Québec aura son tramway... et son troisième lien: ce qu’il faut savoir

François Carabin
- Le Réseau express de la Capitale (REC) va compter quatre parties, dont un tramway, un troisième lien et une panoplie de voies réservées pour autobus
- Les divers ordres de gouvernements devraient débourser plus de 10 G$ pour l’ensemble de la carte, qui s’étend à Québec, mais aussi dans ses banlieues et à Lévis
- Le gouvernement Legault remplit un de ses engagements électoraux majeurs en donnant le feu vert au controversé lien entre Québec et Lévis
Prochain arrêt: Québec. L’offre de transport de la Capitale-Nationale gonfle, alors que le tracé du tramway se dessine et que le troisième lien – maintenant tunnel Québec-Lévis – prend vie. Tour express du nouveau réseau de transport de Québec.
Le tramway en activité dans six ans
Le tramway tant désiré du maire de Québec, Régis Labeaume, se concrétise. Il partira de D’Estimauville, dans l’est de la ville, passera par la colline Parlementaire, puis par Sainte-Foy, avant de s’arrêter dans Cap-Rouge. Au total, le parcours s’étirera sur environ 20 km, dont une partie sur le boulevard René-Lévesque, en haute-ville.
Le réseau structurant de Québec devrait entrer en activité en 2027, a annoncé lundi le premier ministre François Legault. La facture est estimée à plus de 3 G$.
Selon le maire sortant de Québec, Régis Labeaume, le tramway, «colonne vertébrale» du réseau, sera «100% électrique, fiable, rapide et confortable». Le maire, qui ne sera pas candidat aux prochaines élections, avait fait du tramway un combat de tous les instants.

Le tunnel Québec-Lévis aboutit
Le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, l’appelle la «pièce maîtresse» du REC. Le fameux troisième lien, que la Coalition avenir Québec avait placé au sommet de ses priorités en campagne électorale, devrait être inauguré dans dix ans.
«C’est un lien qui est nécessaire pour Québec, pour Lévis et pour tout l’est du Québec, a martelé mardi le premier ministre Legault. C’est un projet pour les 100 prochaines années.»

Un pont? Un tunnel? Québec a confirmé lundi qu’il cochait la deuxième case. Le «tunnel Québec-Lévis» passera à l’ouest de l’île d’Orléans, «d’un centre-ville à l’autre». Il comptera trois voies dans chaque sens, dont une réservée au transport en commun, et passera de Lévis à ExpoCité, tout près du Centre Vidéotron.
Comme son nom l’indique, le troisième lien s’ajoute aux deux ponts qui relient Québec et sa Rive-Sud. Lundi, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a évoqué une «nécessité absolue pour la sécurité nationale», surtout dans l’éventualité où un des deux ponts déjà en activité devait fermer.
Un troisième lien deux fois plus cher que le tramway
Creuser d’un centre-ville vers l’autre coûtera cher aux divers gouvernements impliqués dans le projet. Actuellement, le projet est évalué entre 6 G$ et 7 G$. C’est deux fois le coût attendu du tramway.
Pourtant, le tracé du tunnel s’étire sur moins de la moitié de la longueur du réseau de transport collectif en surface: 8,3 kilomètres.
Le Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE) doit toujours se prononcer sur la validité d’un tunnel sous le fleuve Saint-Laurent, probablement en 2023, ce qui pourrait ralentir ou même tuer le projet dans l’oeuf. Le BAPE a déjà analysé le projet de tramway.
Des voies réservées à gauche et à droite
Aux deux projets phares de l’annonce de lundi s’ajoutent deux autres réseaux, plus petits. Québec finance en partie la création de voies réservées au transport collectif au nord et au sud de la capitale. À terme, le gouvernement caquiste souhaite y voir circuler des autobus électriques.
Les voies réservées partiront des différentes stations du réseau structurant de Québec pour rejoindre Beauport, Charlesbourg, Neufchâtel et Val-Bélair au nord, notamment, en plus d’emprunter un des ponts existants pour rejoindre Lévis à partir de l’ouest.
En ajoutant ce lien vers la Rive-Sud, le gouvernement du Québec voulait éviter «que la région de Chaudière-Appalaches n’ait pas le droit à sa part du gâteau», a signifié lundi la ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault.
Au total, les projets de voies réservées coûteront un peu moins de 1 G$.