Hausses des cas de COVID-19: «on constate les effets secondaires des rassemblements de décembre»

TVA Nouvelles

2021-01-02T00:28:31Z

La situation dans les hôpitaux du Québec devient de plus en plus difficile en raison de la hausse prononcée des cas de COVID-19 au cours des derniers jours.  

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Le 31 décembre, la province enregistrait 2819 nouveaux cas de COVID-19 ainsi que 22 décès. Les prévisions pour les hospitalisations dans la grande région de Montréal risquent de dépasser les capacités prévues d’ici trois semaines, a fait savoir l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS) vendredi. 

Le Dr Gilbert Boucher, intensiviste et président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec (ASMUQ), le constate: les hôpitaux accueillent toujours plus de cas de COVID-19, et les autres patients évitent de se présenter à l’urgence. 

«Presque tous les lits des soins intensifs de l’île de Montréal sont pris, pas seulement par des patients COVID, mais quand on met les deux populations ensemble, on se retrouve à pleine capacité», explique le Dr Boucher en entrevue sur LCN. 

«Ça ne commence pas très bien l’année. [...] On constate les effets secondaires des gens qui se sont regroupés vers la fin décembre», ajoute-t-il. 

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«Si on n’a plus de lits disponibles aux soins intensifs, il va falloir arrêter les opérations, faire des choix et on ne veut pas se rendre là.»

Le médecin, qui a vu le volume de patients atteints par le virus SARS-CoV-2 augmenter, a l’impression de revivre les débuts de la pandémie. 

«Les gens viennent quatre à cinq jours après avoir fait leur test de dépistage et c’est là qu’ils ont de la misère à respirer. Ils se mettent à vomir, ont mal au ventre. On n’a pas énormément de lits et pour chaque patient COVID qui entre, ça veut dire qu’il y a d’autres activités hospitalières qu’il faut canceller, d’autres patients qu’on ne peut pas soigner. [...] On le sait, ce n’est pas tout le monde qui est malade, mais ceux qui le sont, le sont énormément et se retrouvent sur les respirateurs aux soins intensifs. Il y en a qui décèdent. On est en train de revire ce qui s’est passé au mois de mars.»

Le vaccin espéré    

La vaccination est la lueur d’espoir pour les travailleurs de la santé. 

«On l’attend encore, malheureusement. Il y a eu des délais, je peux vous dire que dans les équipes sur le terrain, on est un peu nerveux et on a bien hâte d’être vaccinés pour pouvoir servir la population. Quand on perd du personnel soignant, ça impacte directement et on n’est plus capable d’offrir les services», note-t-il.

Il assure que le personnel hospitalier fait tout ce qui est possible pour se protéger et protéger les patients, que ce soit avec le lavage des mains, l’équipement de protection personnel et la mise en place de zones dédiées. 

Malheureusement, le personnel n’est pas toujours suffisant pour assurer une étanchéité entre la zone COVID et la zone régulière.  

Le Dr Boucher hésite à se prononcer sur la réouverture des commerces non essentiels prévue pour le 11 janvier. 

«On va laisser ça au gouvernement, c’est eux qui ont les statistiques, mais ça n’augure pas bien. Ce n’est pas le début d’année qu’on espérait», conclut le président de l’ASMUQ. 

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