Québec bonifie son offre pour le secteur public

Au total, 4,1 milliards $ prévus en hausses de salaire

Photo portrait de Marc-André Gagnon

Marc-André Gagnon

2021-03-31T15:38:16Z
2021-04-01T02:47:19Z

Malgré un déficit historique de 15 milliards de dollars, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, propose de bonifier de près d’un milliard de dollars l’offre sur trois ans qui a été faite en mai dernier aux 550 000 employés de l’État.

Si la performance de l’économie est à la hauteur des attentes, les employés du secteur public pourraient toucher jusqu’à 4,1 milliards $ en augmentations salariales.      

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Ce montant, qui comprend des sommes forfaitaires, pourrait toutefois être revu à la baisse si l’inflation est inférieure à 5%. 

Dans le contexte actuel de pandémie mondiale, «l’offre qui est présentée aujourd’hui est équitable et généreuse», a soutenu la ministre LeBel en conférence de presse. 

Selon la capacité de payer

En mai dernier, son prédécesseur au trésor, Christian Dubé, avait proposé aux syndicats des hausses qui représentaient environ 3,3 milliards $. 

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L’offre présentée mardi soir aux leaders syndicaux et qui a été déposée officiellement aux tables de négociation mercredi matin prévoit toujours des hausses salariales de base d’environ 5 % sur trois ans (1,75 %, 1,75 % et 1,5 %). À cela vient aujourd’hui s’ajouter jusqu’à un point de pourcentage, si la croissance économique est au rendez-vous. Ce montant forfaitaire, qui serait ainsi lié à la capacité de payer de l’État, représente environ 400 millions $ additionnels.  

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Bas salariés

Le gouvernement Legault accepte aussi, à la demande des syndicats, de bonifier les conditions de travail des plus bas salariés de l’État, soit ceux qui gagnent 50 000$ et moins. Ces derniers recevraient, à eux seuls, l’équivalent d’un pour cent ou 400 M$ additionnels.   

Le gouvernement Legault souhaite aussi donner plus de temps aux enseignants pour souffler, en leur enlevant certaines charges comme les récréations.   

Le premier dépôt effectué en décembre 2019, avant que la pandémie ne frappe, proposait une hausse globale de la rémunération de 7% sur cinq ans, ce qui correspondait à un ajout, à terme, de 2,9 G$. 

Mme LeBel a souligné que c’est à la demande de la majorité des syndicats que la durée du contrat de travail proposé a été ramenée à trois ans.  

Les conventions collectives des employés de l'État québécois sont échues depuis le 31 mars 2020. 

Les syndicats déçus

Aussitôt l’embargo levé, les principaux leaders syndicaux, qui étaient rassemblés devant le parlement pour manifester bruyamment, n’ont pas tardé à exprimer leur mécontentement. 

« Déçue », la Confédération de syndicats nationaux (CSN) a qualifié l’offre du gouvernement de « désolant exercice de relations publiques de la CAQ sur le dos des travailleuses et travailleurs ». 

« On est loin du coup de barre nécessaire », a réagi Caroline Senneville, vice-présidente de la CSN. 

À première vue, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) considère le contenu de l’offre « nettement insuffisant ». 

« Bien qu'il y ait des éléments qui méritent d'être regardés de près, nous sommes encore bien loin d'un accord », a commenté pour sa part le président de la FTQ, Daniel Boyer. 

« Si on reconnaît que le gouvernement a fait des petits pas, il en reste beaucoup à faire pour conclure cette négociation. Après un an et demi de négociations, c'est un peu décevant », a-t-il résumé.  

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