Pandémie: l’incroyable échec des pays riches

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Josée Legault

2021-04-02T09:00:00Z

Face à la COVID-19, sauf pour de rares exceptions, l’impréparation ahurissante des États riches et avancés face à la pandémie s’est avérée désastreuse. L’Occident s’est alors montré sous son vrai visage. Celui d’un colosse aux pieds d’argile. 

Rien n’était prêt pour le jour, pourtant inévitable, où un virus hyper contagieux ferait son apparition. Rien. Malgré tous les rapports internes et les avertissements lancés depuis des années par une kyrielle d’experts. Malgré même les épidémies récentes du SRAS (2003) et de la H1N1.

Les impacts furent à l’avenant : multiplication des morts, séquelles majeures pour les survivants, confinements débilitants, économies entières mises sur « pause », faillites, suicides, délestage massif de chirurgies et de dépistages du cancer, etc.

Au Québec, des milliers de nos concitoyens en lourde perte d’autonomie sont décédés dans l’indignité et la solitude. Plusieurs sont morts aussi de faim et de déshydratation. Jusqu’à la mi-mars 2020, même la Santé publique était aux abonnés absents.

Au palier fédéral, hormis pour les réactions rapides du gouvernement canadien visant à pallier les pertes majeures de revenus de millions de Canadiens, sa lenteur sur les autres fronts fut sidérante. 

Rapport cinglant

Comment oublier, entre autres, les trop longues hésitations du premier ministre Justin Trudeau à fermer les frontières ?

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La semaine dernière, un rapport cinglant de la vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan, confirmait le fouillis qui régnait à Ottawa au début de la crise sanitaire. Sa cible principale : l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Les manquements constatés décrochent les mâchoires. Absence d’alertes de santé publique. Outils technologiques désuets. Collecte et partage déficients d’informations. Suivi ultra laxiste des voyageurs placés en quarantaine obligatoire à leur retour ou arrivée au pays.

Dans la deuxième moitié de mars 2020, non moins de 1,7 million de voyageurs internationaux sont arrivés au Canada. Autant de vecteurs potentiels de la COVID-19.

Idem de mai à juin 2020. Pour 66 % des voyageurs, l’ASPC ignorait même s’ils avaient respecté ou non leur quarantaine. Bref, pas étonnant que la VG, Karen Hogan, s’en soit dite carrément « découragée ». 

Les Canadiens le sont aussi. Mais que peuvent-ils vraiment y faire après coup ? Le mal ayant amplement été fait dès le printemps de l’an dernier.

Un an plus tard

Plus d’un an plus tard, l’espoir est que pour la prochaine pandémie, les États auront tiré les bonnes leçons de leur propre impréparation face à la COVID-19. Le scepticisme est néanmoins inévitable.

En cela, au Québec comme au Canada, la tenue de commissions d’enquête, publiques et indépendantes, sur la gestion de la crise sanitaire par nos gouvernements contribuerait fortement à une meilleure préparation pour l’avenir.

D’autant plus qu’au pays, pendant que la vaccination tarde trop, nous voilà maintenant plongés en pleine troisième vague de la COVID-19. Une vague plus menaçante encore à cause d’une série de variants super contagieux. 

Chez nos voisins du Sud, malgré une campagne de vaccination nettement plus avancée qu’au Canada, on parle déjà d’une quatrième vague possiblement imminente. En France, pendant que les hôpitaux débordent, on en est même au troisième confinement national.

Comme quoi la lumière au bout du tunnel se fait encore attendre... 

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