Pourquoi a-t-on froid en hiver et comment bien se protéger?

Après les réjouissances, l’hiver s’installe avec ses températures mordantes. Mais pourquoi a-t-on froid? Et surtout, comment bien se protéger? Dans sa chronique du 3 janvier 2026, le chimiste Normand Voyer nous éclaire sur la science du froid et des vêtements d’hiver. 

Un corps conçu pour le climat tempéré

L’être humain est physiologiquement adapté à un climat modéré. Notre zone de confort se situe entre 22 et 25 °C. Pour combattre la chaleur, notre corps est très efficace grâce à la transpiration. En revanche, pour faire face au froid, nous sommes beaucoup moins bien outillés.

Nous possédons tout de même quelques mécanismes naturels: manger et digérer produit de la chaleur, bouger active les muscles, qui génèrent de l’énergie thermique, et grelotter crée de la chaleur par des contractions musculaires involontaires. Mais lorsque le froid devient intense, ces réactions ne suffisent plus.

L’importance des vêtements d’hiver

Quand les températures chutent, les vêtements deviennent essentiels. Un bon manteau d’hiver repose sur un principe simple mais efficace: le système des trois couches.

La couche intérieure

La couche qui est en contact avec la peau doit permettre à l’humidité de s’échapper. Même par grand froid, on transpire. Des tissus synthétiques comme le polyester sont idéaux, car ils n’absorbent pas l’eau et sèchent rapidement.

Publicité

La couche extérieure

La couche externe sert de barrière contre le vent, la pluie et la neige. Les matériaux synthétiques tissés très serré empêchent l’eau de pénétrer tout en laissant s’échapper la vapeur d’eau. On parle alors de tissus imperméables et respirants.

La couche isolante

Entre les deux se trouve la couche isolante, la plus importante. Son rôle est de retenir l’air, l’un des meilleurs isolants thermiques connus. C’est ce principe qui rend efficaces la bourre de polyester, le duvet ou certaines fibres naturelles.

Duvet, laine et nouvelles fibres naturelles

Le duvet d’oie possède une structure unique qui capture énormément d’air tout en demeurant léger et résistant à l’humidité. La laine isole aussi très bien, mais elle absorbe davantage l’eau, ce qui peut réduire son efficacité.

D’autres matières naturelles comme l’asclépiade, une plante abondante au Québec, gagnent en popularité. Ses fibres creuses et hydrophobes en font un isolant performant, écologique et renouvelable.

Mythes, adaptation et bonnes habitudes

Contrairement à la croyance populaire, on ne perd pas 80% de notre chaleur par la tête: on perd de la chaleur par toutes les parties exposées. D’où l’importance de se couvrir adéquatement la tête, les mains et les pieds.

Bonne nouvelle: on peut s’habituer graduellement au froid. En abaissant légèrement le thermostat et en s’exposant raisonnablement, le corps s’adapte et les économies d’énergie suivent.

Publicité