Le plan de relance de Biden franchit l’étape décisive du Sénat

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2021-03-06T14:20:02Z
2021-03-06T22:47:31Z

Après des heures de débats, de négociations frénétiques et un vote marathon sur de nombreux amendements, le Sénat américain a finalement approuvé samedi le plan de 1900 milliard de dollars voulu par Joe Biden pour relancer la première économie mondiale, frappée par la pandémie.

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Le projet de loi a été adopté grâce aux seules voix des sénateurs démocrates, par 50 votes contre 49.

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Le chef de file des démocrates à la Chambre des représentants, Steny Hoyer, a indiqué que le texte serait examiné mardi par la Chambre basse, avant un dernier vote. Majoritaires, les démocrates devraient l’approuver rapidement pour que Joe Biden puisse le promulguer d’ici le 14 mars, avant la suspension prévue du versement d’allocations chômage.

Le président américain a salué le vote au Sénat d’un plan dont les États-Unis ont «désespérément besoin», selon lui, pour sortir de la crise née de la pandémie de coronavirus.

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«Nous avons fait un pas de géant» pour venir en aide aux Américains, a dit, depuis la Maison-Blanche, le chef de l’État, qui avait fait de ce plan de soutien massif l’une de ses promesses de campagne.

«Cette loi va accorder plus d’aides à plus de gens que tout ce que le gouvernement fédéral a fait pendant des décennies», a affirmé le chef des démocrates, Chuck Schumer, juste avant le vote final.

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Le chef de la minorité républicaine, Mitch McConnell, a rétorqué que jamais auparavant le Congrès n'avait dépensé autant d'argent «de façon aussi incohérente ou après un processus aussi peu rigoureux.»

Le plan de relance prévoit notamment des chèques de 1400$ pour des millions d’Américains, ainsi que 350 G$ d’aides aux États et aux collectivités locales.

Il comprend aussi des milliards de dollars pour lutter contre la pandémie, dont 49 G$ pour le dépistage et la recherche, en plus de 14 G$ pour la distribution du vaccin.

Les débats avaient été paralysés pendant plus de neuf heures, vendredi, par l’opposition, signalée en coulisses, d’un sénateur démocrate conservateur à une nouvelle disposition sur les allocations chômage, portant fruit d’un accord soutenu publiquement par la Maison-Blanche.

Ce n’est qu’après un appel de Joe Biden et des concessions que ce sénateur, Joe Manchin, a finalement accordé son soutien à un nouvel amendement, qui prévoit la prolongation d’allocations de 300$ par semaine jusqu’à début septembre, au lieu de fin septembre comme prévu initialement.

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Ce compromis souligne l’immense pouvoir d’une poignée de modérés dans ce Sénat sans majorité confortable. Et ne manquera pas de faire grincer des dents chez les progressistes.

Avec leurs 50 sénateurs, contre 50 républicains, les démocrates peuvent compter sur le vote de la vice-présidente Kamala Harris en cas d’égalité à la Chambre haute, mais ne peuvent se permettre aucune défection.

Les républicains se sont opposés en bloc au plan de relance qu’ils estiment trop coûteux et mal ciblé. L’un d’eux était absent samedi.

«Le peuple américain soutient fermement ce que nous faisons», a assuré Joe Biden lors d'un point presse. «Et c'est ce message que l'on va retenir, y compris nos amis républicains».

Miniboom économique

Invoquant le souvenir de la grande crise de 2008, Joe Biden martèle qu’il faut voir grand pour propulser résolument l’économie vers la reprise, sans risque de rechute.

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Le président avait tempéré ainsi, vendredi, l’enthousiasme créé par de bons chiffres de l’emploi aux États-Unis, un signe pourtant annonciateur d’un miniboom économique au printemps.

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«À ce rythme, il faudra deux ans pour revenir dans les clous» et retrouver le niveau de février 2020, a averti le président des États-Unis, où 18 millions de personnes touchent toujours une allocation, après avoir perdu leur emploi ou vu leurs revenus plonger.

Les bars et restaurants, qui souffrent particulièrement depuis le début de la crise, sont ceux qui ont le plus embauché le mois dernier. L’interdiction de servir en salle a en effet été assouplie dans certaines régions.

Et les entreprises du pays se mettent surtout en ordre de bataille pour le petit boom économique annoncé.

Dès le printemps, la consommation devrait en effet bondir, portée par les aides publiques distribuées depuis le début de la crise qui, couplées aux dépenses en baisse, ont rempli les comptes en banque des Américains, notamment des plus aisés.

Grâce au plan de relance, «je suis sûre que quand nous sortirons de la pandémie, les Américains seront accueillis par une économie solide», a réagi la secrétaire au Trésor Janet Yellen dans un communiqué samedi.

Le projet de 1900 milliards de dollars serait le troisième plan d'aides exceptionnelles approuvé par le Congrès pendant la pandémie.

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