Début du procès dans l’attentat Metropolis

Des techniciens présents en 2012 réclament 600 000$ à la police

Photo portrait de Michael Nguyen

Michael Nguyen

2022-03-29T16:43:00Z
2022-03-30T02:06:40Z

Près de 10 ans après l’attentat du Metropolis, des techniciens marqués par la fusillade ont entamé leur témoignage dans une poursuite de 600 000 $ contre la police, à qui ils reprochent une sécurité défaillante.

« Il n’y avait pas de policiers en arrière du Metropolis. Zéro policier. Finalement, on a été de la chair à canon », a déploré Audrey Dulong Bérubé, mardi, au palais de justice de Montréal.

Guillaume Parisien, un technicien présent lors du drame, était au palais de justice de Montréal, mardi.
Guillaume Parisien, un technicien présent lors du drame, était au palais de justice de Montréal, mardi. Photo Chantal Poirier

Mme Dulong Bérubé, ainsi que Guillaume Parisien, Jonathan Dubé et Gael Ghiringelli poursuivent la police de Montréal et la Sûreté du Québec en lien avec le drame de la soirée électorale du 4 septembre 2012. 

Pauline Marois, du Parti Québécois, célébrait alors sa victoire avec ses partisans au Metropolis quand Richard Henry Bain a gâché la fête. 

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Armé, il s’est présenté par la porte à l’arrière du bâtiment et a tiré un coup, tuant le technicien Denis Blanchette et blessant Dave Courage. 

Il a ensuite mis le feu à l’entrée avant de fuir, puis d’être arrêté. 

faille de Sécurité

Or, selon le cabinet Arsenault Dufresne Wee, avocats, ce drame aurait pu être évité si la police avait daigné surveiller le stationnement de la salle de spectacle.

Virginie Dufresne-Lemire. Avocate
Virginie Dufresne-Lemire. Avocate Photo Chantal Poirier

« Il y a eu un défaut de sécurité flagrant, les techniciens ont vécu un choc post-traumatique flagrant », a affirmé Me Virginie Dufresne-Lemire.

Car pour les quatre techniciens à l’origine de la poursuite civile, les conséquences ont marqué leur vie.

« Je n’ai plus l’énergie de combattre et de continuer d’exister, a déploré Mme Dulong Bérubé. C’est pas normal d’être en état de survie pendant tant d’années. » 

  • Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault sur QUB radio:   

Un rêve éveillé

La femme a expliqué que c’est elle qui avait traîné Dave Courage, blessé, jusque dans le bâtiment. 

Sauf qu’après, les policiers auraient eu peu de considération pour elle et ses collègues. 

Et après sa déposition, elle a été laissée à elle-même.

« C’était un état de rêve éveillé, le stress récurrent a duré des années », a-t-elle dit, ajoutant avoir été obligée de retourner au travail, faute de moyens.

Son frère a ensuite témoigné, confirmant le traumatisme subi par la femme.  

  • Les trois autres techniciens devraient témoigner dans le courant de la semaine.  
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