Sorcières, nouvelle série de TVA: une œuvre forte et mystérieuse portée par trois actrices au sommet de leur art

Photo portrait de Guillaume Picard

Guillaume Picard

2023-09-06T19:45:49Z

Céline Bonnier, Marie-Joanne Boucher et Noémie O'Farrell crèvent l’écran dans la nouvelle série Sorcières, qui s’amène à TVA lundi avec son aura de mystère et sa facture cinématographique.

Les trois comédiennes, amies et idéatrices du projet campent des femmes fortes, toutes marquées par leur jeunesse passée dans une commune aux élans sectaires dirigée par leur père.

Les trois demi-sœurs, qui ne se sont pas parlé depuis 30 ans, sont des personnages à la hauteur de leur talent, comme l'Agence QMI a pu le constater, mercredi, lors du visionnement des deux premiers épisodes.

Marie-Joanne Boucher lors du visionnement de presse de «Sorcières» le 6 septembre.
Marie-Joanne Boucher lors du visionnement de presse de «Sorcières» le 6 septembre. Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Marie-Joanne Boucher se démarque particulièrement au début de la série. Son Élisabeth est une mère au foyer qui s’ennuie auprès de son mari distant, Philippe (Patrick Drolet). Il y a une scène forte impliquant «Beth» avec un oiseau et une autre, dans une piscine, où ses traumas du passé font des vagues. Son personnage a un large spectre alternant entre morosité et colère.

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Céline Bonnier lors du visionnement de presse des deux premiers épisodes de Sorcières le 6 septembre.
Céline Bonnier lors du visionnement de presse des deux premiers épisodes de Sorcières le 6 septembre. Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

L’aînée Joanne (Céline Bonnier), qui est née à l’extérieur de la commune, est journaliste et s’intéresse aux droits des femmes partout dans le monde. Seule dans la vie et effacée, on fait sa rencontre alors qu’elle est sur le terrain, en Chine. 

La plus jeune, Agnès (Noémie O’Farrell), est coach de vie et adepte de microdoses de MDMA, entre autres. Ambitieuse, elle est à la tête de son propre centre de soins holistiques. Elle rêve d’avoir un enfant avec sa blonde, Sophie (Lamia Benhacine).

Les retrouvailles entre les trois femmes et le reste de la communauté de Sainte-Piété, le village en Estrie où se trouvait la commune, sont provoquées par la découverte en pleine nuit d’un bébé nu près de la chute du village. On se demande bien qui a pu le laisser là sans défense – il n'est pas mort – et qui a fait l’appel au 911 en modifiant sa voix. Ce bambin sert de bougie d'allumage aux intrigues.

Les auteurs Marie-Josée Ouellet et Germain Larochelle, qui planchent actuellement sur les cinq derniers épisodes de la première saison avec un collectif de scénaristes, ont dit prendre plaisir à «déficeler» toutes les couches d’intrigue et les multiples ramifications, à la fois dans le présent et dans le passé, où on fait des incursions grâce à des retours en arrière.

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Ces souvenirs sont souvent traumatiques et sont enfouis depuis belle lurette. La découverte du bébé et l’enquête qui démarre, pilotée par un nouveau lieutenant de la SQ, Bastarache (Denis Marchand), font rejaillir des fragments d’un passé difficile chez les trois sœurs, mais aussi chez les habitants de Sainte-Piété, dont Luc (Stéphane Gagnon) et la mairesse Roy (Julie Roussel).

Julie Roussel campe la mairesse de Sainte-Piété et elle est liée à l'une des trois demi-sœurs de la série.
Julie Roussel campe la mairesse de Sainte-Piété et elle est liée à l'une des trois demi-sœurs de la série. Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Stéphane Gagnon joue Luc, un gars de Sainte-Piété qui est déstabilisé à la suite de la découverte d'un bébé nu dans les bois.
Stéphane Gagnon joue Luc, un gars de Sainte-Piété qui est déstabilisé à la suite de la découverte d'un bébé nu dans les bois. Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

«Réalisme magique»

La réalisation des premiers épisodes est assurée par Myriam Verreault, qui parle du «plus grand buzz créatif de sa carrière», avec ce projet qui fait des clins d’œil à l’œuvre du cinéaste David Lynch et génère du «réalisme magique». Elle partage la tâche de mettre en boîte les 26 épisodes de la première saison avec Ian Lagarde. Coup de chapeau, au passage, à la musique signée Fanny Bloom et Thomas Hébert ainsi qu'à l'équipe de la photographie.

TVA croit avoir trouvé une recette gagnante en mariant l’événementiel, plus souvent lié aux séries lourdes, au format de la série annuelle. Il n’y a donc pas de chapeaux pointus, de baguettes magiques ou de marmites ici. Sorcières fait plutôt référence à la féminité, à la sororité et à la spiritualité.

Amalga et Québecor Contenu ont l’ambition d’intéresser à la fois tous les membres de la famille à Sorcières – notamment les plus jeunes qui sont friands des plateformes américaines – et de faire voyager la série vers d’autres marchés.

Les deux premiers épisodes de Sorcières sont diffusés le lundi 11 septembre, à 20 h et à 21 h.

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