Obscénité préélectorale

Claude Villeneuve
Si Justin Trudeau semble en voie de respecter ses promesses de réception de doses de vaccin d’ici l’automne, il faudra l’en féliciter. S’il en profite pour déclencher des élections ce printemps, il faudra le lui faire payer.
Imaginez ! Ça fait un an que les autorités, Justin Trudeau au premier chef, nous disent que c’est dangereux de se déplacer et de visiter nos parents. Le chef du Parti libéral juge que c’est un excellent moment pour parcourir le Canada et convoquer des millions d’électeurs dans les gymnases d’école pour lui permettre de garder le pouvoir.
Il y aurait des mots pour qualifier une telle manœuvre : cynisme ; sans-gêne ; indécence ; obscénité ; d’autres qui ne s’écrivent pas dans un journal.
Une belle idée de champion
Si vous voulez avoir une idée du genre de situation que Justin Trudeau nous magasine avec sa tentation électorale, allez faire un tour du côté de Terre-Neuve. On devait y tenir les élections le 13 février dernier, quand une éclosion majeure à quelques jours du scrutin a poussé le directeur des élections à annuler le vote en personne dans quelques circonscriptions, puis dans l’ensemble de la province. De report en report de la date limite pour poster son bulletin, on est maintenant le 14 mars et on pense finalement faire atterrir le tout passé le 25.
Bref, c’est une belle idée de champion que de déclencher volontairement des élections en pleine pandémie !
Une idée à dénoncer
Au début mai, moment du déclenchement supputé, on n’aura pas encore vacciné la moitié des Canadiens. Alors que l’Italie se reconfine en plein printemps à cause des variants, on n’a aucune idée de ce qui pourrait arriver au Canada d’ici là.
Vraiment, cette idée de campagne électorale en pleine pandémie doit être dénoncée avec la dernière énergie et le principal intéressé doit y renoncer immédiatement.
Si le virus est aussi dangereux qu’on le dit, on attendra de l’avoir vaincu avant d’aller voter.