Quand l'amour triomphe sur la COVID-19...

Photo courtoisie, Meaghan Benfeito

Benoît Rioux

2021-01-24T18:47:54Z

Encore il y a quelques semaines, durant le congé de Noël, la plongeuse Meaghan Benfeito pensait tout arrêter, découragée par la pandémie de COVID-19 et toute l’incertitude entourant les prochains Jeux olympiques de Tokyo.

«J’ai tellement pleuré pendant le temps des Fêtes, confie-t-elle, lors d’une généreuse entrevue téléphonique. J’étais plus fragile. Nous étions off pendant deux semaines. Je suis rendue plus vieille et je dois travailler encore plus fort pour revenir en forme quand on prend une pause.»

Devant le sapin, l’athlète de 31 ans a néanmoins pris soin d’afficher son plus beau sourire au moment de prendre une photo de couple avec son copain Alexandre Dupuis, un imposant jeune homme de 6 pi et 3 po qui évolue pour sa part dans la Ligue canadienne de football. Ce sourire, Benfeito l’admet: elle le doit en grande partie à ce garçon qu’elle fréquente depuis environ deux ans.

«Je vais bien grâce à lui et ma famille, je dirais, indique la triple médaillée olympique. C’est mon “chum” qui me garde les deux pieds sur terre. J’ai parfois tendance à avoir des pensées négatives dans ma tête. Je me mets à imaginer que les Jeux olympiques seront annulés et lui, il me ramène pour me faire réaliser que je dois contrôler ce que je peux contrôler.»

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Photo d'archives, AGENCE QMI
Photo d'archives, AGENCE QMI

Le travail avant le résultat

Dupuis, 30 ans, a porté les couleurs des Argonauts de Toronto et des Eskimos d’Edmonton. Il a précédemment évolué avec les Carabins de l’Université de Montréal, tout en complétant un baccalauréat en kinésiologie. Le centre-arrière a aussi fait ses classes comme entraîneur, au football, mais aussi auprès d’athlètes de différentes disciplines. La psychologie du sport, il s’y connaît et il s’y intéresse grandement.

«Meg, c’est une fille qui est proche de ses émotions. Quand elle va bien, tu le vois dans son visage et quand elle va moins bien, tu peux le voir aussi, dit Dupuis. Comme athlète, c’est important de se concentrer sur le travail et non pas sur le résultat.»

Durant la dernière année, les deux athlètes se sont soutenus au quotidien, multipliant les entraînements dans le condo qu’ils partagent.

«On s’entraînait à chaque jour et on se donnait des objectifs, résume Benfeito. Ça fait du bien d’avoir quelqu’un qui comprend, mais qui n’est pas dans le même sport. Ça permet aussi de ne pas toujours faire les mêmes entraînements. Parce que s’entraîner dans un salon, ça peut être long.»

Pas question d’abandonner

Heureusement, les plongeuses ont pu retrouver leurs installations au Parc olympique dans les derniers mois et encore, au retour de la pause de Noël. Malgré les nombreuses règles sanitaires à respecter, le moral revient en même temps que la forme pour Benfeito. Un jour à la fois.

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«Après les Jeux de Rio, j’avais pris la décision de continuer jusqu’aux prochains Jeux olympiques, dit celle qui a obtenu une médaille de bronze individuelle au 10 mètres, en 2016, ce qui s’ajoute aux deux autres podiums olympiques obtenus en synchro avec Roseline Filion. Je veux prendre ma retraite après les Jeux de Tokyo et je dois tout faire pour y aller. Sinon, pour moi, ce serait comme abandonner.»

Maman, j’ai raté la saison

Photo courtoisie, LCF
Photo courtoisie, LCF

Si le joueur de football Alexandre Dupuis a su offrir son appui à son amoureuse, Meaghan Benfeito, en cette ère de pandémie, il a lui-même fait face à de nombreux défis alors que la saison de la Ligue canadienne de football (LCF) a été annulée en 2020.

En même temps, la dernière année de son contrat avec les Eskimos d’Edmonton est partie en fumée et il est actuellement joueur autonome.

«C’est dans mes plans de rejouer lors de la prochaine saison», a assuré Dupuis, qui admet avoir eu des discussions avec différentes équipes.

Comme bien des athlètes de la LCF, le Québécois a dû se trouver un autre gagne-pain. Dupuis en a ainsi profité pour vivre des expériences particulières en se retrouvant au cœur de certains tournages cinématographiques, dont le «remake» du film Maman, j’ai raté l’avion.

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«J’ai été coursier pour le service des décors, a raconté Dupuis, dont les parents travaillent tous deux dans le domaine du cinéma. Une partie du tournage avait lieu à une maison située à Blainville, mais des scènes étaient reproduites en studio. J’étais celui qui faisait des commissions en voiture s’il manquait des choses pour le décor.»

«C’est quelque chose qui m’intéresse comme après-carrière», a convenu le footballeur, qui se retrouve maintenant sur le plateau de la série américaine The Republic of Sarah, également tournée au Québec.

Avec les Alouettes?

Malgré cet emploi, cela lui laisse le temps de s’entraîner et de se préparer en vue d’une éventuelle saison dans la LCF. Questionné au sujet d’une possible association avec les Alouettes de Montréal, Dupuis reconnaît que le directeur général, Danny Maciocia, fait partie de ceux qui lui ont permis d’avoir une carrière dans la LCF en le convertissant de receveur de passes à centre-arrière. Ceci dit, bien d’autres facteurs viennent influencer une entente possible entre un joueur et une équipe.

Pour conclure, le colosse a tenu à apporter une précision à propos de son rôle de soutien auprès de sa copine: «On est là l’un pour l’autre, c’est un peu comme pour tous les couples».

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