Problèmes cardiaques, blessures sportives et party de microbes: voici pourquoi les hôpitaux débordent autant au mois de janvier
Chaque année, c’est la manchette du mois de janvier. Avec des taux d’occupation dépassant les 150%, voire 200%, les urgences sont pleines à craquer.

Martine Caron, infirmière clinicienne
Chaque année, c’est la manchette du mois de janvier. Avec des taux d’occupation dépassant les 150%, voire 200%, les urgences sont pleines à craquer. On blâme souvent, et avec raison, les virus respiratoires.
Ce que l’on oublie cependant c’est que les mois de janvier, février et mars au Québec, c’est l’hiver. Et avec l’hiver, viennent d’autres problèmes de santé qui contribuent à la hausse de l’achalandage des urgences et à l’augmentation des hospitalisations durant cette période.
Problème cardiaque
Selon la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada, le taux de mortalité lié à une crise cardiaque ou un AVC augmente de 10% durant les mois d’hiver. Les températures plus froides, les chutes de neige, le stress plus élevé sont quelques facteurs qui expliquent ce phénomène. On ne se le cachera pas, la période des Fêtes est associée à quelques excès. L’excès d’alcool particulièrement peut déclencher certaines arythmies cardiaques, dont la fibrillation auriculaire. Nous verrons donc des patients se plaindre de palpitations. Ce problème de santé est d’ailleurs connu sous le nom de «syndrome cardiaque des Fêtes» et est bien documenté par la recherche. Bien qu’aujourd’hui il soit possible de traiter ces conditions et d’en minimiser les séquelles, un séjour hospitalier s’avère nécessaire dans la majorité des cas.
Blessures liées aux sports d’hiver
On peut aussi rejeter la faute sur les sports d’hiver pour l’achalandage des urgences. Fractures, plaies et trauma craniocérébral sont les blessures les plus fréquentes que l’on observe. Si plusieurs de ces blessures sont mineures, d’autres comme le trauma craniocérébral sévère ou les fractures nécessitent un temps d’observation et un traitement. Portez un casque et toute autre pièce d’équipement de protection pour pratiquer vos sports et ainsi vous éviterez une visite aux urgences.
Fragilité liée à l’âge
Un autre phénomène qui nous apporte son lot de clientèle: l’augmentation ou l’apparition de confusion chez les personnes âgées. Particulièrement pendant la période des Fêtes, les soirées et les soupers qui se terminent tard sont fréquents. Le changement de routine et le manque de sommeil peuvent entraîner une augmentation des troubles cognitifs chez les personnes ayant déjà une atteinte cognitive connue. Pour les aînés qui ne sont pas diagnostiqués, c’est parfois la période où les symptômes apparaissent. L’hospitalisation est alors requise afin d’évaluer le patient et de lui permettre de retrouver son état de base, lorsque possible.
Party de microbes
Bien évidemment, je ne peux pas passer sous silence les virus respiratoires et la gastro-entérite. Les rassemblements du temps des Fêtes sont aussi attendus par ces virus que par nous. Bien que ces virus soient désagréables, les personnes en bonne santé en guérissent normalement bien. Pour nos tous petits, les personnes âgées et les personnes ayant des problèmes de santé chroniques, ces virus peuvent entraîner une hospitalisation et des complications sévères. Ainsi, un bon lavage des mains et une vaccination adéquate sont recommandés.
Il va de soi que les urgences et les hôpitaux sont les endroits appropriés pour les patients souffrant des problèmes de santé mentionnés ci-haut. Si vous hésitez à vous y rendre, un appel au 811 vous guidera dans votre décision.