Quand se séparer rime encore avec danger: un projet de loi veut mieux protéger les enfants
Coup de Pouce
La séparation est déjà une épreuve, mais, pour trop de femmes et d’enfants, la violence ne s’arrête pas avec la rupture: elle se poursuit devant les tribunaux.
Un nouveau projet de loi fédéral pourrait toutefois changer la donne, en donnant plus de poids à la sécurité des enfants et à la réalité de la violence familiale lors des divorces.
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Une meilleure écoute des enfants
La députée libérale Lisa Hepfner propose de modifier la Loi sur le divorce afin que, dans certaines situations, les enfants puissent faire entendre leur point de vue lors des décisions de garde. L’objectif : éviter que des décisions cruciales soient prises sans tenir compte de ce qu’ils vivent réellement.
Reconnaître une violence souvent invisible
Le projet de loi met aussi en lumière le contrôle coercitif, une forme de violence conjugale qui n’implique pas toujours des coups, mais qui peut être tout aussi destructrice : isolement, surveillance, humiliation, menaces ou privation de ressources.
S’il est adopté, le texte obligerait:
- les avocats à dépister les signes de violence familiale dans les procédures de divorce ;
- les juges à mieux évaluer l’impact de cette violence sur les enfants.
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Quand la dénonciation se retourne contre les victimes
Des organismes de défense des droits des femmes soulignent que, trop souvent, des mères qui dénoncent la violence sont perçues comme conflictuelles ou accusées d’aliénation parentale. Résultat : des batailles judiciaires longues, coûteuses, et parfois des décisions qui placent les enfants dans des milieux peu sécuritaires.
Selon Femmes et refuges Canada, il arrive encore que des tribunaux ordonnent à des enfants de vivre avec un parent violent, même lorsque les faits sont documentés.
Parler pour protéger
Parmi les jeunes que cette réforme vise à mieux protéger, Ismena Toscan, 15 ans, a témoigné des abus qu’elle dit avoir subis dès la petite enfance. Elle rappelle que les enfants ne dénoncent pas toujours tout de suite, faute de mots ou par peur.
Aujourd’hui, son message est clair : mieux écouter les enfants peut littéralement sauver des vies.
Un pas vers plus de sécurité
Appuyé par près de 300 organisations et des députées de plusieurs partis, le projet de loi doit être voté prochainement. Pour ses défenseurs, il s’agit d’un pas essentiel pour que la séparation ne rime plus avec insécurité et pour que l’intérêt et la sécurité des enfants passent enfin en premier.
Une situation à suivre de près.