Problème récurrent chez les Bears


Stéphane Cadorette
Avec une fiche de trois victoires et une défaite, ce n’est pas comme si la saison des Bears était fichue. Il n’en demeure pas moins que leur attaque trop souvent anémique n’inspire pas confiance et que les jongleries discutables des décideurs laissent croire que cette équipe a vite atteint son plafond.
Entre Mitchell Trubisky et Nick Foles, le cœur des Bears balance. Foles s’agrippe pour l’instant au poste de quart partant, mais sa poigne semble fragile. Aussi fragile, en fait, que celle que Trubisky avait avant lui.
Le principal coupable est le directeur général Ryan Pace.
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Ce dernier est en poste depuis 2015 et sous sa gouverne, les Bears n’ont vécu qu’une brève saucette en séries, en 2018.
C’est à compter de 2017 que Pace a mis cartes sur table en optant pour Trubisky, plutôt que Patrick Mahomes ou Deshaun Watson, en première ronde du repêchage. Le DG a même donné quatre choix au repêchage pour s’avancer d’un tout petit rang.
EN POSITION D’ÉCHEC
Depuis, Trubisky en est à son deuxième entraîneur-chef et à son quatrième coordonnateur offensif.
Pace est demeuré les bras croisés sur le marché des joueurs autonomes l’hiver dernier quand il devenait évident que Trubisky ne serait pas la solution à long terme.
Pourquoi pas Cam Newton, qui était libre comme l’air et que les Patriots ont embauché pour des miettes? Pace a préféré envoyer un choix de quatrième tour aux Jaguars pour mettre la main sur Nick Foles, un quart respectable parce qu’il a été miraculeux dans l’épopée des Eagles vers le Super Bowl, mais qui demeure limité.
Pace se voit contraint de corriger ses erreurs par d’autres erreurs. Il suffit de penser à sa gestion des ailiers rapprochés. Après avoir raté son coup sur Adam Shaheen en deuxième ronde en 2017, il a payé un fort prix pour acquérir Trey Burton en 2018. Un autre qui n’a fait que passer sans produire et qui a dû être remplacé en surpayant le vétéran Jimmy Graham.
Chez les Bears, la mentalité est demeurée trop ancrée dans la nostalgie de 1985, lorsque l’équipe a remporté le Super Bowl à l’aide d’une implacable défensive. C’est la formule qu’on a tenté de répéter en envoyant une pelletée de choix au repêchage aux Raiders pour l’ailier défensif Khalil Mack.
L’échange n’a pas été mauvais puisque Mack est un monstre, mais sans une offensive digne de ce nom pour inscrire des points, une défensive ne peut tout faire. Pas moins de 17 des 20 équipes qui ont atteint le carré d’as depuis cinq ans misaient sur une attaque dans le top 10. Que ce soit avec Foles ou Trubisky, les Bears n’approcheront pas ce plateau et continuent de gaspiller leur talent défensif.
DUEL DU JEUDI
Les forces en présence
BUCCANEERS DE TAMPA BAY
Tom Brady, Quart-arrière, 11 T, 4 INT, 1122 verges
Ronald Jones II, Demi offensif, 1 T, 253 verges
Mike Evans, Ailier espacé, 5 T, 230 verges
BEARS DE CHICAGO
Nick Foles, Quart-arrière, 4 T, 2 INT, 437 verges
David Montgomery, Demi offensif, 0 T, 218 verges
Allen Robinson, Ailier espacé, 2 T, 331 verges
JOUEUR À SURVEILLER
Tristan Wirfs
- Bloqueur, Buccaneers
On parle peu de Tristan Wirfs jusqu’ici à Tampa, mais c’est bon signe. La tenue récente de Tom Brady et les progrès défensifs retiennent l’attention, mais le bloqueur à droite recrue s’illustre. À 21 ans, le 13e choix du dernier repêchage vient de tenir tête à Joey Bosa (1 plaqué, aucun sac) lors du duel de dimanche. La ligne offensive des Bucs a souvent été un problème par le passé, mais Wirfs s’impose rapidement. Il vivra un autre gros test devant Khalil Mack et Robert Quinn.
MA PRÉDICTION :
- Buccaneers 20
- Bears 16
L’état des forces dans la NFL
1. Chiefs de Kansas City (4-0)
- Semaine dernière : 1 (=)
La machine a mis du temps à se mettre en marche face aux Patriots et à leur excellente couverture de passe avec de multiples demis défensifs, mais la vitesse des receveurs finit toujours par tuer. La défensive a provoqué quatre revirements, sans la présence de Chris Jones.
2. Seahawks de Seattle (4-0)
- Semaine dernière : 2 (=)
Les Seahawks ont remporté leurs quatre premiers matchs, une première pour eux depuis 2013, la saison de leur conquête du Super Bowl. Le décompte se poursuit avec Russell Wilson et ses 16 passes de touchés, le plus haut total dans l’histoire après quatre matchs, à égalité avec Peyton Manning (2013).
3. Packers de Green Bay (4-0)
- Semaine dernière : 4 (+1)

Pas de Davante Adams, pas de problème. Pas de Allen Lazard, pas de problème. Aaron Rodgers s’immisce dans la discussion pour le titre de joueur le plus utile quand il transforme Robert Tonyan en ailier rapproché redoutable. Le Rodgers qui s’amuse est de retour.
4. Ravens de Baltimore (3-1)
- Semaine dernière : 3 (-1)
Les Ravens ont accordé une riche prolongation de contrat à leur demi de coin Marlon Humphrey la semaine dernière et il a répondu dimanche avec neuf plaqués, une passe rabattue et un échappé forcé. Voilà un joueur dont on ne parle clairement pas assez.
5. Bills de Buffalo (4-0)
- Semaine dernière : 5 (=)
Les succès des Bills se poursuivent et l’élément le plus important qui ressort de leur victoire est que la défensive s’est ressaisie par rapport aux semaines précédentes. Mise à part une poussée de 80 verges en fin de match, les Raiders ont été muselés pendant trois quarts et demi.
6. Steelers de Pittsburgh (3-0)
- Semaine dernière : 6 (=)
L’éclosion de COVID chez les Titans a forcé le report du match face aux Steelers. C’est donc dire que les deux équipes, en congé forcé, devront disputer 13 matchs de suite sans pause et potentiellement plus si elles se classent en séries. C’est ce qu’on appelle un calendrier brutal.
7. Titans du Tennessee (3-0)
- Semaine dernière : 7 (=)
Les Titans semblent enfin avoir été en mesure de freiner la propagation de la COVID après 18 cas parmi les joueurs et entraîneurs. Les effectifs s’annoncent réduits pour le duel à venir face aux Bills. La préparation ne sera pas optimale non plus avec les installations de l’équipe fermées.
8. Patriots de la Nouvelle-Angleterre (2-2)
- Semaine dernière : 8 (=)
La fiche de 2-2 est quelque peu trompeuse, sachant que les Patriots ont tenu tête aux Chiefs pendant trois quarts, sans Cam Newton, avec deux quarts-arrières qui ne leur ont laissé aucune chance. Cette équipe est encore dirigée de main de maître par Bill Belichick.
9. Buccaneers de Tampa Bay (3-1)
- Semaine dernière : 10 (+1)
Avec Ndamukong Suh et Vita Vea au cœur de la ligne défensive, les Buccaneers rendent la course impossible contre eux. Ils n’ont donné que deux petites verges par portée aux Chargers. Dans les trois dernières semaines, la défensive a réalisé huit revirements.
10. Colts d’Indianapolis (3-1)
- Semaine dernière : 13 (+3)

À l’attaque, il y a encore trop de bottés et trop peu de touchés, mais la défensive ne ralentit pas. Les 56 points accordés en quatre matchs s’avèrent le plus bas total inscrit contre l’équipe depuis 2013. Les 28 verges au sol accordées aux Bears représentent leur meilleure performance depuis 2009.
11. Rams de Los Angeles (3-1)
- Semaine dernière : 9 (-2)
Les Rams ont signé la victoire la moins convaincante qui soit face aux Giants et l’attaque n’a généré que 17 points et 240 verges. N’empêche que dans la coriace division Ouest de la conférence nationale, ils continuent de souffler dans le cou des Seahawks.
12. Saints de la Nouvelle-Orléans (2-2)
- Semaine dernière : 16 (+4)
Alvin Kamara a inscrit au moins deux touchés à chacun de ses cinq derniers matchs, la plus longue séquence du genre depuis les huit matchs de LaDainian Tomlinson en 2006. Drw Brees a tenté neuf passes (six complétées) de 15 verges ou plus dans les airs. L’attaque se replace.
13. Cardinals de l’Arizona (2-2)
- Semaine dernière : 11 (-2)
Les Cardinals en arrachent depuis deux semaines après un départ fulgurant. L’absence du maraudeur sous-estimé Budda Baker fait mal paraître la tertiaire face au jeu aérien. À l’attaque, Kyler Murray a gagné seulement 133 verges par les airs, le plus bas total de sa jeune carrière.
14. Browns de Cleveland (3-1)
- Semaine dernière : 18 (+4)
Les Browns viennent d’inscrire au moins 30 points lors de trois matchs consécutifs, une première depuis 1968. Odell Beckham a connu son premier match de deux touchés avec l’équipe. Le vrai test commence. C’est souvent quand on estime les Browns que le ballon dégonfle.
15. 49ers de San Francisco (2-2)
- Semaine dernière : 12 (-3)
N’eut été de deux revirements couteux de Nick Mullens au quatrième quart, les 49ers n’auraient pas été surpris par les Eagles. Mullens est habituellement un réserviste de qualité, mais sa fiche de 4-6 en carrière démontre que Jimmy Garoppolo (22-6) ne peut s’absenter trop longtemps.
16. Bears de Chicago (3-1)
- Semaine dernière : 14 (-2)
Nick Foles, avant les derniers instants d’un match, n’est souvent que le cas classique du quart-arrière trop bon pour être réserviste, mais pas assez bon pour être partant. Avant sa dernière séquence offensive, il n’avait accumulé que 164 verges et 11 premiers jeux en 10 séquences.
17. Raiders de Las Vegas (2-2)
- Semaine dernière : 15 (-2)

À l’exception de Darren Waller, les Raiders manquent de munitions solides dans leur groupe de receveurs. L’absence de la recrue Henry Ruggs, même s’il n’a pas encore fait ses preuves, empêche d’attaquer verticalement. Miser sur Nelson Agholor, c’est courir vers un précipice.
18. Panthers de la Caroline (2-2)
- Semaine dernière : 19 (+1)
Qui croyait aux chances des Panthers de jouer pour ,500 après quatre matchs sans Cam Newton, Luke Kuechly, et Greg Olsen, tous partis? Et sans Christian McCaffrey, blessé? Il y a encore du chemin à faire, mais le nouveau pilote Matt Rhule jette des fondations solides.
19. Eagles de Philadelphie (1-2-1)
- Semaine dernière : 24 (+5)
Les Eagles, en ce début de saison, en sont à leur troisième bloqueur à gauche, à leur troisième garde à gauche, à leur quatrième garde à droite et à leur deuxième bloqueur à droite. Chaque match est un combat. Leur première victoire les place au sommet de leur médiocre division.
20. Cowboys de Dallas (1-3)
- Semaine dernière : 17 (-3)
Actuellement, le quart-arrière Dak Prescott doit se sentir comme une rutilante Rolls Royce stationnée devant une maison en ruines, tellement il semble seul dans sa quête à vouloir extirper les Cowboys de leurs misères. La défensive à Dallas est devenue une véritable calamité.
21. Chargers de Los Angeles (1-3)
- Semaine dernière : 20 (-1)
Justin Herbert poursuit son élan. Il est devenu le cinquième quart-arrière seulement à lancer pour plus de 900 verges et cinq touchés à ses trois premiers départs en carrière. Les autres? Kirk Cousins, Matt Flynn, Austin Davis et Jeff Blake. Bref, on attend quand même pour la statue...
22. Bengals de Cincinnati (1-2-1)
- Semaine dernière : 25 (+3)
Joe Mixon est reconnu comme un porteur de ballon dangereux, mais il n’avait couru que 19, 16 et 17 fois à ses trois premiers matchs. Ses 25 courses (pour 151 verges) dimanche lui ont donné du rythme et enlevé la pression sur Joe Burrow, qui n’a subi qu’un sac du quart.
23. Vikings du Minnesota (1-3)
- Semaine dernière : 28 (+5)
Les Vikings ont enfin goûté à la victoire avec l’unique formule qu’ils maîtrisent. À grands coups de Dalvin Cook dans la gorge, ils contrôlent le temps de possession et donnent de l’air à Kirk Cousins, qui est plus à l’aise pour gérer un match que de le prendre sur ses épaules.
24. Dolphins de Miami (1-3)
- Semaine dernière : 22 (-2)
Les Dolphins n’ont pas joué un mauvais match face aux Seahawks, mais ont clairement manqué d’opportunisme. Ils ont attaqué à souhait avec 415 verges de gains, mais ont dû se contenter de cinq bottés de placement, dont deux dans la zone payante. Face aux Jets, ça va. Face aux Seahawks, non.
25. Broncos de Denver (1-3)
- Semaine dernière : 26 (+1)

Personne ne devrait célébrer une victoire durement acquise contre les pauvres Jets, mais un gain est un gain. Rien contre Brett Rypien, mais vivement le retour de Drew Lock. Les Broncos ont vite besoin de savoir s’ils doivent jeter la maison par terre et refaire les fondations.
26. Lions de Detroit (1-3)
- Semaine dernière : 23 (-3)
Matt Patricia a mentionné après le match qu’il a hérité en 2018 d’une équipe sur laquelle «il y avait beaucoup de travail à faire et que ce travail se poursuit». C’est la bonne vieille rengaine du parti politique qui prend le pouvoir et qui blâme le précédent quand ça tourne mal.
27. Texans de Houston (0-4)
- Semaine dernière : 21 (-6)
Bill O’Brien, qui était directeur général et entraîneur-chef, c’est terminé! Ses échanges controversés l’ont coulé. Il a guidé l’équipe vers quatre championnats de division, mais l’offensive a régressé cette saison. L’échange DeAndre Hopkins a affecté le psyché de l’équipe.
28. Falcons d’Atlanta (0-4)
- Semaine dernière : 27 (-1)
Pour un troisième match de suite, la défensive des Falcons a donné plus de 400 verges d’attaque à ses rivaux. Même à l’offensive, la magie n’opère plus. Julio Jones est revenu au jeu pour mieux repartir et Calvin Ridley n’a pas attrapé la moindre passe.
29. Jaguars de Jacksonville (1-3)
- Semaine dernière : 29 (=)
Il fallait bien écrire dans ces pages que Gardner Minshew allait poser un sérieux dilemme à la direction des Jaguars pour que la légende meurt. Il n’est pas la cause des échecs des Jaguars, mais il n’est pas la solution non plus. La défensive vient de donner 505 verges aux Bengals.
30. Équipe de Washington (1-3)
- Semaine dernière : 30 (=)

La rumeur veut que Dwayne Haskins se rapproche de plus en plus du banc. Si c’est le cas, pourquoi ne pas donner une opportunité au vétéran miraculé Alex Smith? Cette équipe a définitivement besoin de moments réconfortants et ce n’est pas Kyle Allen qui s’en chargera.
31. Giants de New York (0-4)
- Semaine dernière : 31 (=)
Contrairement à l’autre club de New York qui ne mérite pas d’être nommé, les Giants se battent avec honneur dans la défaite. La défensive tient son bout et trois des quatre défaites ont été encaissées par 10 points ou moins. L’offensive, par contre, n’a aucun touché à ses deux derniers matchs.
32. Jets de New York (0-4)
- Semaine dernière : 32 (=)
Cette «équipe» a perdu par neuf points contre des Broncos littéralement décimés. Qui pourront-ils battre? En plus d’être pathétiques à l’attaque et mauvais en défensive, ils sont indisciplinés et ont distribué plusieurs coups très discutables. Bref, ils ont tout pour se faire aimer.