et des taux de contamination parmi les plus élevés d’Europe, elle est «dans une situation critique», a prévenu sa présidente, Simonetta Sommaruga.
Le pays a adopté vendredi un train de mesures incluant la fermeture des restaurants, bars, magasins, établissements de loisirs et de sport, musées et bibliothèques à 19h.
Le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe (63 082 morts), a de son côté annoncé qu’il réduisait la durée de sa quarantaine pour les voyageurs arrivant de l’étranger ou les «cas contacts» d’un malade de la COVID-19 de 14 à 10 jours.
Là aussi, la situation épidémiologique reste précaire, avec une flambée de cas à Londres et dans le Sud-Est. Mais le pays a lancé mardi sa campagne de vaccination contre la COVID-19, après avoir été le premier pays à donner son feu vert au vaccin de l’alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech.
Le Canada, Bahreïn et l’Arabie saoudite l’ont depuis imité, et l’Agence européenne du médicament devrait rendre un avis d’ici fin décembre.
Aux États-Unis, un comité d’experts indépendants a recommandé à l’Agence américaine des médicaments (FDA) d’autoriser le vaccin Pfizer/BioNTech. Le feu vert de l’agence devrait suivre – a fortiori après la validation jeudi des résultats d’efficacité et de sécurité du remède dans la revue médicale américaine la plus cotée, le New England Journal of Medicine – et la vaccination commencer la semaine prochaine.
Les États-Unis, pays le plus touché au monde, viennent d’enregistrer près de 6000 décès de la COVID-19 en 48 heures, et leur bilan global approche des 300 000 morts.
La première économie mondiale enchaîne les tristes records: depuis une semaine, à l’exception du week-end, les chiffres de nouvelles contaminations quotidiennes sont supérieurs à 200 000.
Contrairement à la première vague du printemps – jamais vraiment retombée – puis au rebond enregistré cet été, la flambée actuelle concerne cette fois le pays dans son intégralité.
Revers pour Sanofi/GSK
Parallèlement aux progrès du vaccin Pfizer/BioNTech, les laboratoires français Sanofi et britannique GSK ont essuyé un revers: ils ont déclaré que leur vaccin anti-COVID ne serait prêt que fin 2021, après des résultats moins bons qu’attendu dans les premiers essais cliniques.
Ils tablent désormais sur une disponibilité du vaccin au quatrième trimestre 2021, alors qu’ils visaient initialement une demande d’homologation au premier semestre.
Vendredi toujours, le laboratoire britannique AstraZeneca et la Russie ont annoncé des essais cliniques combinant leurs deux vaccins contre le nouveau coronavirus. Une reconnaissance pour le produit russe, vanté par les autorités, mais fraîchement accueilli par les Occidentaux.
Le président russe, Vladimir Poutine, avait lui-même indiqué en août que la Russie était le premier pays au monde à avoir élaboré un vaccin anti-COVID et que sa propre fille se l’était fait administrer.
La Russie s’était cependant attiré une pluie de critiques, des scientifiques occidentaux qualifiant l’annonce de prématurée, car intervenue avant le début des essais cliniques de masse (phase 3) et la publication de résultats scientifiques.
Le pays, frappé de plein fouet par la deuxième vague, mais dont les autorités refusent un confinement généralisé, a passé vendredi pour la première fois la barre des 600 décès quotidiens dus au coronavirus, selon les chiffres officiels.
La Russie a officiellement recensé près de 46 000 morts au total pour 2,5 millions de cas, mais elle est critiquée pour sa méthodologie de calcul.