Cégeps et universités: On veut retourner en classe svp!

Monsieur le premier ministre,
Il y a un peu plus de deux semaines, vous avez affirmé sur Facebook « penser » à nous, étudiants des cégeps et universités du Québec et vous sembliez préoccupé par notre situation. Nous avons fait, je pense, notre part pour freiner la contagion de la COVID-19 au Québec et nous continuons de la faire.
C’est pourquoi, il est maintenant temps que vos « pensées » à notre égard prennent la forme d’actions concrètes qui nous permettraient l’accès aux établissements d’enseignement supérieur, ne serait-ce qu’une seule journée par semaine par étudiant, même s’il faut revêtir masques, gants, visières ou combinaison spatiale, je suis d’avis que n’importe quel enseignement en présentiel serait plus humain que celui que nous subissons actuellement.
En effet, les blocs de savoir qui nous sont dispensés sont peut-être suffisants pour remplir les exigences du marché du travail et nous outiller pour occuper une fonction dans votre « Québec de demain », mais cet enseignement (malgré tout le bon vouloir des professeurs) ne nous permet pas de forger nos identités inachevées qui, on le sait, devraient se construire en bonne partie sur la base du rapport à l’autre. Rapport à l’autre qui s’opère lors d’interactions et de relations prenant forme dans la vie réelle.
La santé mentale des étudiants en péril
Or, le quotidien des étudiants des cégeps et universités du Québec sera passé au mode virtuel depuis un an, le 13 mars prochain. Cet écart avec la vie réelle, auquel s’ajoutent nombreux fléaux de l’enseignement à distance (taux d’échec et de décrochage à la hausse, perte de motivation, détresse psychologique, stress, anxiété...) constitue une situation alarmante pour la santé mentale des étudiants et justifie des actions immédiates.
Des assouplissements ont été accordés aux communautés religieuses et il semblerait que d’autres assouplissements sont à venir pour les commerces. Par ailleurs, l’Université de Sherbrooke a démontré qu’il était possible d’être créatif et de donner un enseignement majoritairement en présentiel tout en respectant les consignes sanitaires.
Ainsi, si la situation épidémiologique marquée par la venue d’un nouveau variant ne permet pas la réouverture complète des établissements d’enseignement supérieur, des assouplissements si minimes soient-ils, apporteraient, je pense, une lueur d’espoir et un encouragement énorme chez les étudiants du Québec.
Bien à vous,

Volker Tardif, Étudiant au cégep Édouard-Montpetit