Quand Montréal aime faire partie du Québec

Mario Dumont
Au cours de la dernière décennie, il est arrivé à quelques reprises que des voix montréalaises s’élèvent pour demander que la métropole soit exclue de lois québécoises. Montréal serait une ville de diversité qui ne devrait plus être soumise à la volonté du reste du Québec d’affirmer sa langue, ses valeurs et son identité.
Rappelez-vous l’époque de la Charte des valeurs du Parti québécois. Denis Coderre avait évoqué un droit de retrait pour Montréal. La même idée avait ressurgi dans les propos de Valérie Plante après le dépôt de la Loi 21 sur la laïcité. La mairesse avait finalement renoncé à s’enfoncer dans cette voie.
Montréal ne fait pas exception à d’autres grandes villes du monde. Les habitants de la métropole aiment se considérer comme des citadins, des Montréalais, et aiment encore plus l’idée de se voir comme des citoyens du monde. Des internationaux !
S’identifier comme Québécois ? Pas mal moins. Pour un citoyen du monde, ça fait petit peuple local. J’exagère, je caricature, je sais. Mais une caricature dessine à gros traits les contours d’une réalité.
Vaccins concentrés à Montréal
Et maintenant nous voici dans une campagne de vaccination pour essayer de sortir ensemble de cette pandémie. Et les vaccins du Québec vont à Montréal. Massivement.
Dès l’annonce de la campagne de vaccination populaire, François Legault avait établi le principe : Montréal était placée en priorité. La vaccination à Montréal commencerait le 1er mars, alors que hors Montréal elle commencerait une semaine plus tard.
Cette décision était tout à fait justifiable : le nombre de cas est nettement supérieur dans le grand Montréal. C’est aussi là que les variants menacent davantage. En situation d’urgence, c’est bien logique de placer la priorité là où le problème est le plus criant.
Mais personne dans le reste du Québec n’a pu s’imaginer que les écarts seraient aussi énormes. À Montréal, c’est la vaccination massive pour vrai, tous les jours depuis le 1er mars. Toujours de la place disponible, les personnes des groupes d’âges acceptés peuvent avoir un rendez-vous le jour même ou le lendemain.
En région, on parle de rendez-vous éparpillés dans le temps. Dans plusieurs régions, les rendez-vous se sont vite remplis. Dans certaines régions, on ne peut plus prendre de rendez-vous ; dans d’autres, on vous offrira une date... fin avril ou début mai !
Merci Québec et les régions
Le sacrifice qu’on exige des gens des régions est énorme. Une personne dans les 80 ans dans l’Est-du-Québec pourrait attendre pour son rendez-vous jusqu’en mai alors que les Montréalais dans la soixantaine commenceront à être vaccinés d’un jour à l’autre.
Les maires, les députés, personne dans les régions n’a même daigné se plaindre. Il s’agit d’une démonstration de solidarité exceptionnelle dont j’espère voir les Montréalais se souvenir.
L’avantage Montréal, justifié à la base, est si exagéré que certaines plages horaires de rendez-vous restent inutilisées. Sans manquer à la solidarité, il y a un équilibre à rétablir pour nos aînés des quatre coins du Québec.