Quoi faire à Copenhague, la capitale de la douceur de vivre
Marie-Ève Blanchard
Julie Corbeil, réalisatrice et conférencière de voyage, n’était pas forcément prédestinée à tomber sous le charme de la capitale danoise – elle qui affectionne plutôt les destinations animées et un peu plus chaotiques. Toutefois séduite dès sa première visite, elle y est retournée à quatre reprises au cours des dernières années. Une fascination grandissante pour l’art de vivre à la danoise qui l’a conduite à réaliser un très beau documentaire, Copenhague, à la découverte du bonheur.

C’est ainsi qu’elle nous invite à démystifier le hygge, ce concept clé de la culture danoise, défini par Meik Wiking comme l’art de créer des atmosphères chaleureuses et de savourer les petits plaisirs du quotidien.
«Les Danois appliquent le hygge vraiment au quotidien. L’hiver, c’est frappant: les bougies sont partout, dans les restaurants comme dans les maisons. Ça crée une ambiance feutrée, intime et chaleureuse. C’est quelque chose qu’on ne voit pas ici», explique la cinéaste.
L’art de ralentir

Le hygge, c’est aussi l’art de ralentir, de se retrouver entre amis dans des clubs sociaux et de cultiver un esprit de communauté. Idéale pour le tourisme lent, Copenhague invite à prolonger son séjour pour s’immerger dans le quotidien local, à flâner dans ses parcs ou y pique-niquer.

«L’été, les gens s’installent un peu partout, à chiller, une bière à la main, le maillot dans le sac, prêts à plonger dans les canaux.»
Loin des clichés d’une froideur scandinave, la cinéaste a découvert des Danois chaleureux et accessibles: «Ils sont détendus au travail, jamais en veston-cravate, et quittent tôt. La qualité de vie est une vraie priorité.»

Le vélo, omniprésent été comme hiver, incarne cette culture de la mobilité douce, soutenue par des infrastructures de pointe. À Copenhague, tout est pensé pour favoriser les déplacements actifs et la proximité: un modèle urbain fondé sur le principe du «cinq kilomètres», où travail, école, commerces et espaces verts sont accessibles à pied ou à vélo. Une approche portée par des figures comme Jan Gehl, architecte-urbaniste pionnier du design centré sur l’humain.
«Je visite son cabinet dans mon film, c’est fascinant de voir comment sa vision a transformé la ville», raconte Julie.

Le voyage y passe aussi par l’assiette: Copenhague est un haut lieu de la Nouvelle Cuisine nordique, avec plusieurs restaurants de renommée mondiale.
«On y déguste d’excellents Smørrebrød, ce fameux sandwich ouvert danois», raconte Julie. Et comme le Danemark est l’un des plus grands consommateurs de café au monde, il faut prendre le temps de savourer cette boisson réconfortante dans les nombreux cafés d’exception de la ville.
Ville parfaite? La cinéaste tient à nuancer: derrière cette image idyllique subsistent certains enjeux sociaux liés à l’immigration, la précarité ou la santé mentale. Mais malgré ces défis, Copenhague reste un modèle inspirant, où mobilité douce, espaces publics de qualité et conscience collective nourrissent une véritable douceur de vivre.
Carnet pratique
Apprivoiser la ville comme les Danois

- Louer un vélo pour tout y faire à deux roues
- Se baigner dans les canaux
- Prendre le temps de bruncher
- Explorer les parcs et nombreux espaces verts
Deux incontournables selon Julie
Le marché Reffen, plus grand marché de street food d’Europe du Nord. Kiosques, bars, créations d’artistes, ambiance animée avec un fort accent sur la durabilité. «À la boulangerie Hart, j’ai mangé un croissant à la cardamome absolument incroyable!», se souvient-elle.

Le musée Louisiana, situé en bord de mer, un incontournable pour les amateurs d’art contemporain.

Copenhague, à la découverte du bonheur. Un film de Julie Corbeil.
En salle du 26 octobre au 29 novembre avec présence de la cinéaste. Disponible en ligne dès le 15 décembre.