Quand la peur de l’alcool devient une force pour Jean-Marie Lapointe

Nathalie Slight

2026-01-15T11:00:00Z

Jean-Marie Lapointe commence l’année en force! Porte-parole du Défi 28 jours sans alcool, il s’engage à sensibiliser les gens à la consommation responsable, une mission qui résonne avec son parcours personnel. Et ce n’est pas tout: dès janvier, il se glissera dans la peau d’un mystérieux personnage dans la série Alertes.

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Jean-Marie, en quoi consiste ton rôle d’ambassadeur de la Fondation Jean-Lapointe?

À la suite du décès de mon papa, en 2022, les gens du conseil d’administration m’ont offert d’être plus actif au sein de la Fondation Jean-Lapointe. J’ai répondu par l’affirmative, car cette cause fait partie de mon ADN. Ma sœur Anne Élizabeth occupe le rôle de directrice générale de la Maison Jean-Lapointe depuis 2019, alors il était tout à fait normal que je poursuive moi aussi l’œuvre de notre père.

Cette année, tu es l’un des ambassadeurs du Défi 28 jours sans alcool. Qu’est-ce que ça représente pour toi?

Je suis très fier de me joindre aux ambassadeurs Maripier Morin, Meeker Guerrier, Chloée Deblois et Danny St Pierre pour cette 13e édition. Habituellement, le défi se déroule en février, mais comme nouveauté cette année, nous offrons également la possibilité de commencer le défi en janvier. Aux États-Unis et au Canada anglais, le Dry January est très populaire. Après le temps des fêtes, plusieurs souhaitent arrêter leur consommation pour prendre soin de leur santé, alors pourquoi ne pas le faire aussi pour la cause?

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Quelle est ta relation avec l’alcool?

J’ai longtemps eu peur de la boisson. Il faut dire que ma mère est décédée, à l’âge de 49 ans, des suites de l’alcoolisme. Même si mon père, qui souffrait de la même maladie, a réussi à s’en sortir, je savais à quel point la consommation pouvait briser des vies. Je me suis donc tenu loin de la drogue et de l’alcool jusqu’à mes 34 ans.

Et qu’est-il arrivé à cet âge?

À l’époque, tout allait bien dans ma vie, sur le plan tant professionnel que personnel. Je coanimais l’émission Les fils à papa avec Érick Rémy, je venais tout juste de marier mon amoureuse de l’époque, nous avions une maison ensemble, plein de projets... Bref, je me sentais assez solide pour faire de nouvelles expériences. Comme j’avais dans mon entourage des gens qui étaient capables de fumer un petit joint de temps en temps sans être accro, je me suis vendu l’idée que je pouvais le faire moi aussi. À peu près à la même époque, j’ai aussi essayé l’alcool.

La curiosité a-t-elle surpassé ta peur?

Oui, mais autant j’avais envie d’essayer, autant je craignais de souffrir comme mon père ou de connaître le même sort que ma mère. Je consommais donc avec un pied sur le gaz et un pied sur le frein. Lorsque j’ai fumé un joint pour la première fois, j’ai adoré la sensation. J’avais ouvert une porte que je ne voulais pas refermer. Pour ce qui est de l’alcool, j’ai toujours eu la phobie de vomir. Je buvais donc régulièrement, sans me saouler, mais je voyais la boisson comme une récompense.

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Pourquoi était-ce un problème alors?

Parce que j’étais dans le déni des conséquences négatives. Ma blonde et un couple d'amis m’ont avoué qu’ils étaient inquiets de me voir aller dans ma consommation. Persuadé que je pouvais arrêter n’importe quand, je trouvais qu’ils exagéraient. D’ailleurs, j’ai cessé de consommer un bon bout de temps après cette intervention. Mais j’ai recommencé de plus belle, après mon divorce. C’est là que la récréation a commencé.

Que veux-tu dire?

Je faisais le party, je fréquentais des raves, j’avais beaucoup de fun. Mais à un moment donné, j’ai réalisé que j’organisais ma vie en fonction de ma consommation et, sincèrement, ça m’a fait peur. J’ai donc décidé de tout arrêter. Pour combler mon besoin d'adrénaline et de dopamine, j’ai commencé à faire du sport. Le bateau-dragon a été une sortie de secours extraordinaire pour moi. Plus je m'entraînais, plus je participais à des compétitions, moins il y avait de la place dans ma vie pour faire le party. Je connais des gens qui sont capables de boire ou de fumer un petit joint de temps en temps tout en s’entraînant. Mais moi, je suis trop intense, trop all in. Alors je suis devenu complètement all out concernant la consommation.

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Outre le bateau-dragon, qu’est-ce qui t’a aidé?

J’ai commencé à faire du bénévolat, notamment pour accompagner des gens en fin de vie, en plus d’aider les adolescents en thérapie au centre Le Grand Chemin et de m’impliquer en tant que porte-parole du défi sportif AlterGo, qui permet à des athlètes avec des limitations fonctionnelles de se dépasser. Mes récompenses, je les obtenais d’une manière positive, en donnant de mon temps à des projets qui correspondent à mes valeurs. Peu importe l’activité, il faut remplacer la consommation par quelque chose qui nous fait du bien.

Crois-tu que ton parcours te permet d’aider, sans jugement?

Je considère mes années de consommation comme un cadeau mal emballé, mais un cadeau quand même, parce qu’il me permet de comprendre la souffrance des autres. Sans mon vécu, je n’aurais pas pu animer les émissions Face à la rue et Fin de mois avec autant d’empathie et de bienveillance. Le fait d'avoir souffert de la dépendance de mes parents, en plus d’avoir moi-même souffert de dépendance, m’a permis de comprendre ce que ça représente d'être accro à une substance. Sauf que lorsque tu es dans la rue, tu consommes non pas pour t'amuser, mais pour te geler, pour oublier ta vie de merde, soulager ton mal de vivre.

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On te connaît comme animateur et conférencier, mais depuis quelque temps, tu renais en tant qu'acteur! Récemment, on a pu te voir dans la série d’enquêtes MR BIG dans la peau d'un personnage qui ne passe pas inaperçu!

Merci à Alexis Durand-Brault et Sophie Lorain qui ont pensé à moi pour camper Victor, un gars d’extrême droite, conspirationniste, qui fabrique des armes avec une imprimante 3D. Je ne pouvais pas souhaiter mieux comme contre-emploi. Mon ami Jean-François Beaupré est comédien et coach de jeu. C’est lui qui m’a guidé dans la préparation de mon personnage. Côté look, on y est allés à fond, avec le crâne rasé et des tatouages sur le corps, pour exprimer toute l’agressivité, la colère, la frustration et la violence de Victor.

Dès janvier, nous pourrons te voir dans Alertes. Peux-tu nous en dire plus?

Je me glisse dans la peau d’un propriétaire de camp de vacances pour jeunes délinquants. Ce qui est intéressant de ce personnage-là, c'est qu'il se base sur sa vie, sur ses épreuves passées pour encadrer et accompagner les jeunes. Il est plein de bonnes intentions, mais utilise-t-il les bonnes méthodes? Encore là, j’ai proposé un look particulier, avec les cheveux super blonds et la barbe longue, qui me donnait un air de Viking. (rires) J'ai porté la barbe durant trois mois cet été, mais je ne pouvais pas me plaindre, c’était mon idée!

En terminant, un autre projet t’occupe ces temps-ci: Le TÀM, qui signifie Toit à moi.

Il s’agit d’un consortium d'hommes et de femmes d'affaires, issus du milieu de la construction, qui veut construire des logements abordables pour les personnes en situation d'itinérance. En plus, la Maison Jean-Lapointe, en collaboration avec la Maison du Père, va offrir des thérapies gratuites aux personnes en situation d'itinérance. Même si le visage de l’itinérance a changé ces dernières années, il y a toujours des gens aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de dépendance dans la rue, alors c’est une magnifique nouvelle qu’on se mobilise pour les aider.

https://defi28jours.com/

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