Pourquoi faut-il se méfier d’une trêve en Ukraine?
TVA Nouvelles avec AFP
Si l’armée russe a annoncé une nouvelle trêve humanitaire pour mercredi matin afin d’évacuer les civils du pays, une telle nouvelle n’annonce rien de bon pour l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF).
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«Chez Médecins sans frontières on a vu ce genre de situation en Syrie. Ce qui se passe c’est qu’on dit voilà, les populations civiles peuvent sortir, mais après, tous ceux qui ne sont pas sortis, on les associe à des combattants et on va bombarder massivement les civils», explique Michel Olivier Lacharité, responsable des urgences pour MSF, en entrevue sur les ondes de LCN.
Si plus de 2 millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de la guerre, il y a 13 jours, la population du pays frôle les 45 millions de personnes. La majorité a donc choisi pour le moment de rester, et une bonne proportion résiste.

«Si on parle de trêve, c’est extrêmement dangereux. On sait que tous les soignants les personnes qui sont trop âgées, les gens qui ne veulent pas quitter... On l’a vu en Syrie, on l’a vu en Irak, ce genre de trêve c’est souvent un appel d’air à un bombardement massif de zones civiles», déplore M. Lacharité qui craint une reprise plus forte des hostilités après la trêve.
Depuis le début de la guerre, au moins 406 civils ont été tués et 801 blessés, d'après le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU.
L'agence onusienne souligne que ses bilans sont probablement très inférieurs à la réalité.
Dans un entretien diffusé par la chaîne américaine ABC, Volodymyr Zelensky a par ailleurs affirmé ne plus vouloir insister pour obtenir l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, une des questions qui ont officiellement motivé l'invasion russe.

Il se dit prêt à un «compromis» sur le statut des territoires séparatistes de l'est de l'Ukraine dont le président russe Vladimir Poutine a reconnu unilatéralement l'indépendance.
Le parquet général allemand a lancé une enquête sur de possibles crimes de guerre commis par les forces russes en Ukraine.
Peu après, la justice espagnole a annoncé l'ouverture d'une enquête sur des «violations graves du droit international humanitaire» découlant de l'«acte de guerre injustifié» de la Russie en Ukraine.