Quoi faire quand vous rencontrez un ours en forêt?

Sarah-Florence Benjamin
Pousser son ami plus lent dans la trajectoire de l’ours peut sembler tentant, mais ce n’est pas une bonne idée, rappelait récemment le National Park Service des États-Unis dans un tweet humoristique. Au printemps, il est important de se rappeler les règles de sécurité en cas de rencontre avec un ours. Un expert nous aide à démêler le bon conseil de la légende urbaine.
Par l’entremise de l’humour noir, le National Park Service a tenu à rappeler à ses visiteurs de garder leur distance avec les ours qu’ils pourraient rencontrer dans la forêt. L’arrivée du printemps sonne aussi la fin de l’hibernation de ces géants touffus. Même s’ils peuvent nous paraître mignons à croquer, ce sont des animaux sauvages qui peuvent être dangereux, martèle l’agence américaine.
If you come across a bear, never push a slower friend down…even if you feel the friendship has run its course.
— National Park Service (@NatlParkService) February 28, 2023
Dans sa publication, le National Park Service met surtout en garde contre les ours bruns, qui ne sont pas présents au Québec. Vous pourriez toutefois tomber nez à nez avec un de leurs cousins de plus petite taille: l’ours noir.
Ces derniers ne représentent pas un danger aussi grand à l’humain, rassure David Rodrigue, directeur général du Zoo Economuseum. «Quand on rencontre un ours, on peut se demander ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Quand on tombe sur un ours brun, on se demande plutôt si on va survivre à la rencontre.»
Il faut tout de même s’armer de prudence si on croise un de ces animaux en forêt.
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Quoi faire
Attention aux oursons
Les ours noirs sont très présents au Québec, dès qu’on s’éloigne du sud du Québec et des grands centres urbains. Même si c’est plutôt rare d’en croiser, ce n’est pas impossible, surtout en randonnée ou en camping.
Les mois de juin à septembre sont ceux où les ours sont généralement les plus actifs. C’est cependant à la fin du printemps et au début l’été que votre rencontre avec l’ours pourrait être la plus dangereuse, explique David Rodrigue.
«C’est la période où les mères gardent leurs petits près. Si par mégarde, on se retrouve entre l’ourse et ses bébés, elle peut avoir une réaction agressive pour les défendre.»
Si on croise un ours, une bonne chose à faire est donc de commencer par essayer de repérer s’il n’y a pas aussi des oursons dans le coin.

Faites du bruit
Il faut garder ses distances avec l’animal. S’il s’approche de vous, faites du bruit et essayez d’avoir l’air le plus gros possible. «On peut crier, lancer des objets en direction de l’animal, même avancer de quelques pas vers lui», suggère le directeur général.
Ces comportements ont pour but de montrer à l’ours que nous sommes un prédateur au même titre que lui. «Les humains ne font pas partie des proies des ours noirs. S’ils attaquent, ce n’est pas parce qu’ils veulent nous manger. C’est surtout quand on les prend par surprise.»
Pour éviter de les surprendre, on peut faire du bruit lorsqu’on marche en forêt.
«Le bruit de la conversation entre deux marcheurs est suffisant pour que l’animal vous entende bien avant que vous puissiez le voir», souligne David Rodrigue.
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Si vous faites une randonnée seul, il suggère de chantonner ou de vous munir de clochettes qu’on peut accrocher à son sac ou ses chaussures.
Et si vous croisez un ours, il n’est pas interdit de savourer le moment. «Ce sont des animaux très intéressants. La majorité des gens les croisent à 200 ou 300 mètres de distance et les observent sans incident», note l’expert en conservation.
Quoi ne pas faire
Évitez de faire mort
Mettons une chose au clair: ne faites pas le mort devant un ours, ne courrez pas en zigzag et ne grimper pas à un arbre.
«L’ours court plus vite et grimpe mieux aux arbres de toute façon», rappelle David Rodrigue.
Ne lui tournez pas le dos
Évitez aussi de lui tourner le dos et de courir, pour ne pas déclencher son réflexe de prédation.
«Même s’il n’avait pas l’intention de nous manger, il se peut que l’ours nous poursuive par automatisme. C’est une des causes possibles d’attaques d’ours noirs.»
Ne le nourrissez pas
Une autre cause des attaques est l’habituation. Si on donne volontairement de la nourriture à un ours, pour l’attirer, ou involontairement, en laissant traîner de la nourriture en camping, on augmente le risque qu’il nous attaque (ou qu’il attaque une autre personne dans le futur).
Les animaux nourris cessent en effet de craindre les humains et les approchent davantage, ce qui mène à plus de comportements imprévisibles ou d’attaques. Un ours qui a l’habitude de recevoir de la nourriture d’humain peut réagir violemment si, par exemple, il approche des humains et ces derniers ne lui donnent rien.