Père de deux filles, Martin Laroche se confie sur ce qu’elles lui ont appris

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-01-27T11:00:00Z

Martin Laroche, acteur depuis plusieurs années dans divers projets, risque de nous émouvoir et de nous marquer avec sa prochaine intrigue dans Indéfendable. Fan de vins et papa de deux filles, il jouit d’une vie personnelle bien remplie, ainsi que d’une belle carrière professionnelle.

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Parle-moi de l’intrigue dont tu fais présentement partie dans Indéfendable.

Je joue un père de famille qui travaille dans le domaine de l’économie et qui est très occupé entre Québec et Montréal. Il a deux enfants et une femme. À son retour d’un voyage, il apprend qu’un de ses fils a tué sa mère et son autre enfant. Vous pouvez imaginer que ça commence très fort, avec beaucoup d’émotion. Étant moi-même père de famille, je comprends la tragédie: le monde s’arrête. Ça reste son bébé, mais son premier réflexe est de le voir comme un monstre. Il est dans l’incompréhension totale, mais il retourne aussi l’événement contre lui en se blâmant de ne pas avoir été assez présent pour son fils. C’était un scénario incroyable à jouer.

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Comment as-tu plongé dans d’aussi grandes émotions?

Je n’avais jamais eu à aller aussi loin dans la tragédie. C’était un vrai beau défi d’acteur d’essayer de me mettre dans une telle situation. Sur un tournage comme celui-ci, ça roule très vite, donc il faut arriver sur le plateau en étant très bien préparé. Certaines scènes me stressaient plus que d’autres, mais tout s’est fait naturellement: l’émotion était au rendez-vous à chaque prise. On m’a demandé: «Veux-tu que je te souffle dans les yeux? Veux-tu que je t’arrache un poil de nez pour t’aider à pleurer?» Finalement, j’ai simplement utilisé l’histoire à chaque scène, en me replongeant dans mes émotions. Les réalisateurs m’ont pratiquement donné carte blanche, et c’était un privilège.

Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

On pourra également te voir dans Alertes cet hiver. Comment décrirais-tu ton personnage dans cette série?

Je joue Claude, surnommé «Claude des RH» sur le plateau. Vous l’avez compris, je suis directeur des ressources humaines. C’est moi qui pilote les dossiers d’embauche. Je ne fais pas partie d’une intrigue en tant que telle. Claude est vraiment cool, c’est un personnage plaisant que l’escouade aime bien. Il pourrait faire du trouble, mais il est respectueux de l’autorité et ne causera pas vraiment de problèmes. C’est donc un personnage qu’on pourrait voir sur le long terme... à suivre.

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Tu fais aussi partie de la troupe du théâtre de l’Ancien Presbytère, à Granby, depuis trois ans. Est-ce devenu une tradition?

Je ne reviens pas cet été parce que la pièce est composée de beaucoup de femmes, donc je n’avais pas ma place, mais on risque fortement de me revoir l’année prochaine. Le directeur du théâtre, qui fait aussi la mise en scène, est Martin Gougeon, que j’ai connu à l’école à Sainte-Thérèse. Ça fait trois ans que je suis de la distribution de ses pièces. C’est du théâtre d’été toujours bien écrit, avec des thèmes super intéressants à développer. J’habite tout près, donc ce n’est pas compliqué pour moi d’y passer une partie de mon été, et j’ai une très belle relation avec Martin.

Tu es autant appelé à faire de la comédie que du drame. C’est une belle palette pour un acteur!

En tant qu’acteur, on apprécie ne pas être cantonné à un type de rôle. C’est le propre d’un comédien d’interpréter des choses qui ne se rapprochent pas de son quotidien. Dans le contexte actuel, on ne peut pas lever le nez sur les projets qu’on nous offre, mais je me sens très privilégié. Ça reste un jeu, mais on essaie d’être le plus vrai possible dans toutes nos interprétations. Par contre, je joue toujours les gentils et j’aimerais bien camper un gros méchant, quelqu’un qu’on aime haïr. C’est ce que je peux me souhaiter pour la suite.

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Tu es également un passionné de vins! D’où vient cet intérêt?

Je suis un grand fan et j’ai maintenant beaucoup de connaissances. J’ai même étudié à l’ITHQ et je suis devenu sommelier. C’est une vieille passion qui a commencé jeune, même si ça ne s’y prêtait pas tant! (rires) Mon frère a commencé à faire du vin. Il n’a pas tellement eu de succès, mais j’aimais voir le fonctionnement et les procédés. À 16 ans, j’avais le guide du vin de Michel Phaneuf et je prenais des notes sur les prix et ses coups de cœur. En 2018, je me suis lancé: dans une période plus tranquille, je me suis inscrit à l’ITHQ à quelques jours de la rentrée. Je n’aurais jamais pensé aimer autant ça.

Quelle place la sommellerie prend-elle dans ta vie en ce moment?

Je suis animateur des ateliers SAQ depuis trois ans. Ce sont trois cours de trois heures chacun, ouverts à tous. On y parle de la technique de dégustation, des accords mets-vins, des grands producteurs, etc. C’est idéal pour moi puisque ça allie mes deux passions. J’ai aussi une page, qui s’appelle Marvin, pour mes activités personnelles d’événements privés ou corporatifs. Ça reste une réelle passion et je continue à rester curieux, à en apprendre davantage. Je ne compte pas mon temps quand on parle de vin.

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Tu es papa de deux filles. Comment vont-elles?

Elles vont bien. Ma plus grande a 15 ans, et c’est une adolescente dont je suis très fier. Ma plus jeune vient d’avoir 10 ans. Les deux mûrissent en beauté. Pour un papa, c’est difficile d’espérer mieux. Elles sont allumées, rayonnantes, et je suis en amour avec elles. Elles n’ont pas la même mère et ont un bon écart d’âge, mais elles s’entendent bien. Je vois ma plus vieille tracer le chemin pour sa sœur, et c’est un modèle pour elle, ce qui m’émeut beaucoup. On est quatre enfants chez moi et j’ai une sœur plus jeune avec qui j’ai six ans de différence. On ne s’est jamais lâchés et je suis heureux de voir que mes filles semblent prendre ce chemin aussi.

Qu’est-ce que tes filles t’ont appris?

Elles m’ont surtout appris la patience. J’essaie d’être présent le plus possible pour elles, d’être à l’écoute et de garder le dialogue ouvert. J’ai eu une enfance heureuse, mais on n’était pas les meilleurs pour dire les choses. Mes filles m’ont forcé à apprendre à m’exprimer davantage, surtout avec une adolescente. Je ne veux m’immiscer dans rien, mais je veux qu’elles sachent que je serai toujours présent. Elles m’ont aussi enseigné la tolérance. Avoir des enfants, c’est comme se regarder dans le miroir. J’essaie d’être le plus tolérant possible. Pas pour que leur chemin soit sans embûches — il faut faire des erreurs pour apprendre —, mais pour les aider du mieux que je peux.

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Ont-elles un côté artistique?

Pas vraiment, et c’est bien correct aussi. Je veux qu’elles trouvent leur propre chemin. Ma deuxième semble avoir un côté artistique, mais elle dit qu’elle ne serait pas comédienne. Ma plus vieille, je la vois bien devenir architecte: elle adore dessiner et est très disciplinée, droite. Je ne force rien, je lui ai simplement lancé l’idée, mais mon père en était un et ça serait beau à voir. L’important est d’être une bonne personne, bien formée, éveillée et ouverte. Je suis allé à contre-courant en devenant acteur et j’ai inquiété mes parents, donc je ne pourrais pas donner de leçons.

Tu es avec ta conjointe, Caroline, la mère de ta deuxième fille, depuis 13 ans. Comment alliez-vous la culture vietnamienne et québécoise à la maison?

Ma conjointe est arrivée au Québec quand elle avait cinq ans, donc elle se considère très québécoise. Son père s’est remarié avec une femme d’ici et elle a deux autres frères et sœurs. C’est sa demi-sœur, ceinture noire en taekwondo, qui a donné la piqûre des arts martiaux à ma fille. Caroline travaille dans le milieu de la publicité, mais on ne s’est pas rencontrés dans le cadre du travail. On essaie surtout de transmettre la culture vietnamienne par la nourriture. Ma blonde a quelques recettes typiquement vietnamiennes, même si c’est principalement moi qui cuisine à la maison. Même en famille, on aime se lancer des défis culinaires. Elle a songé, pendant un moment, à ouvrir une petite place à bánh mì. On essaie de cultiver la diversité et l’ouverture chez nos filles, tout simplement.

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Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Qu’est-ce qui s’en vient prochainement pour toi?

On me verra prochainement dans la nouvelle saison de Plan B, avec Pierre-François Legendre. Sinon, en mars, je serai sur scène avec l’OSM pour un théâtre jeunesse intitulé Le Carnaval des insectes. J’interprète un exterminateur: voilà donc ma chance de jouer un méchant! (rires)

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