Où étaient les enfants des aînés maltraités?

Photo portrait de Richard Martineau

Richard Martineau

2021-02-11T10:00:00Z

La première question que je me suis posée lorsque j’ai appris ce qui est arrivé aux résidents du Manoir Liverpool n’était pas : « Pourquoi le grand patron du CISSS de Chaudière-Appalaches n’était pas au courant ? »

Mais : « Où étaient les enfants de ces malheureux ? »

LA FAUTE AU SYSTÈME

C’est bien beau, blâmer les administrateurs du réseau de la santé, mais le sort des aînés est d’abord et avant tout NOTRE responsabilité.

On dit que cet enfer a duré cinq ans.

Pendant ces cinq années, personne dans l’entourage de ces résidents n’a vu que quelque chose clochait ?

On ne parle pas ici d’incidents isolés, mais d’une véritable culture de la maltraitance !

De la maltraitance systémique, pour reprendre un terme à la mode.  

Et même si quelques plaintes ont été déposées au fil des ans...

Il me semble que lorsque tu vois que personne ne réagit, tu rues dans les brancards !

Tu demandes des comptes !

Tu rentres dans le bureau du gérant de la place et tu gueules !

Tu contactes un journaliste !

Tu remues mer et monde !

Et si rien ne bouge, tu prends les grands moyens et tu sors ta mère ou ton père de là !

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Je peux vous dire que si ça m’arrivait, si je voyais que ma mère n’était pas bien traitée dans la résidence où elle demeure, je ne me contenterais pas d’envoyer une lettre à la commissaire aux plaintes...

Ça brasserait pas mal plus que ça. 

Les employés, là-bas, trembleraient dès qu’ils entendraient mon nom.  

Je deviendrais leur pire cauchemar. 

Ma sœur et moi ferions passer Terminator pour Marie Quat’Poches.  

  • Écoutez l'éditorial de Richard Martineau à ce sujet:   

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JE ME SOUVIENS ?

Savez-vous quelle est l’horrible vérité ?

Au Québec, on se fout des vieux.

Non, on ne s’en fout pas : on s’en crisse.

On traite les vieux comme on traite notre histoire, notre patrimoine et notre passé.

Ça ne nous intéresse pas. C’est des vieilles affaires. 

Une maison patrimoniale, au Québec, n’est pas un bijou à préserver. C’est une cambuse, une cabane, une bicoque.

Sacre-moi ça à terre et construis une belle tour à condos ! Ou une pharmacie avec une devanture en tôle ondulée.  

Je suis sûr que si le gouvernement déposait un projet de loi élargissant l’aide médicale à mourir à toutes les personnes âgées de 65 ans et plus, qu’elles soient malades ou pas, en santé ou non, on applaudirait !

Allez, hop ! Tasse-toi, mon oncle ! T’as fait ton temps !

L’ÉTAT VA RÉGLER ÇA !

Avant, au Québec, l’Église s’occupait de tout. 

T’avais un problème ? T’allais voir le curé, il s’en occupait.

Aujourd’hui, c’est l’État. On a remplacé le Vatican par le gouvernement. 

L’État prend en charge le citoyen du berceau au tombeau. 

Regardez l’éducation. Pas étonnant que les profs pètent au frette ! 

On ne leur demande pas seulement d’apprendre à nos enfants à lire et à compter, il faut qu’ils fassent leur éducation sexuelle, qu’ils leur inculquent des valeurs, qu’ils leur apprennent les bonnes manières, qu’ils les élèvent, qu’ils les éduquent, qu’ils développent leur estime d’eux-mêmes, etc.

Nous, on n’a pas le temps, on travaille !

Idem avec les vieux : l’État va s’en charger.

Parce que nous, on n’a pas le temps, on travaille !

Maudite belle société. 

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