Des pompiers du Québec de retour après un dur combat
Ils sont allés en Colombie-Britannique où plus d’un millier de brasiers ont fait rage

Laurent Lavoie
Une centaine de pompiers forestiers du Québec qui ont été au front pendant de longues journées pour combattre les incendies en Colombie-Britannique reviennent dans la province aujourd’hui avec le sentiment du devoir accompli.
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« C’est une belle expérience parce qu’on a le sentiment d’aider. C’est une situation vraiment critique », a indiqué Louna Payette-Brisson, 34 ans.
Elle a fait partie d’une équipe de 20 volontaires de différentes bases au Québec qui ont été déployés entre les villes de Kelowna et Kamloops.
Durant 14 jours, ils se sont assurés que les incendies qui ont ravagé les forêts étaient bel et bien maîtrisés.
« Souvent, c’est plus de la terre qui brûle et on va consolider certaines sections du feu qui sont plus tranquilles », a résumé le pompier Hugo Morency Dansereau, 27 ans.
Plus de 1400 brasiers ont été recensés depuis le début de l’année en Colombie-Britannique, surpassant la moyenne annuelle de 1356 dans la dernière décennie.
Selon les plus récentes estimations des autorités, ces incendies ont brûlé pas moins de 580 000 hectares cette année. C’est presque 12 fois la superficie de l’agglomération de Montréal.
Pression
Pour freiner la progression des flammes, les sapeurs ont enchaîné des journées de travail de 12 heures dans une température allant jusqu’à 39 °C à l’ombre.
« Quand on revient le soir, on a juste le temps de se doucher, manger, relaxer un peu, et hop ! dans la tente », a raconté Mme Payette-Brisson.
« C’est surtout vers la fin [du déploiement] que la fatigue commence à se faire sentir », a ajouté M. Morency Dansereau.
Ces soldats du feu doivent composer également avec le stress qu’occasionne leur environnement.
« Tu travailles dans un contexte où le niveau de danger est présent. Chaque geste compte entre sortir du feu avec blessé ou non », a souligné la pompière.
Différentes techniques
Autre province, autre réalité.
Les pompiers forestiers québécois n’ont eu d’autre choix que d’adapter leurs techniques, notamment en raison du moins grand nombre de sources d’eau.
« On doit travailler avec plus d’outils manuels. C’est plus énergivore », a expliqué Hugo Morency Dansereau.
Les pompiers ont utilisé notamment le « Pulaski », un instrument qui est moins employé au Québec, ayant la forme d’un marteau, qui compte une hache et une herminette.
La polyvalence de ce puissant outil permet notamment de fendre du bois, d’enlever des racines et de creuser des tranchées pour combattre les incendies.
Causes suspectées des incendies en Colombie-Britannique
- Éclairs : 780 (54,9 %)
- Humains : 455 (32 %)
- Inconnue : 187 (13,2 %)
Source : B.C. Wildfire
L'aide du Québec
- 113 pompiers forestiers
- 1 équipe de gestion de feux majeurs
D’autres ressources d’ici sont utilisées ailleurs au pays, dont au Manitoba.
Source : SOPFEU