Définancement de la police : voici les principales revendications

Mario Beauregard/Agence QMI, Photomontage Julie Verville
Photo portrait de Guillaume Cyr

Guillaume Cyr

2020-12-01T22:05:45Z

Plusieurs excès et actes de violence envers des personnes racisées ou vulnérables commis par des policiers ont été dénoncés à travers le monde au cours de la dernière année et des voix s'élèvent pour réclamer le «définancement» de la police. Quelles sont les revendications de ce mouvement?

Des manifestations se sont tenues à Montréal depuis juin pour demander des coupures dans le budget du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Mais le mouvement #DefundThePolice est aussi présent un peu partout dans les grandes villes canadiennes et américaines. Celui-ci demande une diminution du le financement de la police au profit d'une hausse de l'injection d'argent public dans les soins en santé mentale et auprès d'organismes communautaires, notamment ceux gérés par des personnes racisées, qui sont victimes de profilage racial et d'incidents en lien avec la police depuis plusieurs années.

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Selon les partisans de ce mouvement, les personnes vulnérables seront mieux protégées de cette façon et des problèmes, notamment en santé mentale, seraient enrayés avant qu'ils mènent à une judiciairisation des personnes.

Ce mouvement était présent aux États-Unis depuis quelques années déjà, et il a gagné de l'ampleur en mai dernier lors de la mort de George Floyd, cet Américain noir qui a été étranglé sous le genou du policier blanc Derek Chauvin à Minneapolis au Minnesota. Ces événements ont d’ailleurs mené à ce qu’une majorité d’élus au conseil de cette ville votent en faveur de coupures dans le financement de la police.

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Cependant, selon un récent article de l'agence de presse américaine Bloomberg, 34 des 50 plus grandes villes américaines dépenseront plus ou garderont le même budget pour leur service de police pour l’année 2021. 

Les plus grandes coupures viendraient de la ville de New York et d'Austin, au Texas. 

Montréal

Dans la métropole, la Coalition pour le définancement de la police de Montréal a été formée en juin et rassemble plus de 65 organisations qui exigent de «réimaginer la sécurité publique dans notre ville pour coordonner le travail déjà entamé dans de nombreuses communautés locales», peut-on lire sur leur site.  

La réalisation de cet objectif passe par 10 revendications, selon la Coalition, notamment :       

  • Une réduction de 50% du budget de la police au profit des organismes communautaires;      
  • La décriminalisation des drogues et du travail du sexe;      
  • Des investissements dans des modèles de justice autochtones et transformatifs.            

Des membres de la Coalition se sont d'ailleurs pointés à la conférence de presse du dévoilement du budget 2021 de la Ville de Montréal le 12 novembre pour prôner le définancement de la police. La mairesse Valérie Plante, qui s’était montrée ouverte au définancement de la police, a plutôt présenté une hausse d'environ 2%, soit 14,6 millions $, pour un budget total de 679,1 millions $. Elle a soutenu que la ville ne pouvait pas se permettre un bris de service en temps de pandémie. 

D'ailleurs, plusieurs fusillades ont eu lieu dans les derniers mois alors que, dans la soirée de dimanche, pas moins de quatre fusillades ont éclaté en quelques heures sur l'île de Montréal

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Rappelons qu'un rapport indépendant publié en 2019 a révélé que les policiers du SPVM interpellaient plus fréquemment les personnes appartenant à des minorités visibles que les personnes blanches.

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Exemples européens

Plusieurs alternatives européennes pour allant en ce sens ont été recensées par le Washington Post.     

  • Depuis 2015, à Stockholm en Suède, des intervenants en santé mentale sont envoyés sur le terrain, et parfois même sans policiers, pour que les personnes qui vivent une crise soient soignées par un profesionnel de la santé et non un policier.       
  • Le bilan n'était vraiment pas en faveur de la ville de Glasgow, en Écosse, en 2005, alors qu'elle avait pour surnom «la capitale du meutre en Europe.» À la place de continuer à financer massivement les services de police, l'Écosse s'est tourné vers la création d'unités de réduction de la violence qui comprenaient des docteurs et infirmiers pour faire de la prévention et éliminer les problèmes en amont. Aujourd'hui, le taux d'homicide a réduit de manière draconienne.      
  • Plusieurs pays europééens, comme le Royaume-Uni ou la Norvège, ont décidé de ne pas équiper les policiers, sauf exception, d'armes à feu au quotidien. Au total, 19 pays dans le monde ont pris cette direction.              

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