Passeport vaccinal: le «noui» ne peut pas durer


Joseph Facal
Récapitulons. Le gouvernement Legault voudrait que tous les Québécois aient reçu leurs deux doses d’ici au 1er septembre.
Si l’objectif est atteint, il ne serait pas nécessaire d’introduire un passeport vaccinal.
Un passeport vaccinal, en gros, c’est votre preuve, au moyen d’un code QR scanné par un lecteur numérique, que vous avez bien reçu les deux doses.
Retard
Pourquoi alors évoquer la possibilité de l’introduire si... ?
Tout simplement parce que le gouvernement fait deux constats.
Le premier constat est que l’objectif d’avoir doublement vacciné toute la population à la date fixée risque fort de ne pas être atteint.
Ce sont surtout les jeunes qui se font tirer l’oreille pour des raisons qui me mettent de mauvaise humeur seulement en y pensant.
Le problème est que, légalement, on ne peut forcer quelqu’un à se faire vacciner, et tant pis si les nouveaux cas de contamination repoussent des dizaines de milliers de chirurgies.
Ils s’en foutent totalement.
Imaginez la rentrée scolaire que cela dessine si on n’agit pas maintenant.
Le second constat est que plusieurs pays sont déjà aux prises avec une recrudescence des contaminations, et que tout ce qui survient ailleurs arrive chez nous inévitablement.
Comme personne ne souhaite un nouveau reconfinement généralisé, ce passeport serait un moyen de permettre le maintien d’une vie relativement normale si on accepte la double dose.
Si on ne l’accepte pas, pas d’admission dans les gyms, bars, cinémas, stades, etc.
J’entendais un jeune dire que l’introduction de cette procédure ferait naître de fausses cartes, comme celles que tant de jeunes utilisent pour entrer dans des lieux qui exigent un contrôle fondé sur l’âge.
C’était naïf de sa part dans la mesure où le gouvernement envisage un système reposant sur une vérification dans un fichier central dans lequel seraient stockées les identités de tous les vaccinés.
Mais ça donne une idée de certaines mentalités.
Nous avons appris à la dure qu’il y a des gens imperméables, complètement imperméables, totalement bouchés à tout appel à la raison, à la solidarité, au respect d’autrui.
C’est moi, moi, moi et rien d’autre.
En passant, imaginez les coûts pour la société de fournir ces lecteurs à tous les commerçants qui devraient effectuer ces contrôles.
Imaginez la complexité logistique de leur distribution.
Mais comme certains se foutent de tout depuis le début, les chances de voir surgir chez eux une responsabilisation tardive sont faibles.
Oui
Jusqu’ici, le gouvernement est dans le « noui » : oui si nécessaire, non si pas nécessaire.
D’autres pays n’attendent pas et vont déjà de l’avant : pas de preuve, pas d’accès.
La mise en place de ce passeport demandera du temps. Or, le temps presse.
La décision de l’introduire ou pas devra donc être prise très rapidement.
Il ne faut pas le voir comme une menace ou comme une entrave à la vie normale.
C’est au contraire une façon d’accélérer le retour à la normale... pour ceux qui auront accepté les règles du bon sens et du civisme.