Poussés vers la retraite

En raison du forfait de deux équipes, certains joueurs devront accrocher leurs patins

Photo courtoisie, Gladiators d’Atlanta
Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2020-10-27T00:55:14Z

Pour les jeunes joueurs jamais repêchés, la ECHL constitue souvent la porte d’entrée du hockey professionnel. Des hockeyeurs comme David Desharnais, Yanni Gourde et Alex Burrows y ont fait leurs premiers pas avant de gravir les échelons menant à la LNH.

• À lire aussi: L’équipe de Daniel Brière en danger

Pour d’autres, cependant, c’est le terminus. Le plus haut circuit auquel leur talent leur aura permis de se rendre. Pour des athlètes de cette catégorie, le forfait des Gladiators d’Atlanta et des Admirals de Norfolk risque de sonner la fin des émissions.

« Au sein des équipes qui prendront une pause, les joueurs possédant des contrats de la LNH et de la Ligue américaine seront prêtés à une autre équipe, a expliqué Daniel Brière. Les autres deviendront joueurs autonomes. Ils devront renégocier un contrat d’une saison avant de retourner, l’an prochain, à leur équipe d’origine. »

De prime abord, tout semble baigner. Sauf que, comme le fait remarquer le vice-président aux opérations hockey des Mariners du Maine, 50 joueurs se sont retrouvés sans contrat en même temps. Ce n’est pas la totalité qui se retrouvera un emploi.

« En plus, ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’autres équipes qui vont se retirer pour la saison », a-t-il ajouté, faisant référence au 30 novembre, date limite qu’ont les équipes de la ECHL pour confirmer leur adhésion au circuit pour l’hiver 2020-2021.

Publicité

Samuel Asselin compatit

En 53 matchs avec les Gladiators l’an dernier, Samuel Asselin a récolté 26 buts et autant de mentions d’assistance pour terminer au deuxième rang des pointeurs de son équipe. 

En raison de son contrat à un volet avec les Bruins de Providence, de la Ligue américaine, il n’aura pas de choix déchirant à faire. L’attaquant de 22 ans compatit tout de même avec ses coéquipiers.

« Il y a des gars qui devront prendre une année sabbatique forcée. D’autres devront assurément prendre une retraite prématurée. C’est vraiment plate », a-t-il indiqué.

Sans compter que les salaires accordés dans la ECHL sont dérisoires.

« La plupart des gars qui jouent dans cette ligue le font parce qu’ils ont du fun à jouer au hockey. Mais lorsqu’une chose comme ça arrive, la passion prend une méchante débarque », a ajouté Asselin.

L’Assomptionniste a beau avoir un emploi assuré pour la prochaine saison, il ne sait toujours pas où il jouera.

En raison de ses performances de l’an dernier, et d’un court séjour satisfaisant dans la Ligue américaine (cinq matchs), Asselin s’attendait à amorcer la saison à Providence.

Cependant, il semble de moins en moins probable que la Ligue américaine reprenne ses activités le 4 décembre, comme elle l’avait laissé entendre.

« Si ça repartait le 4 décembre, ils nous auraient déjà donné des instructions pour nous rapporter à l’équipe. On connaîtrait les dates du camp d’entraînement. Personne ne nous a donné de nouvelles. Alors, ça ne s’enligne pas du bon bord », a indiqué Asselin à l’auteur de ces lignes.

Publicité

Saut en Floride

Puisqu’il a préféré ne pas s’expatrier en Europe, la ECHL pourrait être sa seule option à court terme. Mais ce ne sera pas à Atlanta.

« En Georgie, c’est l’enfer présentement. Les Gladiators vont revenir l’an prochain, mais en attendant, ils ont choisi de se retirer pour ne pas perdre trop d’argent. »

Alors, quelle est la suite ?

« Parce que j’ai un contrat à un volet de la Ligue américaine, on m’a dit que je serais prêté à Jacksonville. En cours de saison [advenant une reprise des activités de la Ligue américaine], si on devait me renvoyer dans la ECHL, ce serait également à Jacksonville », a expliqué Asselin, dont l’utilisation du conditionnel laisse entendre que les règles ne semblent pas claires.

Les Icemen de Jacksonville sont au nombre des 13 équipes qui amorceront le premier volet du calendrier de la ECHL, le 11 décembre. Gagnant de la coupe Memorial avec le Titan d’Acadie-Bathurst en 2018, Asselin espère que le saut en Floride sera de courte durée.

« J’espère pouvoir aller à Providence et y rester. Mon contrat se termine cette année. J’aimerais connaître une bonne saison dans la Ligue américaine pour pouvoir signer un autre contrat à un volet. »

Faudra d’abord voir ce qu’en pense la COVID-19.

Publicité