Dur pour le moral: pourquoi les jeunes sont-ils plus affectés par la pandémie?


Alex Proteau
Avec la pandémie, ce n’est pas toujours facile de garder le moral. Une personne sur trois (38%) âgée de 18 à 34 ans qualifiait en février sa santé mentale de «mauvaise» ou de «très mauvaise», selon un sondage paru dans Le Journal mardi. Mais pourquoi la pandémie frappe-t-elle si fort chez les jeunes?
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C'est que les restrictions sanitaires créent un fort sentiment de solitude chez les jeunes, qui ont davantage besoin d'être entourés et de se retrouver en groupe que les personnes plus vieilles, explique la Dre Mélissa Généreux.

Les mesures sanitaires mises en place pour combattre la pandémie de COVID-19 pèsent donc plus lourd sur leur santé mentale.
«C’est un sacrifice beaucoup plus grand pour les jeunes que pour les adultes», souligne-t-elle.
La spécialiste en santé publique et médecine préventive, qui a mené ses propres recherches en février sur les répercussions de la pandémie, remarque aussi que les jeunes en ont assez des écrans. La technologie ne parvient effectivement pas à compenser leurs besoins de contacts humains.
Les jeunes adultes auraient d’ailleurs du mal à s'adapter aux changements lorsque ces derniers leur sont imposés ou lorsqu’ils sont hors de leur contrôle, comme c'est le cas avec la pandémie.
«C’est un peu ce qui marque le passage de l’adolescence à la vie de jeune adulte. Comme adolescent ou comme enfant, on est sous l’autorité de ses parents. Ce qui caractérise le passage de la vie d’enfant à la vie d'adulte, c’est la capacité à prendre ses décisions et à faire ses choix en fonction de nos valeurs et de ce qui nous définit en tant que personne», affirme la Dre Généreux.
Une pandémie qui laisse des traces
La pandémie va forcément laisser des traces, croit la Dre Généreux, qui s'était notamment intéressée aux impacts psychologiques de la tragédie de Lac-Mégantic. Certains jeunes ont vécu plus intensément les bouleversements de la dernière année et pourraient rester marqués longtemps par la pandémie.
Puisque le début de l’âge adulte est une période où on fait des choix pour notre futur, la pandémie pourrait même avoir modifié les plans d'avenir de certains jeunes. «C'est une année qui n’était carrément pas prévue comme ça et qui vient changer la trajectoire qu'ils étaient censés suivre», a-t-elle soutenu.
La Dre Mélissa Généreux reste malgré tout optimiste pour l'avenir. Elle ne croit pas que la pandémie va créer une «génération de jeunes adultes sacrifiés», même si elle suggère de «les écouter» davantage dans les prochains mois.