Une jeune Québécoise partie au secours de sa famille ukrainienne
Une Montréalaise a quitté pour l’Ukraine afin d’aller chercher sa famille, dont sa grand-mère de 87 ans


Francis Pilon
Une Québécoise a quitté Montréal la semaine dernière pour aider sa famille ukrainienne, dont sa grand-mère de 87 ans qui a passé à un cheveu d’être victime des bombes russes larguées du ciel.
«On a peur. Chaque jour, il y a des bombardements dans de nouvelles villes en Ukraine. Il y a toujours plus de morts. On vient d’apprendre que l’ami de ma cousine est décédé», confie d’une voix chambranlante Michelle Dandik Zaale, âgée de 27 ans.

Cette Montréalaise n’a pas voulu rester les bras croisés en voyant que toute sa famille tentait de fuir la guerre. Elle a donc pris un vol vers la Slovaquie avec sa mère qui habite aussi au Québec. Leur but est d’aider les réfugiés qui arrivent dans ce pays qui partage une frontière avec l’Ukraine.

«Au début, mes proches pensaient que les bombes allaient durer quelques jours. Mais là, ça fait des semaines et ils ont été terrifiés. C’est pour ça qu’ils ont décidé de quitter le pays, même si ce n’est pas facile et vraiment dangereux», explique la jeune femme.
La peur au ventre
Michelle Dandik Zaale s’est aussi envolée en Slovaquie pour retrouver son père, Yuri, qui habite toujours en Ukraine. À l’âge de 61, il a pu quitter le pays en sécurité.

«Il amène plein de réfugiés ukrainiens à la frontière de l’Ukraine vers des villes sécuritaires en Slovaquie en faisant la navette. Une fois arrivée ici, il y a des files partout et c’est compliqué. Je m’occupe de la traduction pour ma famille et les autres réfugiés», raconte la Montréalaise.

Mercredi, la plupart de ses proches avaient réussi à quitter l’Ukraine par train. Ils se trouvent désormais à Bratislava en Slovaquie, en lieux sûrs, après avoir passé plusieurs jours dans un abri anti-bombes.

D’autres, comme son frère, ont toutefois décidé de prendre les armes et de rester sur le territoire ukrainien pour protéger leur pays contre l’armée russe.

«Plein d’Ukrainiens ont installé leur tente dans la station de trains à Bratislava. Les gens arrivent en Slovaquie, mais ils ne parlent pas la langue et ne savent pas où aller. Tout le monde veut que la paix revienne. Ils veulent tous retourner en Ukraine», mentionne-t-elle.
Presque tuée
La Québécoise tente désormais de sortir sa grand-mère de 87 ans de cette guerre. Sa mère Oxana, qui est aussi Ukrainienne, n’a pas l’intention de revenir à Montréal sans elle.

«C’est tellement compliqué de lui trouver un visa et de remplir les autres papiers pour la ramener au Canada. Une bombe a explosé à 700 mètres de chez ma grand-mère. Je veux la ramener à Montréal. Il faut sortir les Ukrainiens d’ici et les aider», insiste Michelle Dandik Zaale.
Le temps presse
La jeune femme affirme être inquiète pour les réfugiés qui ont «tout perdu» du jour au lendemain, même leur accès aux soins de santé. Selon elle, les Ukrainiens ont carrément mis leur vie sur pause et se retrouvent dans le néant.
Crédit vidéo : Michelle Dandik Zaale
Elle remercie d’ailleurs les Québécois et les Canadiens pour les dons qu’elle a reçus grâce à une campagne de sociofinancement qu’elle a lancée ce mois-ci. Avec cet argent, elle a passé la dernière semaine à acheter des denrées pour les réfugiés qui n’ont pratiquement rien en Slovaquie. «Certains n’ont même pas de brosse à dents» confie la Québécoise.

«Si j’avais un message à passer, c’est s’il vous plaît, facilitez le processus d’immigration pour les réfugiés ici. C’est stressant. J’ai commencé un processus pour ma grand-mère le 3 mars et on n’a toujours pas de réponse. C’est compliqué pour moi qui est Canadienne, imaginez pour ceux qui ne parlent ni français ni anglais», conclut Michelle Dandik Zaale.