Offensive dans la région de Koursk: une «brèche» dans les défenses russes et une «humiliation» pour Poutine, souligne un politologue

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Samuel Roberge

2024-08-09T19:01:17Z

L’incursion ukrainienne qui se poursuit depuis mardi dans la région frontalière de Koursk, en Russie, est – en plus d’être une initiative audacieuse de la part de l’Ukraine – une «humiliation» pour le président russe, selon un politologue.

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C’est la première fois que des troupes d’une nation en guerre contre la Russie occupent une partie de son territoire aussi important depuis la Deuxième Guerre mondiale.

«C’est une humiliation» pour Poutine, souligne le politologue Olivier Védrine en entrevue à LCN.

D’ailleurs, M. Védrine explique que, pour limiter les dommages sur l’image du gouvernement de Poutine, les autorités ont mis en marche la machine de propagande.

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«Les Russes veulent véritablement maîtriser tout ce qui est vidéo, informations, et c’est pour ça que YouTube en Russie depuis hier ne fonctionne plus», souligne-t-il.

«Vous avez, par exemple, un villageois russe qui a filmé la destruction de troupes russes avec des HIMARS; et le FSB [le Service fédéral de sécurité de la Fédération de Russie] est venu tout de suite l’arrêter», informe le spécialiste.

Et du côté ukrainien, c’est le «flou» total quant aux informations sur cette offensive dans le territoire russe.

«Les Ukrainiens sont assez avares d’informations», soulève l’expert. «C’est une bonne stratégie d’ailleurs, parce que le fait de ne pas communiquer des informations fait paniquer les Russes. Autrement, les Russes pourraient utiliser les informations des Ukrainiens en les retournant, en les utilisant [contre eux]. Là, les informations du côté ukrainien sont assez floues, voire inexistantes.»

Une faille dans les défenses

Olivier Védrine explique que les Ukrainiens ont profité d’une brèche dans les défenses mardi pour pénétrer dans le territoire russe.

«Normalement, la frontière russe est assez bien protégée et là, il y avait une brèche parce que les Russes devaient installer des dents de dragon et des fortifications, mais malheureusement, dû à la corruption, l’entreprise n’a pas fait son travail», mentionne-t-il. «Pourtant, les Russes avaient payé 3 milliards de roubles, mais le travail n’a pas été fait.»

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Carte montrant la zone frontalière entre la Russie et l’Ukraine où l’armée ukrainienne a lancé depuis mardi une offensive en territoire russe –AFP / VALENTIN RAKOVSKY
Carte montrant la zone frontalière entre la Russie et l’Ukraine où l’armée ukrainienne a lancé depuis mardi une offensive en territoire russe –AFP / VALENTIN RAKOVSKY AFP

Après avoir exploité cette faille, l’un des objectifs possibles des Ukrainiens pourrait être de capturer une partie du territoire russe dans le but d’avoir une monnaie d’échange contre les territoires ukrainiens conquis par les Russes dans le sud et l’est du pays.

Cependant, avec le peu d’informations que détient l’expert sur cette offensive, tout indique que les Ukrainiens n’auraient engagé qu’une brigade, soit de 3000 à 5000 soldats, ce qui n’est pas suffisant pour consolider leur position, selon lui.

«S’il n’y a pas un renfort qui arrive derrière, je ne vois pas comment ils pourront longtemps occuper le terrain, surtout si les Russes appellent des troupes en renfort pour pouvoir reprendre le terrain que les Ukrainiens ont pris», fait-il remarquer.

Voyez l’entrevue intégrale d’Olivier Védrine dans la vidéo ci-dessus.

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