On a les gouvernements mous qu’on mérite

Richard Martineau
Cette semaine, à QUB radio, j’ai interviewé l’ex-lieutenant-général Roméo Dallaire sur le stress post-traumatique dont il a souffert à son retour du Rwanda et qui accable plusieurs intervenants en santé.
J’en ai profité pour lui demander ce qu’il pensait de notre gestion de la pandémie.
L’ancien militaire n’a pas mâché ses mots.
Du tataouinage
« Les élites politiques à tous les niveaux au Canada n’ont pas su prendre des positions fermes pour inspirer leurs citoyens à combattre, m’a-t-il dit. Les décisions doivent être prises d’une façon sans équivoque, et non pas débattues, discutées et politiquement manœuvrées entre le fédéral, le provincial et le municipal. On est en guerre ou on ne l’est pas. »
Pour monsieur Dallaire, nos autorités ont fait preuve de mollesse.
Ferme, ouvre, ferme, ouvre... On joue à l’accordéon au lieu de se fixer un objectif précis et de tout faire pour l’atteindre.
« On a pris la décision de laisser mourir 20 000 Canadiens au lieu de prendre une décision de fermer tout pendant six mois. Oui, l’économie va en souffrir, mais les gouvernements sont capables de rebâtir ça... »
Je suis sûr que lorsqu’il nous voit nous obstiner pour une histoire de pop-corn (devrait-on permettre d’en manger ou pas ?), l’ex-soldat s’arrache les cheveux sur la tête.
Comme je le dis souvent, si un pays nous déclarait la guerre, on perdrait en 10 minutes.
On n’est même pas capables de se passer de maïs soufflé quand on va au cinéma, calvaire !
Une nanane
Que voulez-vous, Monsieur Dallaire, on a les gouvernements qu’on mérite.
Et la vérité est que les citoyens sont incapables de faire des sacrifices à long terme.
Si nos dirigeants ne nous donnent pas une nanane de temps en temps, on pogne les nerfs et on désobéit.
Je vous donne un petit exemple qui en dit long.
Ça ne concerne pas la pandémie, mais la lutte contre la prolifération des armes à feu.
Dans son projet de loi C-21, le gouvernement Trudeau veut interdire la vente et l’utilisation de répliques d’armes à feu dans les jeux de paintball et d’airsoft.
Réponse de la Fédération sportive d’airsoft du Québec : hors de question.
« Nous sommes près de 200 000 joueurs au Canada et nous allons demander à tous les joueurs passionnés de voter contre tout parti politique qui soutiendra le projet de loi du gouvernement Trudeau.
« Le réalisme est important dans notre sport. Ça fait partie de l’ambiance. Ce sont ces détails qui nous motivent à jouer. »
On veut juste que les armes qu’ils utilisent ne ressemblent pas trop à de vraies armes ! Pour protéger la population !
« Non ! On ne veut rien savoir !
C’est notre droit de jouer avec des répliques d’armes qui pourraient être utilisées pour commettre des crimes !
C’est pas vrai que vous allez nous obliger à jouer avec des fusils en plastique orange !
Ça nous enlève notre fun ! »
La bouche pleine
On est rendu là, les amis.
J’ai le droit, j’ai le droit, j’ai le droit, j’ai le droit.
Je suis sûr que lorsqu’il nous entend nous plaindre ainsi la bouche pleine, l’ex-lieutenant-général a le goût de retourner au front.