«On peut faire des gros albums à Québec»: le succès de Lou-Adriane Cassidy à l’ADISQ fait la fierté du Pantoum


Cédric Bélanger
«C’est énorme, c’est immense.» Au Pantoum, un lieu de création que fréquentent presque tous les musiciens de Québec, l'éclatant triomphe de Lou-Adriane Cassidy à l’ADISQ provoque un grand sentiment de fierté.
«On est très fiers, très contents. [...] Ce que témoigne un projet comme celui de Lou, avec toutes les récompenses qui lui sont attribuées, c’est qu’on peut maintenant faire des gros albums à Québec», s’enorgueillit Jean-Étienne Collin-Marcoux.
Ce dernier est l’un des cofondateurs de ce centre culturel qui, depuis sa naissance en 2012, a vu notamment passer entre ses murs les Hubert Lenoir – c’est là qu’il a enregistré son album Darlène –, Ariane Roy, Gab Paquet et même des artistes de l’extérieur de la région de Québec tels que Thierry Larose, Bon Enfant et Stéphanie Boulay.
C’est dans un des studios du Pantoum, qui abrite aussi une salle de spectacle destinée aux artistes émergents, que Lou-Adriane Cassidy a enregistré Journal d’un loup-garou, l’album grâce auquel la nouvelle coqueluche des Québécois et ses collaborateurs ont remporté 12 Félix lors des galas de l’ADISQ de la dernière semaine.

Une habituée de la place
Au moment de recevoir un de ses trophées, l’autrice-compositrice-interprète de 28 ans a tenu à remercier Le Pantoum, un endroit qu’elle a fréquenté comme spectatrice avant de participer comme choriste à l’enregistrement de Darlène et d’y créer son album Lou-Adriane Cassidy vous dit: Bonsoir, paru en 2021.

«Dès le début, on voyait qu’elle avait un talent indéniable et des idées incroyables. Je pense qu’elle voyait [Le Pantoum] comme un espace important qui lui permettait de faire croître sa carrière et d’aller plus loin tout en restant à Québec», mentionne Jean-Étienne Collin-Marcoux.
Permettre aux artistes de Québec d’avoir accès près de chez eux à de l’équipement professionnel à prix abordable sans devoir déménager à Montréal constitue d’ailleurs l’une des principales motivations derrière la fondation de cet organisme à but non lucratif.
«On prône vraiment une approche qui favorise la création, qui permet aux artistes de vraiment prendre le temps dont ils ont besoin pour aller au bout de leurs idées et de leurs ambitions», dit M. Collin-Marcoux.
«Je peux emprunter ta guitare?»
Rapidement, un fort esprit d’entraide et de partage a émergé entre les utilisateurs du Pantoum.
«Sur un même étage, tu peux avoir une douzaine de personnes qui travaillent sur des projets différents en même temps. On a trois étages. Forcément, durant les pauses, les gens se rencontrent, se parlent, échangent des idées», raconte Jean-Étienne Collin-Marcoux.
«Ce n’est pas rare que quelqu’un amène un synthétiseur ou une guitare, et t’as quelqu’un qui lui demande s’il peut lui emprunter pour essayer quelque chose», ajoute-t-il.
En travaux
Le Pantoum est actuellement dans la phase finale de travaux de rénovation qui coûteront 2,5 millions de dollars et ont été financés en grande partie par les gouvernements provincial et fédéral.
La moitié des revenus sont autonomes et proviennent de l’exploitation de la salle de spectacle et des locations, sinon Le Pantoum reçoit des subventions pour les projets musicaux enregistrés sur place. Il ne bénéficie d’aucune aide récurrente.
Des prix comme ceux récoltés par Lou-Adriane Cassidy sont donc bienvenus.
«Ça vient dire aux organismes subventionnaires que cet espace, ce n’est pas des tout croches. C’est sérieux, ça se tient et ça marche», conclut son fondateur.