Pas de K.-O., mais des accrochages robustes


Guillaume St-Pierre
Les Québécois auront de quoi discuter autour du BBQ durant cette longue fin de semaine de septembre. Le débat d’hier soir leur aura fourni matière à réflexion. Pas de K.-O., mais des accrochages robustes. Cette campagne électorale est enfin lancée, même si on se demande toujours pourquoi nous en sommes là...
Trudeau: fébrile
Le chef libéral a passé un mauvais quart d’heure en début de débat. Pourquoi lancer le pays en élections? Son explication est encore tombée à plat. Difficile de défendre l’indéfendable.
Trudeau a réussi à s’extirper des câbles lorsqu’il a été question de vaccination et de garderies subventionnées.
Mais il y est souvent retourné, rappelé à l’ordre sur ses empiètements dans les compétences des provinces par un Yves-François Blanchet en verve.
Une performance honnête, dans un moment désespéré.
O’Toole: militaire
M. O’Toole a travaillé son français, mais on l’a senti un peu coincé dans sa langue seconde, tant pour se défendre que pour présenter aux Québécois son fameux contrat, qui a pourtant du mérite.
Sur la vaccination, les garderies, les armes à feu, l’environnement, O’Toole s’est retrouvé sur la défensive, mais il n’a pas trébuché, sans doute grâce à sa discipline militaire.
A-t-il réussi à établir un contact avec les Québécois, à leur inspirer confiance? Il faudra voir, mais il s’est montré tout à fait fréquentable, contrairement à son prédécesseur.
Blanchet: incisif
Encore une fois, sa maîtrise de la langue lui a permis de survoler le débat sans grandes égratignures.
Blanchet a défendu avec habileté la pertinence du Bloc. Il a aussi le sens de la formule, même si ses attaques sur les enjeux identitaires sont tombées à plat. «On ne veut pas plus de fonctionnaires, on veut plus d’infirmières.» On retiendra la citation.
Singh: effacé
On sentait M. Singh à l’aise, peut-être trop. Il s’est défendu avec cœur et passion sur les sujets identitaires. Or il y a très peu à retenir de sa performance sans éclat.