Québec envisage de rémunérer les stages en enseignement

Il s’agirait d’une façon d’attirer davantage d’étudiants dans les facultés d’éducation

Photo d'archives MARC-ANDRÉ GAGNON
Photo portrait de Daphnée  Dion-Viens

Daphnée Dion-Viens

2024-09-26T16:10:13Z
2024-09-26T17:18:19Z

Pour recruter davantage de futurs profs, le ministre Drainville a ouvert la porte jeudi à la rémunération des stages en enseignement, réclamée depuis longtemps par les associations étudiantes. 

«Éventuellement, il faudra en arriver là», a lancé jeudi avant-midi le ministre de l’Éducation, sans toutefois préciser d’échéancier à ce sujet.

De son côté, la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, a indiqué que la rémunération du quatrième et dernier stage en enseignement, qui comprend la prise en charge complète d’une classe pendant plusieurs semaines, était à l’étude.

Le ministre Drainville réagissait aux plus récents chiffres publiés jeudi qui montrent une baisse des inscriptions dans les programmes en enseignement cet automne, notamment au baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement au primaire, où la baisse est de 20% selon des données obtenues par Le Journal dans neuf établissements universitaires.

«Il nous reste encore beaucoup de travail à faire pour valoriser l’éducation», a affirmé le ministre Drainville, qui a d’abord tenu à rappeler les augmentations de salaire, l’aide supplémentaire en classe et les 5400 postes permanents octroyés dans la nouvelle convention collective avec les enseignants.

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Le ministre a par la suite répété qu’il voulait «changer le narratif en éducation», blâmant au passage les syndicats et les médias. «Il faut trouver une manière de faire en sorte que le discours, ce ne soit pas juste l’éducation, c’est l’enfer», a-t-il affirmé.

Il s’en est aussi pris à certaines universités qui sont plus réfractaires que d’autres à mettre sur pied des formations courtes de 30 crédits, qui permettent à des enseignants non légalement qualifiés d’obtenir plus rapidement leur brevet d’enseignement.

«On fait face dans certains cas à de la résistance, je déplore que les universités ne soient pas assez engagées dans la création de ces voies rapides de 30 crédits. Il faut que tout le monde se mette en mode solution», a-t-il déclaré.

«Moi, je suis doyen d’une faculté d’éducation ce matin et je regarde ces chiffres-là, je me dis: “On ne peut pas continuer comme avant, il faut trouver d’autres manières”», a-t-il ajouté.

Les formations courtes ne font pas l’unanimité dans le réseau universitaire, où plusieurs craignent une «formation à rabais» comparativement au baccalauréat en enseignement d’une durée de quatre ans, comprenant 120 crédits.

Lors de la période de questions jeudi avant-midi à l’Assemblée nationale, la députée solidaire Ruba Ghazal a reproché au ministre Drainville de «distribuer les blâmes», tout en soulignant l’importance qu’il y ait des gens qui choisissent l’enseignement «comme première carrière».

«Ce n'est pas les salaires, c'est les conditions de travail qui font en sorte qu'on a moins de profs qui fuient, qui quittent l'enseignement, puis il y en a moins qui s'inscrivent», a-t-elle affirmé.

– Avec Nicolas Lachance

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