Poutine et Kim signent un accord d’assistance mutuelle en cas «d’agression»

AFP

2024-06-19T09:19:00Z
2024-06-19T16:54:56Z

La Corée du Nord et la Russie, qui «luttent ensemble» contre l’«hégémonie» américaine, ont signé mercredi un accord de défense mutuelle, a annoncé Vladimir Poutine qui a remercié à Pyongyang son hôte Kim Jong-un pour son soutien dans la guerre contre l’Ukraine.

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Reçu en grande pompe, le président russe a par ailleurs estimé que les sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU visant les Nord-Coréens pour leur programme nucléaire, «inspirées par les États-Unis et leurs alliés», devaient être «réexaminées».

«Le traité pour un partenariat global signé aujourd’hui prévoit, entre autres, une assistance mutuelle en cas d’agression contre une partie», a déclaré M. Poutine à la presse après avoir signé le document. 

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«La Russie et la Corée mènent toutes deux une politique étrangère indépendante et n’acceptent pas le langage du chantage et du diktat», a-t-il poursuivi, dans un clair avertissement aux Occidentaux.

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Le chef de l’État russe a qualifié l’accord de «document véritablement révolutionnaire», ajoutant que la Russie «n’excluait pas pour elle-même une coopération militaro-technique» avec Pyongyang. 

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Guerre en Ukraine: soutien nord-coréen à la Russie  

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a de son côté assuré que l’accord était «exclusivement pacifique et défensif». Qualifiant Vladimir Poutine de «meilleur ami» de son pays, il a salué l’avènement d’une «nouvelle ère» dans les relations avec Moscou.

«Il ne fait aucun doute que le traité de partenariat stratégique global [...] garantira de manière fiable l’alliance entre la Corée du Nord et la Russie pendant un siècle et qu’il contribuera pleinement au maintien de la paix et de la stabilité dans la région», a plus tard jugé Kim Jong-un pendant une réception en l’honneur de son invité.

Le gouvernement nord-coréen «exprime son entier soutien et sa solidarité au gouvernement, à l’armée et au peuple russes dans la conduite de l’opération militaire spéciale en Ukraine pour protéger la souveraineté, les intérêts de sécurité et l’intégrité territoriale», a-t-il en outre dit à M. Poutine.

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«Nous apprécions beaucoup votre soutien systématique et permanent de la politique russe, y compris le dossier ukrainien» a en retour lâché le chef du Kremlin.

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«Nous sommes reconnaissants aux dirigeants et au peuple de la République populaire démocratique de Corée s’agissant de la situation en Ukraine. Aujourd’hui, nous luttons ensemble contre les pratiques hégémoniques et néocolonialistes des États-Unis et de leurs satellites.»

Réagissant à ces annonces, l’Ukraine, par la voix du conseiller présidentiel Mykhaïlo Podoliak, a exhorté la communauté internationale à «une approche plus rigoureuse pour parvenir à un véritable isolement» de Moscou et de la Corée du Nord.

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La Corée du Nord «coopère aujourd’hui activement avec la Russie dans le domaine militaire et fournit délibérément des ressources pour le meurtre de masse des Ukrainiens», en particulier «un grand nombre d’obus de gros calibre», s’est emporté M. Podoliak. 

Première visite  

Vladimir Poutine, accueilli par une grande cérémonie sur la place Kim Il-sung avec une fanfare militaire et des danses synchronisées, a, quant à lui, offert à son hôte une voiture de luxe du constructeur russe Aurus. Il a ensuite eu un long aparté avec le dirigeant nord-coréen qu’il a convié à se rendre dans son pays.

Il s’agit du premier séjour en Corée du Nord de M. Poutine en 24 ans et de la deuxième rencontre entre les deux hommes en moins d’un an. En septembre 2023, Kim Jong-un était allé en train blindé dans l’extrême est de la Russie pour un sommet avec le président russe.

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Moscou et Pyongyang sont alliés depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), mais se sont rapprochés depuis l’opération militaire russe déclenchée en Ukraine en février 2022.

«La Russie a besoin du soutien de la Corée du Nord en matière d’armes à cause de la guerre prolongée en Ukraine, tandis que la Corée du Nord a besoin du soutien de la Russie en matière de nourriture, d’énergie et d’armes de pointe pour alléger la pression des sanctions», a commenté auprès de l’AFP Koh Yu-hwan, professeur émérite d’études nord-coréennes à l’Université de Dongguk.

Pour lui, le gouvernement russe reste toutefois prudent et ne veut pas «brûler complètement les ponts avec des pays comme la Corée du Sud». 

Moins dépendre de Pékin  

Américains et Européens s’inquiètent pour leur part depuis des mois du rapprochement accéléré entre Moscou et Pyongyang, accusant les Nord-Coréens de livrer massivement des munitions et des missiles à la Russie.

En échange, selon Washington et Séoul, la Russie a fait bénéficier la Corée du Nord de son expertise pour son programme de satellites et envoyé de l’aide pour lutter contre les pénuries alimentaires.

Le soutien de Vladimir Poutine permet à Kim Jong-un d’«amoindrir sa dépendance» à l’égard d’un autre allié clé, Pékin, a insisté auprès de l’AFP Vladimir Tikhonov, professeur d’études coréennes à l’Université d’Oslo.

Parallèlement, le chef de l’État russe «obtient un accès sécurisé aux obus d’artillerie de type soviétique dont il a besoin en énormes quantités aujourd’hui», d’après cet expert. 

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