Normand Daneau: Les coulisses d’un hiver à -40 degrés aux côtés de Danny Gilmore
«Alertes: Pelletier» dès le 4 décembre sur illico+
Marjolaine Simard
Depuis plus d'un quart de siècle, Normand Daneau captive le public et se fait reconnaître dans la rue grâce à son personnage mémorable de Vincent dans la série culte La vie, la vie. Aujourd'hui encore, il rayonne tant devant la caméra dans des séries populaires que derrière elle en tant que scénariste doué. Nous l’avons rencontré à l’approche d’un automne qui s’annonce très différent des deux derniers, et quelques semaines seulement avant le lancement très attendu d’Alertes: Pelletier, la série dérivée d’Alertes qui fait déjà saliver les amateurs de suspense.
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Tu es l’un des personnages principaux de la série Mont-Rouge, tournée au Nouveau-Brunswick. Tu as donc vécu là-bas plusieurs semaines les années précédentes...
Effectivement, j'ai passé mes deux derniers automnes au Nouveau-Brunswick pour les tournages de Mont-Rouge. C’est assez curieux de penser que, s’il y avait une troisième saison, je serais sans doute sur le point d’y retourner. J'ai tissé des liens avec des personnes formidables là-bas et développé de véritables amitiés. Cette année, mon hiver a été principalement consacré au tournage d’Alertes: Pelletier, après quoi j’ai pris du recul pour me concentrer sur un projet d’écriture, que je ne peux pas encore dévoiler.
C’est vrai que tu es aussi scénariste, pas seulement comédien...
Effectivement! J'ai travaillé comme conseiller à la scénarisation pour Ravages, récemment lancée sur illico+ et qui fait déjà beaucoup parler. J’ai également été consultant pour les trois saisons de La faille, et j’ai coécrit The Disappearance avec mon ancienne compagne, Geneviève Simard. Alors oui, on me voit à l’écran, mais je travaille aussi fréquemment en coulisses. J'adore l'écriture.
Tu n’es pas trop triste de rester à Montréal cet automne?
Un peu, oui! Je suis déçu que la série ne continue pas, car j’adorais l’équipe et elle me manque. J’aimais beaucoup mon personnage de l’enquêteur Luc Doiron. C'était vraiment agréable de tourner là-bas. Cependant, rester deux mois loin de ma fille, Antoinette, était difficile. Le rythme intense ne me permettait pas de rentrer entre les tournages. La première année, elle avait pu me rendre visite, ce qui rendait la situation plus supportable, mais pas l'année dernière. Alors oui, Mont-Rouge et le Nouveau-Brunswick me manquent... mais je suis également heureux d'être ici, auprès de ma famille.

Peux-tu nous parler de ton personnage de François Grondin dans Alertes: Pelletier?
François est un nouveau personnage. Cette nouvelle enquête démarre lorsque Guillaume Pelletier, interprété par Danny Gilmore, ressent à 50 ans le besoin de faire une pause. Il décide de prendre des vacances hivernales pour rendre visite à son grand ami François, avec qui il prévoit plusieurs activités, dont de nombreuses sorties en motoneige. François, père de deux enfants, voit sa vie basculer rapidement. Peu après l'arrivée de Pelletier, son ex-conjointe Céline (Geneviève Boivin-Roussy), mère de ses filles, est brutalement assassinée. Les vacances de Pelletier prennent alors un tournant dramatique.

Comment Pelletier se retrouve-t-il mêlé à l’enquête?
Il va collaborer avec une policière locale, Évelyne Dumoulin (Joëlle Paré-Beaulieu), qui accepte sa participation. Elle l’intègre avec une certaine réserve, puisqu’il connaît les gens du coin et qu’il a des implications personnelles dans l’affaire. L'intrigue est émouvante, notamment parce qu'elle place des enfants au centre de l'histoire et présente plusieurs suspects potentiels. On apprend rapidement que Céline avait plusieurs soupirants. L'enquête se transforme en véritable course contre la montre. Ce thriller captivant ose aborder des thèmes audacieux, avec une intense tension psychologique et des scènes crues. Lors des deux derniers épisodes, les téléspectateurs seront au bout de leur chaise.
Comment as-tu trouvé ce tournage dans des conditions hivernales particulièrement intenses...
J'avais déjà tourné en hiver, mais jamais dans des conditions aussi extrêmes. Franchement, je préfère ce froid à une canicule. Quand on s’habille correctement, on se sent bien. Ce que j’ai appris, c’est que dans un tel environnement, on doit quasiment refaire tout le son en postproduction. Il suffit de marcher sur la neige croustillante pour entendre ce «squitch-squitch». Imagine une équipe entière autour de la caméra, avec tous ces bruits de pas dans la neige à -40 degrés.
Connaissais-tu déjà Danny Gilmore avant ce tournage?
On se connaît depuis longtemps, mais on n’avait jamais eu l’occasion de collaborer. C'était un immense plaisir, nous attendions ce moment depuis longtemps. Et quand c’est finalement arrivé, tout s’est déroulé avec une fluidité remarquable, comme si nous avions toujours tourné ensemble. On a vraiment développé une belle amitié.
Dans la série, vos personnages prévoient une sortie en motoneige. Avez-vous eu l’occasion de vous amuser un peu sur ces bolides?
C’est vraiment dommage, car les assurances sont devenues très strictes, et on n’est plus autorisés à conduire nous-mêmes pendant les scènes d’action. J’en ai déjà fait et j’aime ça! Mais pour les poursuites en motoneige, ce sont des doublures qui ont dû s’en charger. Et franchement, quand il faisait -40, je me disais: «Vas-y donc, ma doublure!» (rires)
Dans Alertes: Pelletier, François est père de deux filles. Ta propre fille, Antoinette, aurait-elle pu jouer l’un de ces rôles?
Ma fille a déjà fait de la comédie dans quelques projets. Elle a décroché un petit rôle dans The Disappearance et aussi dans Le chalet. Mais sa vraie passion, c’est la musique. Elle pratique le piano et la trompette. Elle préfère travailler en coulisses plutôt que devant la caméra. Ce qui l’enthousiasme vraiment, c’est tout ce qui concerne la musique pour séries ou films, l’environnement sonore, la conception sonore... En gros, les sons et la technologie audio la passionnent! Elle étudie actuellement à Félix-Leclerc dans un programme musical et vient tout juste de commencer son secondaire 5.
Donc, un jour, elle pourrait carrément signer la musique d’un de tes projets...
Ben oui, pourquoi pas? Ça serait super le fun!
Est-ce qu’elle tient cette passion de toi?
J’ai joué longtemps de la basse électrique, j’ai touché à la contrebasse, les percussions, la batterie... mais ça fait vraiment très longtemps que je n’ai pas touché à la musique. Je t’avoue que j’ai un peu perdu la main avec les années... C’est elle qui a repris le flambeau de ma passion! Par contre, notre grande passion commune, c’est le hockey. Antoinette est une immense fan. On va voir des parties ensemble. On adore ça!
Tu enchaînes les projets sans arrêt. Arrives-tu quand même à prendre des vacances?
J’attendais la fin des vacances de la construction pour m’accorder une petite escapade, mais le travail m’est soudainement tombé dessus, rendant tout départ impossible. Pour me ressourcer, je pratique beaucoup la marche, notamment le trekking et les randonnées en montagne.