Pourquoi pas l’AstraZeneca?

Danièle Lorain
La campagne de vaccination bat son plein. Sur les réseaux sociaux, on s’affiche triomphant en sortant du centre de vaccination. Le bras vacciné se brandit tel un trophée.
– T’as reçu du Pfizer ou du Moderna ?
– Pfizer...
– C’est la Cadillac ! Remarque, Moderna aussi, c’est bon...
Pour un peu, on se pavanerait avec le logo de la pharmaceutique comme avec un vêtement griffé. Tout le monde réclame ces vaccins qui offrent une protection au-dessus des 90 % contre le coronavirus.
Le gouvernement a vite pété notre baloune : chacun recevra le vaccin disponible sur le site de vaccination point final !
Aussitôt qu’on a vu que nos vieux ne devenaient pas fluorescents après la piqûre, on est devenus verts de jalousie. Prêts à tricher sur notre date de naissance pour recevoir la Cadillac des vaccins pendant qu’il en reste en stock.
AstraZeneca ?
Le nom... On dirait un parfum pour homme. Ce produit qui n’offrirait que 62 % d’efficacité commencera à être administré en pharmacie dès demain en Ontario.
On y aura droit au Québec aussi, si ce n’est pas déjà le cas.
Or, on apprend que le Danemark, la Norvège et l’Islande ont écarté ce vaccin en attendant les résultats d’une enquête sur quelques cas d’effets indésirables.
Même si d’autres pays européens emboîtent le pas, on nous assure que ces effets indésirables sont rarissimes.
Le Royaume-Uni a largement administré l’AstraZeneca à sa population et il fonctionnerait très bien.
Entendons-nous. Pour l’heure, plusieurs pays ont décidé de maintenir l’utilisation de ce vaccin.
Aucune pharmaceutique n’a vraiment intérêt à nous rendre malades. Au contraire, chacune a avantage à démontrer l’efficacité de son produit.
Ce qui m’effraie davantage
Demain, l’Italie entreprend un reconfinement national. Fini la dolce vita ! Le pays fait face à une troisième vague.
Alors, n’hésitons pas, s’il le faut, tendons le bras vers l’AstraZeneca ; 62 %, c’est quand même mieux qu’une civière à l’hôpital.