Voici pourquoi Eve Landry tient ses enfants loin des écrans et des réseaux sociaux

Sabin Desmeules

2026-02-19T11:00:00Z

Si on la voit à l’écran, Eve Landry fait un usage limité de la télé à la maison. Pour elle et pour les siens. Et elle s’éloigne des réseaux sociaux et en tient ses enfants éloignés. Elle croit que ça ne peut qu’être bénéfique pour eux !

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C’était tout naturel pour Eve Landry d’accepter de devenir marraine de cette 29e édition du Festival International des Films pour Enfants de Montréal (FIFEM)! « Je participais déjà et j’ai vu à quel point mes enfants étaient galvanisés par ce festival-là, à quel point ils l’attendaient ! Chaque fois que je leur rappelais que ça s’en venait, ils étaient vraiment contents ! »

Lorsqu’elle-même était enfant, quels films ont marqué Eve Landry ? « Mes parents n’achetaient pas et ne louaient pas de films pour enfants, sauf les Contes pour tous. Je les ai tous vus ! On consommait énormément de ce qui se faisait ici, au Québec. Et tous les films pour enfants qui passaient à la télé, je les enregistrais et je les réécoutais. » Son favori des Contes pour tous était La grenouille et la baleine. « Je le regardais en boucle à la maison. Et, encore aujourd’hui, je laisse les enfants l’écouter une fois de temps en temps. »

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Ses classiques deviennent ceux de ses enfants

Eve a transmis à Frédérique, neuf ans, et Louis, qui en aura huit en mars, son amour pour les classiques du cinéma de son enfance. « Les films d’été en région me parlent beaucoup. Ça me rappelle vraiment mon enfance à moi ! Sinon, je réécoute souvent avec mes enfants Labyrinthe, avec David Bowie. Celui-là, ils l’aiment beaucoup, beaucoup ! Et c’est sûr qu’on regarde La Guerre des tuques à Noël ! Mes enfants attendent Ciné-Cadeau autant que moi, maintenant. Les Astérix et tous les films de Ciné-Cadeau, ils embarquent là-dedans, comme moi ! » Dans les œuvres jeunesse plus récentes, la maman se réjouit qu’ils aient beaucoup aimé Coco Ferme et Ma belle-mère est une sorcière!

Une image qu’elle aimerait casser

Enfant, elle rêvait de jouer dans La grenouille et la baleine. Aujourd’hui, elle aimerait incarner une maman un peu magique. « Pas Ma belle-mère est une sorcière, pas ce côté magique là, mais vraiment le côté joyeux d’une maman qui fait rêver et qui amène ailleurs. Il faudrait que je l’écrive, en fait. Une Mademoiselle C version maman, ça, j’aimerais vraiment ça ! » Mais on ne pense pas à elle pour ce genre de rôles. « On me voit beaucoup dans des rôles plus dramatiques et dans des postures un petit peu plus protocolaires ou bad-ass, pour l’instant. Soit je joue la fonction, soit je joue celle qui a contredit la fonction. Mais j’ai hâte d’incarner des rôles de mère à l’écran ! Oui, ça, j’ai très, très hâte ! »

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Des livres plutôt que des écrans

Si on peut voir en grande partie le fruit de son travail à l’écran, chez elle, ironiquement, il n’y a pas de télé dans les pièces principales. « On en a une dans le sous-sol. Et ma belle-mère habite avec nous, en bigénérationnel. Elle, elle a une télé dans son salon, précise-t-elle. Les enfants ne consomment pas de télévision la semaine, c’est proscrit, pour avoir le moins de temps d’écran possible. Ils n’ont pas d’ordinateur non plus, ils n’ont pas de tablette ni rien de ça pour l’instant... Un jour, on sera bien obligés d’embarquer dans le bain pour qu’ils aient des amis  ; j’ai l’impression que ça passe par là maintenant. Mais on verra rendus là, quand on sera à la rivière. La semaine, ce sont des livres, beaucoup. Ils ont chacun une énorme pile de livres à côté de leur lit, que je vais chercher à la bibliothèque et, toutes les deux semaines, je vais en rechercher des nouveaux. » Ils écoutent aussi des livres audios. La maman privilégie toujours des œuvres québécoises.

Puis, la fin de semaine, ils ont le droit à la télé. « C’est dosé. Ils savent que s’ils écoutent un film en après-midi, ils n’ont pas le droit d’en regarder un le soir. »

Elle les emmène parfois au ciné. « Dès qu’il y a un film pour leur âge qui sort au cinéma, on essaie d’aller le voir. »

Eve leur a fait regarder l’émission jeunesse Salmigondis, dans laquelle elle a joué. « Ils ne me reconnaissaient pas », se souvient-elle, amusée.

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Eve avec son conjoint, Jérémie, et leurs deux enfants, Frédérique et Louis, lors d’une sortie en famille à l’automne 2025.
Eve avec son conjoint, Jérémie, et leurs deux enfants, Frédérique et Louis, lors d’une sortie en famille à l’automne 2025. Dominic Gouin / TVA Publications

Pas facile de regarder ses camarades !

Si elle adore consommer de la culture locale, Eve avoue avoir du mal à regarder des séries québécoises. « J’ai de la misère à écouter des fictions québécoises avec des acteurs de mon âge. » Elle s’explique : « Ce sont mes amis, ça fait que j’ai de la misère à embarquer. Je trouve ça un peu dur. Je regarde en faisant autre chose, parce que je tiens à voir ce qui se fait. Je veux voir le travail de mes amis et aussi celui des réalisateurs que je côtoie. Mais je ne vais jamais m’asseoir pour écouter une série, je vais m’asseoir pour regarder les films. »

Ses enfants ont la fibre artistique. Son fils, Louis, fait de la danse, et sa fille, Frédérique, est sensible à tout ce qui touche à l’art. « On est très, très artistiques à la maison ! Même mon amoureux, qui travaille pour une entreprise financière, a un côté artistique, fait-elle savoir à propos de Jérémie Lemieux, l’homme qui partage sa vie depuis 13 ans. On a tous les deux fait de l’impro. »

Pour ce qui est des enfants, la maman croit que s’ils sont autant artistes en herbe, c’est parce que la maison est constamment remplie de gens. « Je pense qu’ils ont eu beaucoup d’influence : ce sont souvent des amis artistes qui viennent ici. Je pense qu’ils ont baigné là-dedans. Mon gars, c’est la danse et je n’ai aucun mérite, il a tripé là-dessus. On l’a juste inscrit à un cours et, depuis ce temps-là, c’est sa passion. Une réelle passion ! C’est vraiment ancré en lui. Du côté de ma fille, son imaginaire n’a aucune limite. Il va l’amener n’importe où ! Il faut essayer de la suivre et de la comprendre. Son imaginaire est plus développé que les trois quarts des acteurs avec lesquels je travaille en ce moment. Elle n’a pas le même cerveau que moi. Le sien va plus loin. »

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À quand un docuréalité sur sa vie en bigénérationnel ? « Ça n’arrivera pas. On est très, très, très privés à ce niveau-là. Et ma belle-mère encore plus que nous ! Ça fait que, non, répond-elle, catégorique, même si elle admet avoir eu des offres en ce sens. Je suis justement en train de regarder Les Morin-Perras sous le même toit, le docuréalité de Maripier Morin et Jean-Philippe Perras, qui transforment leur maison en bigénérationnelle. Ils en parlent, eux. Je regarde ça parce que Jipi est un ami à moi. Mais nous, ce n’est pas trop notre genre. Mon chum n’est pas trop là-dedans. Moins on le voit à la télé, mieux il se sent ! On essaie aussi de protéger nos enfants de ça. Je commence à faire des tapis rouges avec eux parce qu’ils me disent oui. Tant qu’ils n’étaient pas capables de me répondre par eux-mêmes, il n’y a pas eu de tapis rouges avec moi. »

Pas de réseaux sociaux

Ne la cherchez pas sur les réseaux sociaux. Depuis un certain temps, Eve Landry n’en a plus. « Je trouvais que c’était une grande perte de temps, admet-elle. En dehors de la promotion de mes spectacles et de mes séries, je n’aimais pas ça. C’était un rapport qui ne m’allait pas bien. (...) Je me perdais là-dedans, j’y passais beaucoup trop de temps et je me rendais compte que je ne lisais plus. Là, j’ai recommencé à lire plein de romans, et ça me rend très, très heureuse ! »

Elle tient aussi ses enfants éloignés des réseaux sociaux. « Ça met une pression, pense-t-elle. Ils ne connaissent pas encore ça et ils se demandaient ce que c’était. Je leur expliquais en leur disant : “C’est là où tout le monde à travers la planète expose ce dans quoi ils excellent pour faire en sorte que ça brille encore plus que dans la réalité.” Je trouve ça difficile pour les enfants. Par exemple, si mon fils voyait juste des gens hyper talentueux faire du break dance, je ne suis pas sûre qu’il aurait eu envie d’en faire, parce qu’il se serait peut-être senti intimidé. »

Eve Landry est marraine de la 29e édition du Festival International des Films pour Enfants de Montréal (FIFEM), qui a lieu du 28 février au 8 mars (fifem.com).

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