Que feront les élèves obligés de passer l’année à la maison?

Dominique Scali | Le Journal de Montréal
Des élèves exemptés de présence en classe pour des raisons médicales n’ont toujours aucune idée de ce qui leur sera offert comme enseignement cette année puisque les écoles n’ont plus l’obligation d’organiser d’«école virtuelle».
«Ces élèves-là se retrouvent face à pas grand-chose pour une année au complet», craint Sylvain Martel, co-porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec.
L’an dernier, des centaines d’élèves ont pu être exemptés de présence en classe parce qu’eux-mêmes ou un de leurs proches avaient une maladie les plaçant à risque de développer des complications s’ils attrapaient la Covid-19. Ils avaient alors accès à une école virtuelle.
Grâce à la vaccination, le nombre de ces élèves a chuté. Par exemple, une centaine seront exemptés cette année contre quelque 400 l’an dernier au Centre de services scolaire de Laval.
Or, pour plusieurs élèves du primaire trop jeunes pour être vaccinés, rien n’a changé. Mais les services que leur offrira l’école, eux, le pourraient.
«Seuils minimaux»
Dans ses directives au milieu scolaire, le ministère de l’Éducation a retiré l’expression «école virtuelle».
Les centres de services scolaires (CSS) ont dorénavant l’obligation d’offrir des «services à distance» qui répondent aux «seuils minimaux» qui s’appliquent aux groupes placés en isolement, peut-on lire dans le document.
«On comprend pour 3 ou 4 jours, mais pour 180 jours, c’est un peu n’importe quoi», s’indigne M. Martel.
«Ce sera quoi? Un envoi de devoirs? Un coup de téléphone par jour? Des capsules enregistrées?», se demande Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec. «Moi, être un parent dans cette situation-là, je serais stressé.»
Le plan est encore flou à plusieurs endroits. À la CSS de la Capitale, on est toujours en attente des directives de la Santé publique. À la CSS de Montréal, on dit attendre de connaître le nombre d’élèves exemptés.
Le scénario d’un élève qui ne verrait pas le visage d’un prof de toute l’année est toutefois improbable, indique de son côté le ministère de l’Éducation. L’élève recevra entre 11h et 15h d’enseignement par semaine, plus 2 à 5 heures de disponibilité pour répondre aux questions.
La différence avec l’an dernier, c’est que les CSS n’ont plus l’obligation d’implanter une «structure organisationnelle qui reproduit celle d’une école» pour enseigner à distance à ces jeunes, explique Bryan St-Louis des relations de presse.
Disparités
Certains CSS ont d’ailleurs indiqué au Journal qu’il y aura bel et bien des cours en ligne pour ces élèves. C’est le cas aux CSS Pointe-de-l’île, Laval et Marguerite-Bourgeoys.
Certains se sont mis en ensemble pour offrir un même service de «scolarisation virtuelle», comme Hautes-Rivières et Marie-Victorin.
Reste que M. Roy que M. Martel redoutent les disparités d’un CSS à l’autre. Pour éviter cela, l’idéal serait de créer une école virtuelle à l’échelle provinciale, croient-ils.