Samian révèle que son rôle dans «Antigang» pourrait prendre plus de place bientôt

Écoutez «Antigang», du lundi au juedi, 19h.

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-01-23T11:05:00Z

Samian est un artiste respecté autant en musique que comme acteur, et maintenant comme animateur. Admirateur de l’univers hip-hop qui l’a vu grandir, il sera l’un des programmateurs d’une des quatre nouvelles chaînes 100% musicales présentes sur Radio-Canada Ohdio. Il est également présent dans la quotidienne Antigang et effectue aussi un retour à la barre de l’animation de la deuxième saison d’Aller simple: la téléréalité.

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Quelle a été ta réaction quand on t’a demandé de participer à cette nouvelle chaîne dédiée au hip-hop?

C’est complètement génial! Ç'a été des heures et des heures d’écoute. En tant que passionné de musique et de découvertes, c’était vraiment un bel exercice. On m’a demandé de choisir 400 chansons et, au départ, je ne trouvais pas ça trop imposant, mais après 70, j’ai compris que ce n’était pas aussi simple que ça. C’est un vrai privilège de pouvoir m’ouvrir sur mes réflexions et de faire découvrir mon univers musical.

Qu’est-ce qui t’est venu en tête après avoir fait cette démarche?

Ça m'a surtout fait revisiter mon enfance. J’ai repensé à la première cassette que je me suis achetée à l’âge de 10 ans et qu’on voulait m’interdire d’écouter. Je l’écoutais en rappant devant un miroir et puis j’ai moi-même commencé à rêver de m'exprimer à travers le rap. Le hip-hop a tellement changé en 50 ans, mais j’avais vraiment envie de partager et de découvrir ce qui me faisait vibrer. Mon défi est de faire apprécier le rap à ceux qui nous écouteront.

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Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Tu es également à la barre de ta propre émission à Radio-Canada, Minotan!, depuis quatre saisons. Trouves-tu que c’est un rôle assez parfait pour toi?

C'est le plus beau cadeau qu'on m'a offert dans ma vie. Ça fait environ 20 ans que j’ai fait mes premières entrevues à Radio-Canada et on me gardait parfois après pour passer une audition parce qu’on trouvait que ma voix était radiophonique. Quand on m’a proposé de faire ma propre émission, je ne le réalisais pas, j’ai dû redemander pour en être certain. La dernière fois, ma fille m’a vu préparer l’émission le matin et elle m’a dit: «Aujourd'hui, papa, tu es heureux.» Ça me met vraiment dans le meilleur des états.

Quel rôle la musique joue-t-elle dans ta vie?

C’est tout, en fait. On ne le réalise pas, mais la musique fait partie de l’ensemble de notre vie. Cet été, ma grand-mère est décédée à mon anniversaire et j'ai fait sept fois, pendant sept semaines, le trajet jusqu’en Abitibi pour aller la voir à l'hôpital. Inconsciemment, je mettais de la musique et j’ai réécouté ces chansons dernièrement. C'est incroyable à quel point la musique nous ramène tout le temps à un moment précis de notre vie. Il y a des chansons que je découvre avec mes enfants, ils m’en font découvrir aussi. J'ai aussi beaucoup voyagé, donc la musique autochtone me fait vibrer partout à travers le monde. Le lien est toujours là, peu importe le style, peu importe l'époque.

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Outre la musique, le jeu prend aussi une grande place dans ta vie. On peut t’apercevoir dans la nouvelle quotidienne Antigang.

J’ai commencé ma carrière d’acteur à l’envers, en débutant par le cinéma. Je faisais presque un film par année pendant six ans et après, les émissions de télévision sont arrivées. Je me suis dit que ça allait un peu plus vite, mais une quotidienne, c'est extrêmement rapide. Il faut arriver préparé. Mon personnage de Paco est vraiment plaisant à interpréter puisqu’il est tellement loin de moi. Pour le moment, on ne me voit que quelques fois, mais il y a une possibilité qu’on m’aperçoive davantage. Je suis encore en tournage dans les prochaines semaines.

Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Parle-moi aussi de la deuxième saison d’Aller simple: la téléréalité qui s’en vient prochainement.

C’est encore une expérience tellement belle. La saison 1, j'étais un peu nerveux. Je me demandais comment on allait mixer une téléréalité avec de vraies personnes et deux comédiens. Je ne savais pas dans quoi on s'embarquait. J'avais peur qu'Éli soit un mauvais animateur ou que je sois un mauvais acteur. Quand j'ai vu le résultat de la saison 1, j’ai compris comment ça pouvait bien fonctionner. Maintenant, je pense qu'on a mordu davantage dans l’histoire, Jean-Nicolas et moi. C’est d’autant plus amusant qu’on tourne à 15 minutes de chez moi. Je suis le seul de la gang qui rentre le soir à la maison et qui déjeune avec ses enfants.

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La représentation en musique ainsi qu’en télévision est très importante. Sens-tu le vent tourner dans les dernières années?

Je suis maintenant producteur en télé, autant en documentaire qu’en fiction, et je veux apporter une certaine mise à jour. J'ai envie de métisser notre télé. Je suis un peu tanné que les Autochtones fassent des productions télé pour les Autochtones et que les Québécois fassent de même. Même quand je négocie un contrat comme comédien, je vais toujours demander si c’est moi qu’ils désirent ou juste mes origines. J'ai envie que tout le monde se reconnaisse à la télé. On a beaucoup pleuré sur nos histoires, il est temps de rire, de faire peur. Il est temps qu'on fasse une télé qui nous ressemble.

On parle de métissage de notre télé, mais avec ta conjointe, Ève, vous avez réussi à le faire avec votre famille.

Mon épouse trouve ça tellement important que nos enfants soient conscients de leur héritage, de leur histoire. Ils apprennent les mots de base en langue anishinaabée à la maison. Ève et moi, on est vraiment une équipe très solide. On a vraiment ce cadeau-là dans la vie. Ça fait neuf ans qu'on est ensemble, et de voir nos enfants grandir est le plus beau des privilèges. On est vraiment bénis.

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Paul Ducharmes / TVA Publication
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Comment vont tes enfants?

Je suis vraiment privilégié. Mon plus vieux, Malik, a 18 ans. Il est au cégep en marketing de mode et c’est tellement cool de le voir aller. Je vais voir son premier défilé prochainement. Il est d'une génération que je cherche à comprendre. Ça crée de belles discussions. Ma petite fleur, Rose-Anna, vient d’entrer à la maternelle et Abraham, en première année. Là, ça va vite. Il n'y a pas longtemps on était dans les couches, et là, je n’ai plus d’enfant à la garderie! C'est une autre dynamique. Abraham est rendu dans une phase très papa, donc on joue beaucoup ensemble, on fait du sport.

En juin dernier, tu t’es ouvert sur ta santé mentale. As-tu eu une belle réaction face à ton témoignage?

Le retour a été complètement fou. Un rapport sur la santé mentale chez les jeunes autochtones de moins de 30 ans est sorti, et c’est un enjeu terrible. Ça m'a pris des années avant de pouvoir en parler, je ne savais pas comment le faire. Le fait d'avoir commencé à avoir un psychiatre, d'avoir un psychologue, m’a beaucoup aidé. Moi, je me suis effondré à l'âge de 30 ans et c'est très long d’en revenir. Cet été, lors de pow-wow, il y a de jeunes autochtones qui sont venus me voir et qui se sont mis à pleurer. L’enjeu n’est pas seulement dans les communautés autochtones, mais dans le milieu du hip-hop également; on ne veut pas montrer notre vulnérabilité. Moi, je n'ai jamais été dans cette façon de penser. J'ai toujours été très transparent dans ma musique. D’ailleurs, je suis maintenant porte-parole du Movember, qui est un soutien réel et un encadrement solide.

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Je terminerai en te demandant ce qui t’occupe en ce moment.

Outre la radio et Antigang, je travaille sur mon premier projet avec TV5, en tant que producteur et animateur. Sinon, je m’occupe de ma boîte de production de musique et de télé. J'ai des projets en développement qui me font halluciner. Quand j'ai fondé ma maison de disques, il y a cinq ans, j’avais envie de passer le flambeau et d’aider les gens, autant de jeunes artistes autochtones que toutes sortes d'artistes qui ont envie de faire carrière. Je veux leur expliquer les fondements mêmes de l'industrie de la musique. Je suis souvent à mon studio, à côté de la maison, pour composer de la musique. Je ne me mets pas de pression. Je sais que c'est très difficile de sortir un album et de dire que je fais quatre spectacles cette année, mais, pour le moment, c'est un choix que je dois faire.

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