Chine: procès lundi des militants hongkongais arrêtés en mer

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2020-12-25T07:42:06Z

Pékin | Au moins sept des 12 militants hongkongais capturés en août dernier alors qu'ils tentaient de fuir la ville en hors-bord seront jugés lundi dans le sud de la Chine, ont annoncé leurs proches, vendredi. 

Le groupe, dont le plus jeune était âgé de 16 ans, avait été arrêté par les garde-côtes chinois à 70 km au sud-est de l'ex-colonie britannique le 23 août, avant d'être remis à la police de Shenzhen, métropole de Chine continentale aux portes de Hong Kong.

Des proches de sept d'entre eux ont été informés par des avocats commis d'office que l'audience s'ouvrirait lundi après-midi au tribunal du district de Yantian à Shenzhen, selon le comité de défense Save 12 HK Youths («Sauvez 12 jeunes hongkongais»).

Interrogé par l'AFP, le tribunal a dit ne pas être au courant de la tenue de ce procès.

Le régime communiste a pour habitude de condamner des opposants au moment des fêtes de fin d'année, lorsque l'attention du reste du monde est réduite.

Le même jour, doit s'ouvrir à Shanghai le procès d'une «journaliste citoyenne» arrêtée après avoir couvert en début d'année la mise en quarantaine de la ville de Wuhan, berceau du nouveau coronavirus.

«Nous avons été informés qu'Andy passerait en procès lundi après-midi», a annoncé sur Twitter la famille d'Andy Li, l'un des prévenus. «Comme pour les autres cas politiquement sensibles, ils profitent de la période de Noël pour minimiser les critiques internationales.»

Les autorités ont annoncé la semaine dernière la mise en accusation de huit des prévenus pour passage illégal de la frontière. Deux mineurs doivent être jugés à huis clos et deux autres accusés sont soupçonnés d'avoir organisé la fuite de l'ensemble du groupe qui tentait de se rendre à Taïwan.

Les opposants avaient disparu dans l'opaque système judiciaire chinois depuis leur capture, leurs avocats bataillant pour avoir accès à eux et leurs familles faisant part de leur inquiétude sur leur sort.

Certains des passagers du hors-bord étaient menacés de poursuites à Hong Kong pour leur implication dans les immenses manifestations pro-démocratie ayant secoué la ville l'an dernier.

La contestation a été étouffée début 2020 par l'épidémie de coronavirus, qui a entraîné la fin des manifestations, puis par l'imposition fin juin d'une nouvelle loi rigoureuse sur la «sécurité nationale».

Taïwan fait de plus en plus figure de refuge pour les opposants hongkongais, d'autant que les autorités de l'île rivale de Pékin ferment les yeux sur les personnes arrivant de Chine sans visa.

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