Pas de dernier au revoir à son père décédé de la COVID

Le fils éploré, qui n’a pas pu se rendre à son chevet, aura une pensée pour lui en cette journée dédiée aux victimes du virus

Photo portrait de Jérémy Bernier

Jérémy Bernier

2021-03-11T05:00:00Z

«Ce sont des choses qu’on n’oubliera jamais, ça va être difficile de vivre avec ça», témoigne un homme qui n’a pas pu serrer son père dans ses bras une dernière fois avant que la COVID-19 ne l’emporte au printemps dernier. 

Comme des milliers d’autres aujourd’hui, en cette journée de souvenir pour les victimes de la COVID, Abnel François Renée aura une pensée pour son père, Emmanuel. 

Près d’un an après son décès, il se rappelle très bien la détresse et l’impuissance qu’il a ressenties lorsqu’il a appris que ce dernier avait contracté la COVID-19 dans une résidence pour aînés du Massachusetts, aux États-Unis. 

«Il a eu presque tous les symptômes. Ça a commencé par de la fatigue, puis des courbatures, de la fièvre, de la difficulté à respirer... À 87 ans, il était fragile, ça ne pardonne pas», relate le Montréalais. 

Et la progression de la maladie a été foudroyante. Une à deux semaines après ses premiers symptômes, le père livrait son dernier soupir dans son sommeil, vers 4 h du matin. 

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Frontières fermées

Les frontières étant déjà fermées à l’époque, M. François Renée n’a jamais été en mesure de lui dire un dernier au revoir. 

«C’est terrible de l’avoir vu partir comme ça, de ne pas avoir pu le serrer une dernière fois dans mes bras et même de ne pas avoir pu assister aux funérailles», déplore l’homme de 43 ans. 

«On savait que ses meilleures années étaient derrière lui, mais on ne s’attendait pas à ce qu’il parte de cette façon. Dans un grand pays développé comme les États-Unis, on s’attendait à ce que les gens soient plus vigilants, mais ça n’a pas été le cas», poursuit-il. 

Pandémie pas prise au sérieux

L’arrivée tardive des mesures sanitaires, résultat direct du peu de sérieux que le président Trump a accordé à la pandémie au début de la crise, est en partie responsable de la mort de son père, estime M. François Renée. 

Ce triste événement a aussi changé la vision que le Montréalais avait de la maladie, qu’il « ne craignait pas vraiment » jusqu’alors. 

«Quand ça a commencé à toucher mon entourage, ce n’était plus pareil. Mon père est décédé, ensuite j’ai un oncle qui a aussi perdu la vie et mon beau-frère a été hospitalisé. Quand on le vit de proche, on se rend compte de la gravité de la situation», affirme M. François Renée. 

«J’aurais aimé que mon père soit encore là pour rencontrer ses petits-fils, célébrer les fêtes de fin d’année, etc. On avait plein de projets, mais hélas, c’est trop tard», souffle-t-il. 

LA CÉRÉMONIE DE COMMÉMORATION EN 3 POINTS  

  • Elle honorera la mémoire des personnes décédées de la COVID-19 et soutiendra les Québécois touchés par la maladie. 
  • Elle se tiendra en présence du lieutenant-gouverneur, des chefs de tous les partis à l’Assemblée nationale, de ministres aux rôles clés durant la crise et de hauts fonctionnaires, dont le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda. 
  • Les drapeaux du Québec sur tous les établissements gouvernementaux seront mis en berne dès le lever du soleil.  

HORAIRE

12 h 10 : Début de la cérémonie commémorative nationale sur le parvis de l’hôtel du Parlement, à Québec

12 h 20 : Arrivée de représentants des familles endeuillées et des services prioritaires

12 h 30 : Recueillement des personnes participantes

12 h 51 : Prestations musicales

12 h 56 : Mot du premier ministre

13 h : Minute de silence nationale 

13 h 01 : Fin de la cérémonie et volée de cloches

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