Qui sauvera l'Occident ?

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Denise Bombardier

2022-03-08T10:00:00Z

Vladimir Poutine, enfermé dans son délire vengeur, a annoncé à Emmanuel Macron au cours de sa conversation téléphonique de 90 minutes durant le week-end dernier que la Russie atteindrait ses objectifs de soumettre l’Ukraine à son joug « soit par la négociation, soit par la guerre ».

Comme si son offensive actuelle n’était pas la guerre. Or l’on sait maintenant que l’armée russe contrôle la plus grande centrale nucléaire de l’Ukraine.

À notre effarement, on entend s’exprimer de plus en plus de « poutinophiles » jusque dans nos campagnes québécoises et nos villes canadiennes.

Ce sont souvent des gens qui dans un passé récent ignoraient l’histoire de l’Europe et celle de l’Union soviétique en particulier. Faut-il leur expliquer comment, sous le régime communiste, l’URSS a assujetti militairement les pays d’Europe de l’Est, et ce, jusqu’à son effondrement en 1991 ?

Ce sont des gens qui se sont entichés de Poutine, comme Trump et ses supporters, y inclus les suprémacistes blancs aux États-Unis et les antivax et autres complotistes et gourous genre Rambo au Canada.

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Les défenseurs de Poutine prétendent que les images des atrocités commises par l’armée russe sont de la propagande. Et de répéter des insanités au sujet du racisme et de l’antisémitisme ukrainiens qui s’inscrivent dans l’histoire de l’Ukraine. 

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Certes, l’antisémitisme a sévi dans tous les pays européens et il a atteint son apogée avec la Shoah pendant la Seconde Guerre mondiale. Si on défend l’Ukraine d’aujourd’hui, ce n’est pas excuser l’Ukraine d’alors. Mais les accusations actuelles des « pouti-nophiles » à l’égard de l’Ukraine ne sont formulées que pour justifier son invasion par les Russes. N’oublions pas que Poutine répète ad nauseam qu’il cherche à « dénazifier » un pays dont le président Zelenski est lui-même juif !

Que même des Québécois répandent de telles élucubrations pour justifier l’invasion et l’occupation d’un pays souverain est un parfait exemple d’ignorance crasse et d’hypocrisie. J’ai honte d’entendre des supporters de la Russie et une frange québécoise dire des infamies pareilles.  

Négocier aux yeux de Poutine signifie que les pays occidentaux donnent le droit à la Russie d’annihiler la souveraineté ukrainienne et de décapiter le pouvoir politique en place, y compris en exécutant le président Zelenski, cet homme prêt à se sacrifier pour son peuple.  

Histoire tragique

Quoi qu’il advienne, Zelenski s’inscrit dans l’histoire tragique de l’Europe dont on a cru au moment de la chute du mur de Berlin, en 1989, qu’on avait fini par y mettre un terme.

Quelle naïveté ! Quel déni collectif de la réalité ! Pas étonnant que l’Occident se soit engagé dans une révolution identitaire axée sur l’individualisme. Un individualisme qu’on a encadré dans une définition de droits et de libertés jusqu’à la déification.

L’on nage maintenant dans les droits sans responsabilité, dans une liberté dévoyée où Poutine devient un héros pour certains Occidentaux en mal de tyrans sanguinaires. Sans oublier les pacifistes nouveau genre, héritiers de ceux des années trente qui prônaient l’apaisement avec le régime nazi. Heureusement que Churchill et de Gaulle ont sauvé l’honneur de leur peuple

Mais Poutine n’est pas Hitler. C’est Staline qui est son modèle. Espérons donc qu’il ne puisse recréer une nouvelle Union soviétique de l’Europe de l’Est à cause de la lâcheté des Occidentaux.

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