Ventilation dans les écoles: des profs devant les tribunaux pour forcer Québec à refaire son étude

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Daphnée Dion-Viens

2021-03-09T16:10:32Z
2021-03-09T19:43:34Z

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a déposé mardi une demande d’injonction à la Cour supérieure pour forcer Québec à refaire son étude sur la ventilation dans les écoles, jugée biaisée par les syndicats d’enseignants.

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Les analyses de qualité de l’air qui ont été réalisées dans le réseau scolaire ne permettent pas de connaître le taux réel de CO2 dans les écoles, selon la FAE, alors qu’un taux élevé de dioxyde de carbone dans une classe pourrait augmenter les risques de propagation de la COVID-19.     

  • Écoutez l'entrevue avec Sylvain Mallette, Président de la fédération autonome de l’enseignement sur QUB radio:   

En s’appuyant sur un rapport d’expertise en qualité de l’air de la firme EXP, la Fédération affirme que la méthodologie utilisée par Québec pour réaliser ces tests comprend de «nombreux biais méthodologiques».  

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De plus, la stratégie d’échantillonnage privilégiée par le ministère de l’Éducation présente plusieurs «défaillances», ce qui laisse planer «une grande incertitude» quant à la validité des données récoltées, selon la FAE. 

Tests de qualité de l’air en cours

Au début janvier, le ministère de l’Éducation a rendu publique une première étude basée sur des tests réalisés dans 330 écoles.  

La même méthodologie est présentement utilisée pour réaliser des tests dans tous les établissements scolaires de la province, qui doivent être complétés d’ici le 15 mars. 

Lors de cette opération, des mesures de qualité de l’air sont effectuées à trois reprises: avant l’arrivée des élèves, 20 minutes après le début du cours et à la fin de la période, après avoir ouvert les fenêtres 20 minutes en présence des élèves. 

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Le président de la FAE, Sylvain Mallette, affirme que cette façon de faire ne reflète pas la réalité puisque les fenêtres sont habituellement ouvertes pendant la récréation, en l’absence des élèves.  

Cette méthodologie ne permet pas non plus d’établir le portrait réel de la qualité de l’air pendant une journée normale de classe, puisque les mesures ont été prises lors d’une seule période, ajoute M. Mallette en s’appuyant sur les conclusions du rapport de la firme EXP. 

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«Tout ça vient nous confirmer les doutes que l’on avait sur la méthodologie, affirme-t-il. Ça nous amène à demander au gouvernement de refaire ses devoirs, considérant la présence de variant que l’on voit apparaître dans le réseau scolaire.» 

Dans sa demande d’injonction, la fédération syndicale demande par ailleurs au gouvernement Legault de mettre en place un corridor de dépistage accéléré pour le réseau scolaire et de procéder à des opérations de dépistage massif afin de prévenir les éclosions de COVID-19 dans les écoles. 

La Fédération autonome de l’enseignement représente près de 49 000 enseignants québécois, dont ceux de Montréal, de Laval, de l’Outaouais et de Québec. Les syndicats d’enseignants sont toujours en négociation avec Québec pour le renouvellement de leur convention collective, échue depuis près d’un an. 

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, on rappelle que la Santé publique «a donné son aval au processus» de tests de qualité de l’air du ministère. 

«Nous avons toujours dit que si une classe présente un taux de CO2 anormalement élevé, nous allons agir immédiatement pour la sécurité des élèves et des enseignants», a indiqué son directeur stratégique Jean-François Del Torchio, qui n’a pas souhaité commenter les démarches judiciaires entreprises par la FAE. 

Selon un rapport du ministère de l’Éducation sur la qualité de l’air dans les écoles rendu public au début janvier, la qualité de l’air est bonne dans la majorité des classes où des tests ont été réalisés, puisque le taux moyen de dioxyde de carbone y était inférieur à la norme de 1000 parties par million.  

Or cette moyenne a été calculée à partir des trois mesures prises au cours d’une même période, ce qui inclut le premier relevé effectué avant l’arrivée des élèves.  

Cette façon de faire contribue à faire chuter la moyenne des résultats obtenus, selon des experts qui ont dénoncé cette pratique. 

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