Une rentrée scolaire sans distanciation sociale cet automne
Des cours en présentiel dans les cégeps et universités, si les jeunes sont vaccinés

Patrick Bellerose
Les étudiants pourront fréquenter les cégeps et les universités sans distanciation physique, cet automne, à condition que 75% des jeunes de 16 à 29 ans aient reçu leurs deux doses du vaccin contre la COVID-19.
«Que ce soit dans les salles de classe ou dans les espaces communs, les étudiants pourront se retrouver à moins d’un mètre les uns des autres, sauf en ce qui concerne les activités parascolaires et le sport», a déclaré la ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann, lundi, au cours d’une conférence de presse en compagnie du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda.
Le masque pourrait toutefois demeurer obligatoire, si celui-ci est toujours requis à l’automne. «Est-ce qu’il y aura d’autres mesures, par exemple le masque? Il est trop tôt pour en parler», dit la ministre.
La ministre a donc demandé aux universités et aux cégeps de préparer une rentrée scolaire où 100% des étudiants seront en classe. Un «plan de repli» doit aussi être mis en place pour un enseignement hybride, au cas où le nombre d’infections repartirait à la hausse ou si les jeunes boudent le vaccin.
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Vaccin et retour en classe
Danielle McCann a d’ailleurs présenté le retour en classes comme un incitatif à la vaccination pour les 16 à 29 ans. «Je trouve que c’est un beau défi pour nos jeunes, pour notre société. [...] Ils peuvent faire en sorte d’arriver à ce 75% et d’arriver sur les campus collectivement. Quelle victoire ce serait», a lancé la ministre.
À ce jour, environ 42% de cette tranche d’âge a reçu une première dose du vaccin contre la COVID-19. La campagne de vaccination devra donc rouler rondement cet été pour atteindre les deux doses chez trois jeunes sur quatre. «Le temps est court, c’est maintenant qu’il faut prendre la première dose», dit la ministre McCann.
Et au travail?
Malgré cette annonce, le Dr Arruda n’a pas voulu s’engager à mettre fin à la distanciation physique dans les autres secteurs d’activité cet automne, notamment avec le retour des employés en télétravail.
Il fait valoir que l’éducation est une priorité pour le gouvernement Legault et que le réseau a besoin de temps pour planifier la rentrée scolaire. «La décision est prise, comme toujours, par le gouvernement. Ce n’est pas une question de politique, c’est un enjeu de logistique pour les universités», fait valoir le Dr Arruda.
La distanciation physique oblige forcément à limiter le nombre d’élèves en classe, souligne-t-il. «En termes de Santé publique, on a mis des conditions pour qu’une telle non-distanciation ait lieu; c’est-à-dire une bonne couverture vaccinale et une épidémiologie qui est en contrôle», ajoute le Dr Arruda.
Le tout demeure «conditionnel», rappelle-t-il.
«Quant à ce qui va se passer dans les autres secteurs d’activités, on va essayer d’avoir le maximum de cohérence, ça, c’est clair», dit le Dr Arruda.
Les étudiants ravis
Sans surprise, cette annonce d’un retour automnal sur les campus a été accueillie comme une bouffée d’air frais dans les rangs des étudiants, après plus d’un an d’enseignement derrière l’écran.
«Il y a enfin un espoir d’une rentrée sur les campus en présence et d’un retour un peu à la normale», a lancé Samuel Poitras, président de l’Union étudiante du Québec.
Les objectifs de vaccination sont réalistes et les jeunes seront au rendez-vous, assure-t-il.
Le son de cloche est similaire du côté de la Fédération des enseignants et enseignantes de cégep, qui espère que «l’opération charme» mise en place pour convaincre les jeunes de se faire vacciner fonctionnera.
De leur côté, des établissements assurent être déjà à pied d’œuvre pour organiser cette rentrée en chair et en os tant espérée.
Scepticisme
Le scepticisme est toutefois plus grand parmi les professeurs d’université. Le président de la fédération qui les représente, Jean Portugais, considère que les objectifs de vaccination dans ce calendrier serré sont «très ambitieux».
«On a déjà vu que ce gouvernement est soucieux d’envoyer des messages d’espoir à la population. On ne doute pas de l’intention derrière cette annonce, mais on doute de sa réalisation», lance-t-il.
Cégeps et universités
Les conditions pour le retour en classe
- 75 % des 16-29 ans vaccinés avec deux doses
- Situation épidémiologique stable
– Avec la collaboration de Daphnée Dion-Viens