Patricia Paquin n’a jamais eu peur de vivre de nouvelles expériences

Le livre «Copeaux de coco: Fragments d’une vie pas ordinaire» est disponible en librairie.

Daniel Daignault

2025-09-25T10:00:00Z

Patricia Paquin entame l’automne sur une note positive avec plusieurs projets: la présentation de son livre, Copeaux de coco: Fragments d’une vie pas ordinaire, une apparition à l’émission La chaîne musicale sur ICI Musique et l’annonce d’une nouvelle série documentaire intitulée La mi-temps qu’elle coanimera avec son amie Jessica Barker. Voici notre rencontre avec cette artiste qui fait partie intégrante de notre paysage médiatique depuis déjà plus de 50 ans.

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Patricia, comment t’est venue l’idée de faire ce livre?

Ça s’est fait en plusieurs étapes. C’est quelque chose qui me trottait dans la tête depuis un bon moment, quand j’écrivais mes éditos du magazine MOI&cie. Je me souviens qu’une lectrice m’avait dit: «Moi, c’est la première chose que je lis quand j’ai le magazine entre les mains. J’aime tes petites histoires: c’est comme si tu nous parlais.» Déjà, j’avais eu une petite étincelle. Je m’étais dit que je pourrais écrire de petites histoires parce que ça semblait intéresser les gens. Une deuxième petite lumière s’est allumée quand j’ai lu le livre de Stéphane Rousseau, Famille royale. Ç'a été pour moi un élément déclencheur parce que Stéphane s’est livré avec beaucoup de transparence, et surtout avec humour, sur sa vie personnelle. J’avais trouvé ça très intéressant. Enfin, il y a eu la dernière étape, le décès de mes parents coup sur coup, en neuf mois, et c’est là que mon livre a vraiment pris sa forme.

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Tu as commencé à écrire dans une période plutôt difficile...

Oui, c’est vrai. Quand je me suis mise au travail, le fil conducteur a été la rencontre de mes parents et leur départ. J’ai commencé à mettre sur papier des anecdotes et, comme ma mère n’était pas encore partie, elle a pu me raconter plein de choses. Les faits qui figurent dans le livre sont des moments bien précis, et ce ne sont pas des éléments inventés.

En écrivant ce livre, as-tu pensé qu’il allait permettre à tes enfants de mieux te connaître et de connaître aussi leurs grands-parents?

Non. Le point de départ a vraiment été le fait que mes histoires et mon parcours semblaient intéresser les gens. Mais c’est seulement en écrivant la dernière partie du livre, après avoir pris mon envol, que j’ai réalisé à quel point cela constituait finalement un beau legs pour mes enfants, mes neveux et nièces.

Est-ce que tes proches, à commencer par Benjamin, Gabriel et Florence, étaient curieux de savoir ce que tu écrivais?

C’est drôle parce qu’il faudrait demander à mes enfants quel est mon métier. Je serais curieuse de savoir ce qu’ils répondraient, car ils me voient constamment travailler et accomplir mille et une choses. Je pense qu’ils diraient que je suis animatrice. Mais pour eux, je dois ressembler à une saltimbanque, puisqu’ils me voient partir pour deux semaines faire une émission avec Francis Reddy en Équateur, ou participer à Sortez-moi d’ici!, à des quiz, à des émissions de radio ou encore présenter des spectacles sur scène. Ça en fait beaucoup!

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Et toi, avec la carrière que tu as menée et tout ce que tu as fait, quelle est ta plus grande fierté?

Ç’a toujours été de faire des choses qui n’ont aucun rapport entre elles et qui me permettent de vivre des expériences. Je ne suis pas drivée par la peur ni préoccupée par ce que les gens vont penser. Si on me dit: «Ouvrons un café!» OK, pas de problème. «Courir un marathon?» OK, pas de problème. «Monter sur scène même si je ne suis pas humoriste?» OK. Je ne me suis jamais laissé arrêter par la peur. Remarque, ça relève peut-être d'une certaine naïveté aussi, mais ça a toujours joué en ma faveur dans ma vie.

Ta mère était comme ça aussi...

À la base, ça me vient d’elle. Ma mère ne disait jamais non, peu importe ce qu’on lui demandait. Elle a eu son studio artistique pendant 40 ans: le Studio Matteau-Paquin. On lui demandait toutes sortes d’affaires, et elle était toujours partante. Comme lors de l’ouverture d’une piscine publique dans Hochelaga-Maisonneuve où mes sœurs et moi avions eu à faire un défilé de mode et... de la danse aquatique! (rires) Ma mère disait tout le temps: «On va accepter la proposition, on verra après. On va trouver des solutions». Moi, dans la vie, je dis pareil: on va trouver des solutions, ça va m’amener ailleurs.

Quelle a été la réaction de Louis-François quand tu lui as parlé de ce projet de livre?

Louis-François me laisse vivre toutes mes affaires sans jugement. Il me donne l’espace nécessaire pour m'épanouir et il est toujours là pour m’appuyer. Combien de gars accepteraient que leur blonde parte en tournée avec son ex? Chaque fois, c’est de la gestion pour lui, pour notre famille et notre vie personnelle. Jamais il ne m’a dit: «Es-tu sûre?» Un jour, quand je lui ai annoncé que j’allais faire un demi-marathon, il m’a regardée avec un petit rire en coin. Il m’a expliqué plus tard: «Ce n’est pas parce que j’ai ri de toi ou que je ne te croyais pas.» Il me le dit toujours quand quelque chose le surprend, surtout quand l’idée sort de nulle part. J’aime provoquer les choses, aller de l’avant sans trop me poser de questions. Par exemple, quand on a déménagé à Saint-Jean-Baptiste, on a commencé à filmer nous-mêmes notre quotidien. On n’avait ni producteur, ni diffuseur. On a fait tout le processus à l’envers. Parfois, se mettre en action fait en sorte que les choses bougent. J’espère que le livre donnera aux lecteurs l’envie d’aller de l’avant, d’oser.

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Julien Faugere / TVA Publications
Julien Faugere / TVA Publications

Tu évoquais récemment ta mère qui t’avait confié certaines choses. Était-elle enthousiaste à l’idée que tu écrives ce livre?

Je ne crois pas qu’elle ait dit: «J’ai hâte que tu le finisses pour pouvoir le lire», mais ma mère, si elle avait vécu à l’ère d’Instagram, elle aurait certainement tout documenté, parce que je ne suis pas tombée loin de l’arbre. Elle nous a mis en avant toute sa vie, et pour elle, le fait que j’écrive un livre ne l’inquiétait pas par rapport aux révélations familiales. Elle n’avait aucun problème à ce que les gens connaissent ses petits travers. Si elle avait pu le lire, elle aurait probablement dit: «Ah! Ce n’est pas si pire que ça.» Je ne voudrais pas que les gens pensent que j’ai exagéré en racontant certaines choses, car rien n’est exagéré. Et elle trouverait assurément cela drôle.

As-tu quand même eu, en cours de route, certaines hésitations à révéler des choses?

C’est certain qu’en retournant dans mon enfance, il y avait une sorte de détachement. Mais après le décès de mes parents, il y avait quelque chose d’émotif à écrire sur le sujet. Je me suis interrogée sur ce que je devais partager ou non. J’ai fait preuve de pudeur envers ma famille et vérifié certains éléments personnels. Par exemple, j’ai demandé à ma sœur Caroline, atteinte de sclérose en plaques, si elle acceptait que j’en parle. J’ai pris soin de m’assurer que tous approuvaient ce que j’avais écrit, par respect pour eux. J’ai même appelé un de mes ex pour lui lire un passage le concernant. Il a beaucoup ri et m’a demandé s’il recevrait des redevances! Il était heureux pour moi. Cela dit, en ce qui me concerne personnellement, je n’ai pas voulu m’autocensurer.

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Ça prend quand même pas mal de mémoire pour se rappeler plein de choses de son enfance et de son adolescence...

Je vais t'avouer que je n’ai pas beaucoup de mémoire. Par contre, je suis une archiviste exemplaire en ce qui concerne mes photos. Je retourne souvent dans mes albums, parfois simplement pour voir comment j’étais habillée. Toutes mes photos sont imprimées et classées dans l’ordre. Outre ça, ma sœur Dominique écrit. Mais pas juste un peu, toute sa vie est écrite, et avec elle, c’est encore plus précis. Quand je lui ai demandé si elle se rappelait quel jour j’avais passé mon audition pour Chambres en ville, elle a consulté l’un de ses livres et elle a pu me dire à quel moment c’était, ce qu’elle avait mangé et la température qu’il faisait! Ce n’est pas des blagues! C’est beaucoup avec elle que je corroborais des faits, des dates et des histoires pour être certaine de ne pas faire d’erreurs. Elle est phénoménale! Mais tu sais, quand tu vis quelque chose, tu ne comprends pas sur le coup que c’est spécial ou que ça n’a pas de sens; c’est après coup que tu as ces réflexions-là. C’est ce qui m’est arrivé au fil de l’écriture.

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As-tu l’impression qu’en lisant ton livre les gens vont souvent se dire: «Ben voyons donc!»?

Je l’espère! Comme lorsque je lisais le livre de Stéphane Rousseau. Jusqu’à maintenant, on me dit que c’est très divertissant et inspirant, que c’est doux, que ça fait du bien, et que ça donne envie de se laisser aller à vivre des expériences et à aller de l’avant. Ce sont les commentaires qui reviennent le plus souvent. Je pense aussi que ça se lit super bien parce que les chapitres sont courts.

En revisitant plein de moments de ta vie pour ce livre, quel a été le constat que tu en as fait?

Que j’ai vécu bien des affaires variées, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. En écrivant, j’ai réalisé que j’ai eu de belles opportunités et que j’ai vraiment été privilégiée. J’ai fait de la télé, de la radio, des magazines, des spectacles et des émissions qui m’ont permis de voyager. J’ai été chanceuse, j’ai eu un parcours assez formidable. Ce côté de moi, de ne pas trop me prendre la tête pour tout et rien, fait en sorte que je vis dans l’appréciation et que je n’ai pas peur de l’avenir. En fait, je pense que j’ai un caractère assez easy going - je suis une femme qui ne s’en fait pas trop avec la vie, et ça, c’est un héritage que j’ai reçu.

Quelle a été la réaction de ta sœur Dominique quand elle a lu ton livre?

Elle a été ma première lectrice et elle m’a dit: «C’est sûr que moi, ça vient m’interpeller, c’est ma vie, ce sont toutes des choses que je connais.» Elle a trouvé ça bon, elle a pleuré, évidemment, parce que quand on arrive vers la fin du livre, c’est sûr que ça fait remonter des émotions.

Si tu pouvais revivre un moment que tu racontes dans le livre, lequel choisirais-tu?

Ce serait le jour de mon mariage. J’en ai vraiment bien profité, j’ai eu du plaisir, ç'a été une soirée formidable, et j’étais enceinte. Tout le mariage était mémorable. La présence de Charlotte Cardin et Marc Hervieux... Quand j’y repense, je me dis: «Wow! On avait mis le paquet!» J’ai tout aimé de cette journée-là, et je revivrais ça demain matin.

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