Pas prêts à ranger leurs micros

Les amateurs de karaoké sont inquiets après une éclosion dans un bar de la Vieille Capitale

Photo portrait de Erika Aubin

Erika Aubin

2020-09-04T03:15:55Z

Devant la menace d’une interdiction du karaoké dans les bars, des chanteurs n’ont aucune envie de faire une croix sur cette activité à cause d’une poignée de récalcitrants qui ne suivent pas les consignes de la Santé publique.

«On ne doit pas pénaliser tous les bars pour un seul établissement qui n’a pas su gérer ses clients. Je trouverais ça décevant. Pour [ma gang et moi], c’est ici qu’on se sent bien. C’est notre lieu de rencontre», lance Éva Ducharme, cliente du bistro Au Vieux St-Hubert, à Montréal.

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C’est qu’une soirée karaoké au bar Le Kirouac, dans le quartier Saint-Sauveur, a fait 62 cas positifs dans la capitale nationale.     

  • Écoutez le PDG de la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec avec Benoit Dutrizac à QUB Radio:   

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«Ça serait vraiment plate de devoir fermer les karaokés. Avec les bonnes mesures, et je pense qu’ici Au Vieux St-Hubert il y en a, il n’y a pas de problème à chanter», ajoute Elyanne Gauthier.

Les clients, qui doivent demeurer assis, peuvent en acheter sur place.
Les clients, qui doivent demeurer assis, peuvent en acheter sur place. Photo Martin Alarie

Sa propre mousse de micro

Selon ce qu’a pu observer Le Journal lors de son passage jeudi dans cet établissement, les chanteurs doivent amener leur propre mousse pour le micro. Ils peuvent s’en procurer une au coût de 3 $. 

Ils performent assis sur un tabouret et il n’est pas question de créer un attroupement sur la piste de danse. Le micro est nettoyé après chaque prestation.

«Ce n’est pas comme d’habitude. Chanter assis, c’est différent. On ne peut pas danser, bouger et faire nos folies habituelles. Mais je préfère ça que rien du tout», dit Mme Ducharme, qui fréquente plusieurs fois par semaine ce bar du Quartier Latin.

Les clients ne sont pas les seuls à être inquiets à cause des paroles du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, qui songe à interdire les karaokés à la suite de l’éclosion à Québec.  

  • Écoutez Hugo Meunier, journaliste et grand amateur de karaoké, avec Geneviève Pettersen à QUB radio:   

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La propriétaire du bar karaoké Au Vieux St-Hubert, Stéphanie Morin, est vraiment «dégoûtée et fâchée» par les récalcitrants qui n’écoutent pas les consignes.

Elle trouverait dommage d’ailleurs que tous les établissements écopent pour une poignée d’endroits qui n’en font qu’à leur tête, suggérant que des inspecteurs fassent le tour des bars plus souvent.

Quant à ses clients, ils disent avoir confiance dans les mesures sanitaires mises en place.  

  • Notre collaborateur du jour, Thomas Leblanc, discute de la situation à QUB Radio:  

«Peu importe l’activité, tant qu’il y a des bonnes consignes, je ne vois pas d’inconvénient», estime le musicien Mathieu Legault-Forest.

Photo Martin Alarie
Photo Martin Alarie

Fini à Québec

Dans la ville de Québec, plusieurs ont même préféré raccrocher leur micro pour le moment. Un seul des établissements contactés par Le Journal offre toujours les soirées karaoké. Il s’agit du Bar Zotti, sur le boulevard de l’Ormière.

D’autres n’ont jamais réintégré cette activité depuis la réouverture des bars.

«C’est plus facile de faire respecter la distanciation sociale ainsi. Les gens se seraient levés pour danser. Et se partager un micro près de la bouche, ce n’est pas l’idéal. Même si on se prive d’un revenu important, il faut faire les choses autrement pour passer à travers la pandémie», confie Sylvain Janelle, propriétaire du bar Ô Saint-Fred, à Drummondville, dans le Centre-du-Québec.

– Avec Guillaume Cyr, Agence QMI et Martin Lavoie, Le Journal de Québec

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